Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 51, 14 août 2001

Sommaire

  • CULTURE SCIENTIFIQUE A L'AGENDA
    Faites parler de vous, affichez-vous! Le prochain colloque de Science pour tous inclut aussi un volet communication.
  • ARCHÉO D'ÉtÉ
    Le 22 juillet, quelque 50 apprentis archéologues se sont initiés aux fouilles au parc du Bourg de Pabos, en Gaspésie. L'activité Archéo! Dimanche, se déroule tout l'été au sein de 47 organismes et sites du Québec.
  • LA VULGARISATION COMME CARTE D'AFFAIRES
    Entre les fêtes pour enfants, les animations et les affaires, la société Science Frontiers tourne à plein régime. Et elle est à but lucratif, elle!

En bref

ARCHÉO D'ÉTÉ

Les deux mains dans le sable, les doigts creusent la cavité avec une infinie minutie. Il s'agit de ne pas laisser s'échapper un indice important, un morceau d’Histoire... Le 22 juillet dernier, quelque 50 apprentis archéologues se sont ainsi initiés aux fouilles dans un bac à sable au parc du Bourg de Pabos, en Gaspésie.

Le centre d'interprétation gaspésien participe cet été à l'activité Archéo! Dimanche, comme 47 autres organismes du Québec voués à cette discipline scientifique. Ouvert au public depuis 1993, le centre d'interprétation du parc du Bourg de Pabos présente les découvertes réalisées depuis 20 ans à travers cinq campagnes de fouilles. Au total, 23 000 artefacts, dont une superbe -et inattendue!- collection de poteries de toutes origines.

Pour cette seconde édition, le réseau Archéo-Québec voit grand. Car vulgariser l'archéologie, c'est récent. "On commence à peine à diffuser le fruit de nos recherches archéologiques. Du côté du public, la curiosité est là. Cela reste néanmoins plus exigeant qu'un autre loisir", note Pierre Desrosiers, archéologue du Ministère de la culture et des communications.

L'événement Archéo! Dimanche favorise les rencontres. Autour des artefacts et des terrains de fouilles, le public croise ces rapporteurs d'histoire souvent modestes que sont les archéologues. "La visite de l'exposition temporaire concrétise quelque chose que l'archéologue ne peut que dire. Les morceaux de céramique, la monnaie, les pièces d'architecture... tout parle de la vie domestique d'autrefois", rapporte Hélène Buteau, archéologue de la firme d'expert Archéothèque. Sa présentation du travail de fouilles à la Maison Lepayeur, de Châteauguay, se complète d'estimations publiques : "les gens sont friands de cette activité. Ils nous apportent des fossiles, de belles pierres, c'est plus rare que les trouvailles possèdent une valeur archéologique -la nature fait de belles choses- mais cela rapproche les gens de l'archéologie".

La première édition de Archéo! Dimanche, le 18 juin 2000, avait attiré près de 4500 personnes dans une cinquantaine de lieux.

Avec cet événement estival, qui se poursuit jusqu’au 30 septembre, Archéo-Québec se fait une niche entre la culture et le tourisme. "C'est l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche. Nous voulons pénétrer ce tourisme culturel et nature qui vise un public familial", souligne Marie-Thérèse Bournival, présidente d’Archéo-Québec. Le ministère de la Culture et des Communications et Tourisme Québec se sont engagés à soutenir cette initiative pour maintenir Archéo! Dimanche jusqu'en 2004. "C'est une reconnaissance -et un investissement de près de 100 000$ sur trois ans-, cela va nous permettre de nous assurer d'une permanence deux jours par semaine et d'étudier le marché afin de nous positionner adéquatement. En quelque sorte, de mieux connaître notre terrain".

Par ailleurs, ce genre d'événement permet aussi de collaborer entre organismes voisins. Et c'est parfois la première occasion qu'ils ont de travailler ensemble. "À proximité se trouve le centre d'interprétation archéologique La Marthe auquel nous avons ouvert les portes lors de l'événement. Cela pousse les collaborations et permet de montrer la richesse de notre patrimoine régional", dit Monique Campion, la directrice administrative du Centre de découverte Explorama, un organisme gaspésien.

Le réseau Archéo Québec rassemble une cinquantaine d'organismes en archéologie. Depuis sa création il y a deux ans et demi, les membres se concertent afin de faire parler d'eux! "C'est un réseau unique au Canada. Un véritable cri de survie de la part des organismes régionaux. Souvent isolés, ils sont confrontés aux mêmes problèmes, aux mêmes questionnements", s'exclame Marie-Thérèse Bournival. L'ancienne directrice du centre Archéo Topo de Bergeronnes se souvient encore des sentiments d'éloignement et d'isolement qu'éprouvent ceux qui ne figurent pas sur les gros axes Montréal-Québec...

Centre d'interprétation du parc du Bourg de Pabos (Gaspésie):
http://gaspesie.qc.ca/bourg-de-pabos/

Centre d'interprétation archéologique La Marthe
http://www.cam.org/~chale/lamartre1.htm

Le site d'Archéo-Québec: http://www.mcc.gouv.qc.ca/reseau-archeo

À lire également sur le site de la SMQ , "Le réseau Archéo-Québec, un cri de survie" http://www.smq.qc.ca/publicsspec/actualites/analyses/textes/20010629/index.p%20%20%20html