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Numéro
18, 7 mai 2000
Ce
numéro a été rédigé par
Martin Beaudin-Lecours
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca
OUVERTURE
DU CENTRE INTERACTIF DES SCIENCES DE MONTRÉAL
Le
succès espéré du tout nouveau centre iSci exigera probablement
de son public potentiel qu’il le visite à plus d’une reprise.
En effet, le premier contact pourrait dérouter et décevoir
plus d’un visiteur.
Le
visiteur doit d’abord se défaire d’un vieux réflexe hérité
de ses visites muséales antérieures. Alors que les musées
demandent généralement à leurs invités de ne pas toucher les
objets exposés, le centre iSci adopte la philosophie inverse:
touchez si vous voulez vous amuser!
Lors
de sa visite, la Toile scientifique a constaté que cette nouvelle
attitude restait à acquérir chez la plupart des visiteurs
présents. Peu étaient portés à glisser aveuglément la main
dans une boîte pour tenter de deviner la nature d’un matériau,
ou encore laisser tomber bruyamment une bille de métal pour
observer l’élasticité ou la dureté de la cible. Le mimétisme
aidant, les gens finissaient cependant par essayer à leur
tour. Quoiqu’on puisse s’interroger sur la durée de vie de
telles installations, tant au niveau de l’usure que de l’intérêt,
l’expérience interactive physique semble prometteuse.
Un
autre aspect de ce centre ludico-pédagogique laisse plus perplexe:
l’importante quantité d’écrans vidéos et de postes informatiques.
Un énorme travail de recherche et de mise en forme infographique
a été effectué, mais le résultat global donne l’impression
que le centre iSci n’est pas seulement un lieu d’interactivité,
mais surtout un lieu d’individualité. Les visiteurs doivent
trop souvent s’asseoir et enfiler des casques d’écoute pour
pouvoir facilement échanger leurs impressions avec la ou les
personnes les accompagnant. Lors de sa visite, la Toile scientifique
a été fascinée par cet ensemble de gens rivés à leur écran,
dans leur bulle. À ce compte, le centre iSci pourrait pratiquement
qu’exister virtuellement, en tant que formidable site web.
Une
légion a été engagée pour guider les visiteurs et les inciter
à palper, écouter, s’asseoir, bref interagir. Mais lors de
la visite effectuée par la Toile scientifique, ces jeunes
gens semblaient aussi égarés que ceux qu’ils devaient guider.
Des affiches de fortune avertissaient d’ailleurs de cette
" période de rodage ".
Comme
bien des journalistes quelques jours auparavant, la Toile
scientifique n’a pas réussi à sauver l’héroïne du film interactif
présenté dans l’innovateur cinéma Immersion. Tel était le
but que devaient poursuivre les spectateurs/joueurs, chacun
d’entre eux bénéficiant d’un écran tactile pour commander
et influencer le déroulement de l’histoire. Même si les concepteurs
de ce divertissement nouveau genre lui prévoient un avenir
radieux, il est difficile d’imaginer que cette technologie
puisse être utilisée pour autre chose qu’un scénario de science-fiction
à la Star-Trek. Il est par ailleurs déplorable que ce film
ne soit présenté qu’en version anglaise. Où se cache le fameux
bilinguisme canadien? Sortez les nano-robots!
Si
les idéateurs du centre iSci mettent autant d’énergie à renouveler
et peaufiner son contenu qu’à en faire la promotion initiale,
ce complexe nouveau genre sera appelé à un beau succès auprès
d’un public... nouveau genre. Il est cependant loin d’être
acquis que les gens réfractaires et méfiants face à la technologie
seront séduits et conquis. Même chose pour les vrais amateurs
de jeux vidéos...
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