Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 35, mardi 19 décembre 2000
Ce numéro a été rédigé par Isabelle Burgun
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca

LA LANGUE DE CHEZ NOUS

Le français a-t-il toujours la place qui lui revient dans les communications scientifiques? La question se pose alors que se tiennent actuellement les États généraux sur la langue. En effet, 30 ans après la commission Gendron qui avait mené à l'adoption de la Charte de la langue française, en 1977, revoilà le temps de débattre de la situation du français au Québec.

"Trois possibilités s'offrent au français: amélioration, stagnation ou dégradation. Cette dernière voie est, hélas, la tendance. Nous échangeons les subtilités que nous offre notre langue contre le minimalisme de l'anglais", pense Jean-Pierre Urbain, président d'Astronomie Québec.

Après la ronde des régions, des colloques thématiques se tiendront de la mi-janvier à la mi-février. Différents sujets y seront abordés, de l'enjeu démographique à la qualité de la langue. La grande absente, la science. "Cela ne nous paraissait pas un thème assez spécifique au débat sur la langue", confirme Jean-Louis Laplante, le directeur des communications de la Commission. Par contre, les publications scientifiques trouvent leur place au sein du colloque -le 2 février- sur la "Langue d'enseignement et l'enseignement des langues"!

Près d'une cinquantaine de mémoires sont parvenus à la Commission sur la langue, comme celui de l'association des Townshippers de l'Estrie ou celui de la Fédération des associations des étudiants du campus de l'université de Montréal (pour consulter les mémoires: http://www.etatsgeneraux.gouv.qc.ca/memoires.asp).

En date du 15 décembre toutefois, aucun organisme scientifique ne s'était encore manifesté. "Avec l'arrivée d'Internet, notre langue est en mauvaise posture", rappelle Gilles Provost, vice-président de l'Association des communicateurs scientifiques et de Science pour Tous, qui concocte un mémoire. Gilles Provost pense que non seulement les organismes scientifiques doivent se prononcer mais également rattraper leur retard sur l'autoroute électronique. "Au Québec, il y a peu de ressources scientifiques intéressantes alors qu'aux Etats-Unis, même les hôpitaux proposent des sites passionnants comprenant de l'information médicale et des ressources pertinentes", s'exclame celui qui est également journaliste à l'émission Découverte de Radio-Canada.

Le Ministère de la Recherche, de la science et de la technologie vient d'ailleurs de lancer un nouveau programme de soutien à la communication scientifique et technologique en français (voir texte suivant).

Conçus comme un marathon, les États Généraux enchaîneront par des assises nationales et l'étude des mémoires d'organismes nationaux. Puis, la Commission accouchera de son rapport et de ses recommandations fin-mai.

Les organismes nationaux qui désirent adresser un mémoire (avant le 2 mars 2001 à 17 heures) peuvent le faire à la Commission des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec, 770, rue Sherbrooke ouest, bureau 4.04, Montréal (Québec) H3A 1G1, le téléphone: (514) 864-8181 ou numéro sans frais: 1-866-864-8181. Courriel: commission@etatsgeneraux.gouv.qc.ca et site internet: www.etatsgeneraux.gouv.qc.ca