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Numéro
38, mardi 6 février 2001
Ce
numéro a été rédigé par Isabelle
Burgun et Charles Désy
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca
LA
POLITIQUE SCIENTIFIQUE EN QUESTION
Ça
y est. Près de 18 mois après sa constitution, le ministère
de la Recherche, de la science et de la technologie, a tracé
son plan de travail pour bâtir l'avenir technologique et scientifique
du Québec. «Savoir changer le monde»: un document dans lequel,
pour la première fois, la culture scientifique figure en bonne
place.
Même
si elle fait la part belle à l'innovation (43 pages sur 170),
cette politique pointe le savoir, son acquisition et son partage,
dans un chapitre entier qui réunit culture scientifique, enseignement
des sciences et formation de la main-d'oeuvre. Alors que la
version préliminaire de ce document, déposée l'été dernier,
accordait deux pages à la culture scientifiques, la nouvelle
politique, qui est deux fois plus longue, prend le même espace
(p. 46 et 47) pour annoncer quatre «mesures structurantes
».
La
principale des quatre mesures concernant le milieu de la culture
scientifique est la mise sur pied de Science Atout, un «mécanisme
interministériel», qui sera géré en concertation avec une
douzaine de ministères (du ministère de l'Agriculture au ministère
des Transports). Ce nouveau mécanisme appuiera et cela, grâce
à de nouveaux crédits- différentes actions, de la programmation
d'organisations médiatrices à la diffusion de l'information
scientifiques dans les médias.
Par ailleurs, le Conseil de la science et de la technologie
sera tenu de mettre en place un comité de l'éthique qui organisera
des débats sur les enjeux éthiques de la science et de la
technologie, et un «groupe d'échanges» réunissant des utilisateurs,
des médiateurs et des diffuseurs des connaissances scientifiques.
Enfin, le chapitre dont il est question ici parle de développer
la formation en éthique et de veiller à rendre efficace les
comités d'éthique de la recherche.
Le
document du MRST se trouve à l'adresse suivante: http://www.mrst.gouv.qc.ca/_fr/politique/index.html
Est-ce
le terreau qui permettra à la culture scientifique de fleurir
? «C'est presque trop beau pour être vrai. Sur le papier,
c'est un bel organigramme mais l'ajout de tous ces organismes
risque de coûter cher, de provoquer des lenteurs, des pertes
d'énergie... Bref, d'enlever du muscle à la politique», lance
Hervé Fischer. Le président de Science pour Tous souligne
néanmoins que le document est «remarquable tant par l'architecture
que par la prise en compte du citoyen». Il relève toutefois,
comme d'autres l'ont fait depuis deux semaines, l'absence
de budget et de plan d'action dans le présent document.
Il
faut savoir que, loin d'avoir les contraintes d'un projet
de loi, une telle Politique sert à établir les grandes orientations
du gouvernement. Les moyens financiers de sa mise en oeuvre
seront connus seulement lors du prochain budget québécois,
délivré au printemps. Comment s'articuleront les divers organismes
?
Comment
seront-il gérés? Y aura-t-il de l'argent frais? Comme de
nombreuses questions restent en suspens, le regroupement Science
Pour Tous a sollicité une rencontre avec le ministre; plus
particulièrement pour clarifier les points des pages 46 et
47.
Le
regroupement lance également un appel à la mobilisation à
l'ensemble du réseau. Les organismes sont priés de lire attentivement
cette politique, qui est après tout rien de moins que la deuxième
politique scientifique de l'histoire du Québec, et de communiquer
leurs réactions et inquiétudes à toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca.
D'ici deux à trois semaines, une synthèse des commentaires
sera acheminée au ministre Rochon.
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