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Numéro
7, 6 novembre 1999
Ce
numéro a été rédigé par
Martin Beaudin-Lecours
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca
LES
ORGANISMES DE CULTURE SCIENTIFIQUE ÉBRANLÉS PAR LE BOYCOTT
DES ACTIVITÉS PARASCOLAIRES
Le
boycott des activités parascolaires, par les professeurs des
niveaux primaire et secondaire affiliés à la CEQ, a un impact
négatif important sur plusieurs organismes de culture scientifique.
Puisque la définition des tâches des enseignants varie en
fonction des différentes organisations des commissions scolaires,
le boycott des activités parascolaires est plus ou moins important
selon les régions du Québec. Dans la région de Montréal, c'est
un public potentiel de plus de 200 000 élèves qui échappe
maintenant à différentes organisations à vocation culturelle
et scientifique. Ainsi, au Planétarium de Montréal, c'est
la moitié des représentations des spectacles scolaires qui
doivent être annulées chaque semaine, faute d'auditoires.
Dans différents musées, le téléphone ne sonne plus pour des
réservations de groupe.
Si
les plus établies de ces organisations sauront surmonter,
sans trop de difficultés, les contrecoups des moyens de pression
des professeurs, il n'en va pas de même pour plusieurs organismes
à but non lucratif qui ont peiné à se monter une clientèle
au fil des ans. Par exemple, le théâtre Le Petit Chaplin,
spécialisé dans les spectacles de vulgarisation scientifique
pour les élèves du primaire, a dû annuler sa saison 1999-2000
et sa tournée provinciale. Une vingtaine de contractuels s'y
retrouvent donc sans travail et l'élaboration du spectacle
de l'an prochain est sérieusement compromise.
Il semble par ailleurs, que les travailleurs autonomes et
autres pigistes seront les plus pénalisés dans cette affaire.
Ayant fondé leur propre petite compagnie ou étant engagés
par les institutions muséologiques et les centres d'interprétation,
ces gens voient se dérober des contrats qui leur assuraient
normalement des revenus annuels s'étalant de 5000 à 30000
dollars.
Les
moyens de pression des professeurs n'affectent pas seulement
la fréquentation de différentes institutions, mais aussi des
activités qui se sont imposées au sein même de l'école. L'Expo-sciences
2000 connaîtra une baisse de clientèle car plusieurs professeurs
se sont désistés et certaines écoles qui avaient accepté de
tenir des finales régionales se sont retirées. L'accès au
matériel pédagogique, comme la populaire Trousse d'exploration
du système solaire, par le Planétarium, et le matériel d'information
pour participer aux Expo-sciences, au Défi Génie inventif
et au Club des Débrouillards, semble aussi empêché par certains
professeurs.
Raymond
Pollender, du théâtre du Petit Chaplin, déplore le choix de
ce moyen de pression par les enseignants: "Ceux qui sont
nos alliés naturels ont certainement des demandes légitimes,
mais le boycott qu'ils exercent risque d'affecter notre milieu
pour les 2 ou 3 prochaines années. D'ici ce temps, un bon
nombre d'animateurs de la culture, qu'elle soit scientifique
ou non, auront probablement disparu.
"
Carole Charlebois, du Conseil de développement du loisir scientifique,
ajoute: "Malheureusement, ce sont encore une fois les jeunes
qui souhaitent aller plus loin dans leur recherche de l'excellence
qui seront pénalisés. Une activité de loisir scientifique
permet bien souvent, aux jeunes de Secondaire 4 et 5, de confirmer
leur intérêt à poursuivre des études en science et technologie.
L'an 2000 ne sera sûrement pas un modèle en ce sens."
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