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Numéro
54, 24 septembre 2001
LES
FICELLES DES PROJETS
«Le
vrai savant est celui qui n'est pas hermétique et qui
réussit à se faire comprendre», a lancé
le populaire historien Jacques Lacoursière. Pour y
parvenir, les chercheurs disposent de nombreux outils, a-t-il
été souligné lors de l'atelier
consacré, justement, aux outils.
«Je
suis toujours au crayon à mine inventé au XIVe
siècle et je m'en porte fort bien!», a confié
Jacques Schroeder, professeur de géographie à
l'UQAM. Il faut, selon lui, résister à la tentation
du multimédia, au flot d'images qui enterre le propos.
«Quand on est dominé par le médium, mieux
vaut en effet se taire.» Un spécialiste des sciences
de la nature doit se percevoir comme un historien du monde
à l'affût de l'idéologie dominante et
des pièges de la mauvaise histoire. Et Stephen Jay
Gould, paléontologue à Harvard et habile vulgarisateur
des sciences historiques, reste à ses yeux le modèle
à suivre.
Mais le
chercheur n'est pas toujours en contrôle. Lors
de conférences ou d'entrevues téléphoniques,
il peut se heurter à l'incompétence de l'interviewer.
S'il peut contrôler davantage le contenu d'un film documentaire
ou d'une série télé, il y a encore là
un risque, celui de voir ses propos déformés
par un scénariste, puis un réalisateur et finalement,
des comédiens. L'écrit, même s'il rejoint
un moins large bassin, reste donc l'outil le mieux contrôlé,
celui qui laisse le moins de place à l'interprétation.
Mais les
deux panélistes se sont entendus pour dire que malgré
toutes ces limites des outils de diffusion, la plus grande
satisfaction reste celle de la transmission des connaissances,
autant à des téléspectateurs qu'à
des étudiants. «Il n'y a que par la passion,
conclut Lacoursière, qu'on peut faire vivre aux autres
ce qu'on a vécu».
Olivier
Lagueux
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