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Numéro
27, jeudi 31 août 2000
Ce
numéro a été rédigé par
Brigitte Blais
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca
LUMIÈRES
SUR LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE
Depuis
la semaine dernière, et jusqu'à la mi-septembre, ont lieu
les audiences publiques sur le projet, déposé en juin, de
politique scientifique du gouvernement du Québec. Plusieurs
intervenants du monde de la recherche se sont présentés à
ces audiences, mais aussi des organismes de culture scientifique.
A Montréal seulement, près d'une dizaine d'entre eux ont rencontré
le ministre de la Recherche, de la science et de la technologie,
Jean Rochon, et son sous-ministre, Camil Limoges. Voici, en
10 points, ce qu'ils avaient à dire.
1.
Dans ce projet de politique scientifique (http://www.mrst.gouv.qc.ca/_fr/politique/politique.html)
la volonté du ministre de "donner un coup de barre" pour relancer
la R&D au Québec est manifeste et tout le monde l'appuie.
2.
Par contre, il serait souhaitable que le ministre comprenne
à quel point les communicateurs scientifiques jouent un rôle
indispensable de vigie et de transmission des connaissances,
tant pour les citoyens que pour les scientifiques. Ce rôle
n'est nulle part souligné dans le document (voir à ce sujet
La Toile scientifique no. 23: http://www.sciencepourtous.qc.ca/toile/bulletins/23/article1.html).
Les communicateurs accomplissent une tâche pour laquelle les
scientifiques n'ont ni le temps ni les compétences. De plus,
ils sont au fait des enjeux que soulèvent les S&T. Enfin,
c'est souvent grâce aux acteurs de la CST (culture scientifique
et technique) que des passions naissent chez des jeunes et
suscitent des carrières scientifiques.
3.
Dans un même ordre d'idées, la profession de communicateur
scientifique doit non seulement être reconnue, mais également
encouragée et soutenue dans les centres de recherche, les
entreprises et les médias. La Politique doit favoriser l'ouverture
de postes et, du même coup, augmenter la visibilité de la
science.
4.
Les acteurs de la CST (réunis sous Science pour Tous) doivent
être soutenus par cette politique scientifique. Ils doivent
recevoir les moyens de s'organiser et d'échanger. Le financement
d'un site web et de postes serait un pas dans la bonne direction.
Mais une des idées plusieurs fois lancée au cours de ces audiences
serait la création d'un fonds ou d'un Conseil de la culture
scientifique et technique, dont les fonctions restent à préciser.
5.
Question financement, il est impératif que les organismes
de CST reçoivent un financement triennal avec possibilité
de renouvellement et d'augmentation. Une chose semble au moins
claire à la lumière des réactions du ministre: l'État ne
peut se désengager financièrement et politiquement de la culture
scientifique et technique.
6.
Il faut faire peser sur les chercheurs l'obligation de diffuser
leurs résultats de recherche. Ils doivent donc développer
leurs liens avec les communicateurs et organismes de CST.
Il est par exemple anomal que les médias d'ici reçoivent plus
de communiqués de presse de certains centres de recherches
étrangers que de ceux du Québec.
7.
Le ministère de l'Éducation (MEQ) devrait reconnaître et utiliser
le réseau déjà existant des organismes de culture scientifique.
Les enseignants devraient recevoir plus de formation en S&T
et la formation continue, même informelle, devrait être reconnue
dans toutes les sphères de la société, auprès des travailleurs.
8.
Plusieurs ministères, voire tout le Conseil des ministres,
doit sauter à pieds joints dans ce que l'on pourrait appeler
un second "virage technologique". En particulier le MEQ, le
ministère de la Culture et des communications, celui de l'Agriculture
et de l'alimentation (en particulier à l'heure des aliments
transgéniques), le ministère de l'Industrie et du Commerce,
celui de la Santé, celui de l'Environnement. Cette implication
permettra de faire de cette politique un véritable projet
de société.
9.
Mais un tel projet devra se faire en français. Il est nécessaire
d'augmenter la présence de la science francophone sur le Web.
Oublier cet aspect équivaut soit à fermer la porte des sciences
aux francophones, soit à angliciser les Québécois qui ne trouvent
réponse à leurs questions qu'en anglais. Une telle initiative
donnera lieu à des collaborations internationales avec la
francophonie.
10.
Enfin, il est proposé que soit mise sur pied une Commission
de l'éthique de la science et de la technologie. Elle n'aurait
pas de pouvoir judiciaire, mais un rôle plutôt consultatif.
Elle amènera des discussions sur la place publique. Les étudiants
en science suivraient un cours d'éthique et les étudiants
en sciences humaines et sociales, un cours de sciences.
De
l'avis des participants, les échanges avec le ministre Rochon
ont été positifs. Ouverture, humour, conscience et vision
commune ressortaient des discussions. Parmi les organismes
qui sont venus présenter un mémoire ou un avis, Science pour
Tous, le Conseil québécois du loisir scientifique, la Société
du Vieux-Port de Montréal (le Centre iSci), la Société pour
la promotion de la science et de la technologie (SPST), l'Association
des professeurs de sciences du Québec (APSQ), l'Association
des communicateurs scientifiques du Québec (ACS), l'Association
canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS)
et l'Agence Science-Presse (ASP).
Aux
dernières nouvelles, le dépôt final de la Politique scientifique
était prévu pour cet automne.
Le
Devoir a publié mercredi un article sur la tournée de consultation
du ministre Jean Rochon. On peut le lire à: http://ledevoir.com/que/2000c/scie300800.html
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