Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 54, 24 septembre 2001

UN PONT RESTE À BÂTIR

Travaux de recherche, demandes de financements, enseignement, supervision d'élèves' L'emploi du temps des chercheurs, ces «producteurs de savoir», s'avère bien rempli. Alors, où inscrire la vulgarisation scientifique là-dedans? «À chacun son métier. Ce n'est pas celui du chercheur que de vulgariser», lance Sophie d'Amours, codirectrice du Centre de recherche sur les technologies de l'organisation réseau (CENTOR), lors du deuxième panel du colloque, «Le rôle des producteurs du savoir en diffusion vulgarisée. »

Au printemps dernier, la politique scientifique du Québec, élaborée par le ministre d'alors, Jean Rochon, soulignait l'importance, pour les chercheurs, de diffuser les résultats de leurs recherches. Mais trois des quatre intervenants du panel s'accordent pour dire que la vulgarisation reste quelque chose de marginal chez le chercheur. «Ce n'est pas sa mission première, et notre rôle n'est pas d'inciter les chercheurs à vulgariser», avance Michel A. Bureau, le président-directeur général du Fonds de la recherche en santé du Québec.

Toutes les recherches, par leur aspect pointu et circonscrit, ne méritent peut-être pas d'être diffusées? C'est en tout cas l'opinion de Claude Demers, président-directeur général de l'ADRIQ (Association des directeurs en recherche industrielle). «Nous produisons environ 1% du savoir mondial, dont 95% des travaux ne présentent aucune avancée spectaculaire, et il n'y a que quelques Pavarotti de la recherche. C'est ceux-là que nous devons valoriser.»

Une vision utilitaire de la recherche que conteste Louise Vandelac, chercheure du CINBIOSE et professeure de sociologie à l'UQAM, qui s'attriste que le terme recherche soit toujours associé aux sciences dures. Elle relève également l'absence d'analyse critique: «nous devons nous questionner plus régulièrement sur les raisons qui nous poussent à vulgariser.»

Isabelle Burgun