Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 45, mardi 15 mai 2001
Ce numéro a été rédigé par Isabelle Burgun et Philippe Gauthier
toilescientifique@sciencepourtous.qc.ca

EN BREF

ON RECHERCHE: PROFS DE SCIENCES

L’université McGill a plus d’un tour dans son sac. Après la nombreuse cohorte d’étudiants qu’elle attire dans son giron, l’établissement raccole les finissants de science pour qu’ils viennent grossir la relève des profs. Tous ceux qui jonglent avec les calendriers scolaires vous le diront, à côté d’un manque d’élèves dans les classes de sciences, on observe aussi un éclaircissement des rangs des enseignants de physique, biologie et chimie.

"Cette situation n’est pas propre au Québec, ou au Canada, et touche toute l'Amérique du Nord", souligne Brian Alters, professeur de la faculté d'éducation de l'université McGill qui a le mandat du ministère de l’Éducation du Québec de former les enseignants de langue anglaise.

Dans les écoles nord-américaines, les administrateurs redoutent donc les départs à la retraite des professeurs de maths et de sciences. Ces derniers sont si difficiles à remplacer que certains établissements lorgnent vers des candidats non-scientifiques. On estime que 130 000 professeurs canadiens prendront leur retraite dans les huit ans à venir (voir "Teachers heeding call of dot-coms", The Gazette, 22 septembre 2000).

Pour enrayer quelque peu cette hémorragie, la faculté de science et celle d’éducation de McGill proposent divers incitatifs aux étudiants de science pour qu'ils embrassent une carrière dans l’enseignement. Un bac en éducation nécessite 120 crédits, répartis entre apprentissage académique et professionnel, soit 700 heures d’expériences pratiques dans une institution scolaire. Premier coup de pouce aux étudiants, ils peuvent obtenir une équivalence de cours pour le versant académique. La faculté les encourage à commencer par une mineure en éducation, soit 18 et 24 crédits ("Educational psychology", "Media, technology and education", "Multi-cultural/multi-racial class", etc.); ce premier pas raccourcit donc la durée de leur bac.

De plus, une étroite collaboration entre les deux facultés simplifie encore la vie des futurs bacheliers avec l’élaboration d’un programme conjoint -135 crédits- leur permettant de compléter les deux diplômes en même temps. Une manière de faire plutôt inhabituelle dans cette institution séculaire!

Si, dans le document de présentation, l'enseignement est présenté comme une "option", les bonnes raisons pour poursuivre s’avèrent nombreuses. "C’est un emploi pratiquement garanti et une carrière pleine de récompenses: éveiller les jeunes à la science, expliquer les merveilles de ce monde. Être professeur est le métier le plus valorisant", affirme Brian Alters. Et qui semble à portée de la main lorsqu’on calcule que l’on peut accomplir les deux diplômes en seulement 4 ans et demi. Pour garnir son cursus scolaire d’une corde supplémentaire!

Site du programme de formation:
http://www.physics.mcgill.ca/~bscbed/

L’initiative de McGill a peut-être donné des idées, puisqu’un reportage paru dans l’édition de lundi du Devoir, à l’occasion du congrès de l’Acfas, parlait d’une proposition pour " faciliter le passage de scientifiques vers l’enseignement ".

L’article du Devoir:
http://www.ledevoir.com/pla/2001b/plan140501.html

*** 24 mai 2001: Lisez une réponse à cet article ***