Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 44, mardi 1er mai 2001
Ce numéro a été rédigé par Isabelle Burgun
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca

  • MOINS DE SCIENCE AU QUOTIDIEN
    Le couperet du Journal de Montréal vient de trancher dans l'information scientifique. Une chronique de moins, et ce sont 40% des pages Sciences qui disparaissent.
  • LES CÉGEPIENS DE LA SCIENCE
    Une étude se penche sur les parcours scolaires en science et technologie au collégial.
  • TOUCHEZ, SENTEZ, MANIPULEZ
    Les salles de découvertes gagnent en importance. Des musées où l'on encourage à toucher.
  • ASTRONOMIE EN CLIPS
    Faire des expériences astronomiques, cela se fait mieux... en plein jour!

EN BREF

MOINS DE SCIENCE QUOTIDIENNE

Une chronique de moins, deux pages de science qui s'envolent. Le couperet du Journal de Montréal est tombé, la chronique scientifique du dimanche que réalisait le journaliste Michel Marsolais quitte les pages de l'édition montréalaise et du Journal de Québec. La place de la science dans nos quotidiens s'avère tellement mince que cette perte représente au Québec une baisse des pages "Science" de 40%!

Cette décision sabre aussi dans l'un des secteurs les moins couverts par le quotidien populaire.

"Nous avons décidé de réduire le nombre de nos chroniques, cela pour des raisons de gestion interne", élude Paule Beaugrand-Champagne, la rédactrice en chef du Journal de Montréal. Cette décision touche également le cahier Arts et Spectacles qui perd une page. L'échotier Robert Leblond également, mais il conserve sa chronique Paranormal du samedi. Privilégier l'ésotérisme à la science s'avère un choix discutable. "La science n'était pas rattachée à un revenu publicitaire. Cela n'a jamais été une priorité pour le journal", note Michel Marsolais, l'artisan de la chronique depuis plus de cinq ans.

Avec son traitement plus léger et humoristique, ce rendez-vous scientifique du dimanche permettait aux lecteurs de se familiariser avec les enjeux scientifiques entre deux cafés et pantoufles aux pieds! Jadis ornée des caricatures de Jacques Goldstyn et saupoudrée d'humour, la page science avait su attirer un lectorat plus jeune et diplômé. Particulièrement appréciée dans la région de Québec ­qui a toujours privilégié la chronique science à celle du paranormal ­ elle se voulait accessible, comptant un reportage, des nouvelles et même un quiz scientifique.

L'initiative du journaliste avait été bien accueillie, fin 95, par l'ancien directeur de l'information, Jean-Denis Lamoureux. "Il y avait une place à prendre. Les enjeux importants, tel l'influence de la technologie dans nos vies, sont des questions tellement peu traitées dans les autres pages du Journal", relève Michel Marsolais. Bien sûr, cette chronique s'était passablement transformée depuis cinq ans. Sous la pression de la direction, la page avait délaissé les caricatures pour les photos et raboté du côté de l'humour. De plus, elle pouvait aussi bien se retrouver à côté des décès que des petites annonces. " La chronique n'avait pas vraiment de page réservée. Et lorsque survenait une publicité de dernière minute, il n'était pas rare qu'elle saute". Une manière de confiner la science sur un siège éjectable!

La suppression de cette page dans l'édition de Montréal prive près de 700 000 lecteurs d'un plaisir à peu de frais (250 000 copies, trois lecteurs par copie). Et quelque 300 000 lecteurs à Québec. Qui plus est, le quotidien populaire ne compte plus, depuis près de six ans, de chroniqueur environnement; une place occupée autrefois par Jean-Denis Girouard.

Cette décision met à mal la situation de l'information scientifique disponible dans les quotidiens québécois. L'Association des communicateurs scientifiques va adresser une lettre de protestation à la direction du Journal de Montréal. Nous vous encourageons à faire de même auprès de la rédactrice en chef: Paule Beaugrand-Champagne, Le Journal de Montréal, 4545 Frontenac, Montréal (Qc) H2H 2R7, courriel:pbchampagne@journaldemontreal.com