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Numéro
53, 12 septembre 2001
Sommaire
- DERNIER
RAPPEL
Jour J moins 3 pour la rencontre des producteurs et des
diffuseurs de savoir, organisée par Science pour
Tous et l'Acfas.
- TOUT
BEAU, TOUT CHAUD
Puisque vous lisez cette page, vous l'avez déjà
remarqué: notre nouveau site est en ligne!
- OU
EST LA CULTURE SCIENTIFIQUE EN FRANÇAIS?
Le rapport de la Commission des Etats Généraux
sur la langue française passe sous silence la culture
scientifique.
- LA
RENTRÉE TÉLÉ
Qui dit rentrée scolaire, dit rentrée télé.
Des nouveautés enrichissent la grille-horaire.
- RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE 101
Les saisons qui raccourcissent, la couche d'ozone qui rétrécit...
Les jeunes mélangent le plus souvent ces notions...
les adultes aussi!
- AUX
PETITS OISEAUX
L'ornithologie vit une forte croissance aux Etats-Unis:
236% de hausse en 20 ans. Au Québec, nous serions
au moins 200 000 à nous intéresser aux oiseaux...
En
bref
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE 101
Bombardés
d'informations, nous restons bien ignorants quand il s'agit
d'expliquer le changement climatique aux enfants. Les saisons
qui raccourcissent, la couche d'ozone qui rétrécit,
les catastrophes naturelles qui se multiplient... Les jeunes
mélangent le plus souvent les notions, tout comme les
adultes!
C'est
lors d'une année sabbatique que le projet Jeunes
visionnaires a germé dans la tête de Diane
Pruneau, professeure à la faculté des sciences
de l'éducation de l'Université de Moncton. "L'éducation
à l'environnement, avec l'espoir de faire évoluer
les comportements des jeunes, reste un gros défi. Cela
demande aussi un peu de foi", dit-elle. Secouée
par les résultats d'une enquête maison auprès
de jeunes (2e et 4e années du primaire), d'adolescents
et d'adultes, elle découvre combien la population s'avère
ignorante en ce domaine. Malgré la crise du verglas
dans la région de Montréal et une grosse inondation
à Moncton, de nombreuses conceptions erronées
circulent encore. Ainsi, 53% de ces jeunes pensent que le
changement climatique n'aura aucune conséquence dans
leur vie!
"C'est
un phénomène perçu comme compliqué,
global et sur lequel on n'a aucun prise", rapporte la
chercheuse. De retour au travail, elle monte un projet de
sensibilisation et d'éducation au développement
durable et au changement climatique à l'intention des
élèves de 7e année. Mis en chantier lors
de l'année scolaire 2000-2001, le programme des Jeunes
visionnaires valorise les activités: sorties,
recherche, actions, etc. "L'objectif est que les jeunes
améliorent leurs connaissances par une démarche
constructiviste, comme les scientifiques lorsqu'ils font de
la recherche", rapporte Diane Pruneau. Aidée d'une
collègue, Hélène Gravel, elle va s'adjoindre
la participation de trois classes d'élèves des
communautés côtières de Barachois, Cap-Pelé
et Grande Digue. Un financement permet l'embauche de deux
intervenantes spécialisées, l'une en études
environnementales, Johanne Langis, et Wendy Bourque, géologue
et coordonnatrice du projet.
Deux
fois par mois, les jeunes sortent de l'école pour aller
sur le terrain afin de découvrir leur environnement.
Puis, par petits groupes, ils enfilent la blouse de chercheurs
(météorologues, chimistes, écologistes,
médecins, urbanistes...) afin d'étudier un aspect
des impacts environnementaux du changement climatique. État
des cours d'eau, bilan de la faune marine, enquête sur
la santé des jeunes, étude de la résistance
des infrastructures... Le projet se ponctue également
d'actions environnementales concrètes: journée
lunch sans déchets, plantation d'arbres, sensibilisation
au transport en commun, etc.
Et
pour finir, une rencontre de tous les élèves
participants -et également de divers intervenants politiques
et économiques- animée d'un quiz vert, basé
sur le jeu Qui veut devenir millionnaire? "Notre
évaluation post-projet a démontré qu'à
la fin, 95% des jeunes possédaient de bonnes connaissances
sur le changement climatique. Mais ils restent pessimistes
quand aux chances de modifier le comportement des adultes",
note Diane Pruneau. De son côté, elle a beaucoup
appris sur les jeunes: leur besoin de rencontre, leur timidité
et leur passion pour la nature qu'"on ne leur apprend
plus à regarder". Pour les changements de comportements,
la chercheuse ne s'avance pas: "Pour que cela soit durable,
ce genre de projet doit être poussé sur une plus
longue période". Il laisse tout de même
quelques traces utiles: un Cd-Rom éducatif et un site
très instructif.
Le
groupe de recherche de l'Université Moncton a reçu
pour ce projet le soutien financier du Fonds d'action canadien
du changement climatique et le Fonds en fiducie pour l'environnement
du Nouveau-Brundswick.
Site
: http://www.umoncton.ca/littoral-vie/Jeunes-visionnaires/modifier.htm
par Isabelle Burgun
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