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Numéro
23, mardi 4 juillet 2000
Ce
numéro a été rédigé par
Isabelle Burgun et Pascal Lapointe
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca
LES
20 LIGNES DE LA POLITIQUE
Du
côté du ministère de la Recherche, de la science et de la
technologie -qui fête sa première année d'existence- arrive
la nouvelle politique scientifique québécoise. Destinée à
"doter la province d'un système de recherche et d'innovation
concurrentiel", elle est annoncée comme une "seconde révolution"
du Québec (après la Révolution tranquille!) par le ministre
Jean Rochon. Quatre secteurs retiennent l'attention de l'État
: investir dans les ressources humaines, agir en réseau, faire
bénéficier la collectivité d'un système à sa mesure et actualiser
la politique scientifique, par le biais notamment d'un observatoire
de veille technologique.
On
aura toutefois compris qu'il s'agit d'une politique scientifique,
et non d'une politique de la culture scientifique. Sur les
87 pages que compte le document, deux, au mieux, touchent
à la promotion de la culture scientifique. Le document omet
aussi de mentionner le rôle du ministère de la Culture et
des communications dans "l'appropriation de la science et
de la technologie" par le grand public.
Afin
de consolider la situation québécoise, "pour que le Québec
rejoigne la table des pays du G7", cette politique désigne
cinq pistes prioritaires: la formation et l'éveil aux sciences,
le développement de la recherche, la valorisation et le transfert,
l'innovation et l'appropriation de la science et la technologie.
C'est ce cinquième volet qui vise à encourager la culture
scientifique -vulgarisation, animations, diffusion des travaux
des chercheurs- mais aussi à former des citoyens avertis dans
toutes les sphères de la société. Un seul moyen concret est
toutefois mis de l'avant: "soutenir les initiatives qui résultent
de la concertation d'acteurs québécois de la diffusion des
connaissances scientifiques et technologiques".
"Le
souci de l'appropriation sociale de la culture scientifique
me paraît un élément positif", déclare Patrick Beaudin, le
directeur de la Société pour la promotion de la science et
de la technologie (SPST). Il regrette toutefois que seulement
quelques paragraphes soient consacrés à ce thème. "Ce chapitre
mériterait d'être plus musclé." De son côté, Hervé Fischer
juge ce "minimalisme" inquiétant et affirme ne pas retrouver
dans le document l'intérêt manifesté à plusieurs reprises
par le ministre Rochon: "juste 20 lignes consacrées à la culture
scientifique sur 87 pages malgré la grande promotion de la
recherche scientifique, il y a là un illogisme. Si l'on ne
suscite pas l'intérêt de l'opinion publique pour la science,
il sera difficile d'éveiller des vocations mais également
de soutenir les investissements à la recherche". Pour sa part,
le directeur de la SPST se questionne sur l'issue de la consultation
publique qui pourrait être simplement une validation du "statu
quo".
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