Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 55, 9 octobre 2001

LES INSECTES FONT LA FOIRE

Le grand vivarium grouille d'insectes. Les coquerelles géantes grimpent le long des parois, se chevauchent ou zigzaguent entre les boîtes d'oeufs vides. De temps en temps, un petit chuintement se fait entendre afin d'éloigner les possibles prédateurs. Cette vie grouillante est l'une des attractions de la première Foire aux Insectes du Québec, qui se déroulait en fin de semaine à Montréal.

"Je suis attaché à ces bestioles", confie Alexandre Pilon, entomologue amateur de 25 ans. Enfant déjà, Alexandre soulevait les pierres et courait derrière les mille-pattes. Aujourd'hui, il voue une passion pour les scorpions, de "véritables chars d'assauts", et plus largement pour tous les arthropodes. "Ils possèdent un mécanisme de vie spectaculaire et sont formidablement adaptés aux divers milieux de la planète. Ils s'arment aussi de défenses chimiques", explique le jeune homme qui rêve de suivre la voie de Georges Brossard, père de l'Insectarium de Montréal. Il s'attriste que sa blonde ne partage pas sa passion...

La Foire aux Insectes qui se tenait dans le ventre d'une église de l'Est de Montréal était modeste. On n'y comptait qu'une vingtaine d'exposants et le double de curieux. Ce qui ne semble pas décourager son organisateur. "Il y a des bourses aux insectes en Europe et au Japon depuis plus de 20 ans. Ma volonté est de réunir les entomologistes amateurs et les professionnels, un milieu qui ne se parle guère", explique Yves-Pascal Dion, également gérant de la boutique de Québec, Insectes Mondiaux. Autour de lui, les principaux exposants exhibent de multiples cadres aux insectes punaisés. Dans un châtoiement d'ailes et de pattes, on découvre surtout des papillons. "C'est l'insecte le plus accessible. Il réunit beauté, diversité et fragilité", confirme Yves-Pascal Dion, avant d'ajouter que les plus grands collectionneurs sont plutôt mordus de coléoptères.

"J'ai toujours aimé les vers de terre et les papillons", lance Gabrielle Aubin du haut de ses 13 ans. L'adolescente appartient aux Amis de l'Insectarium dont l'une des activités est de mieux faire connaître ces invertébrés. Elle arbore un sourire jusqu'aux oreilles tandis qu'un mille-pattes long de 15 cm lui explore les avant-bras. L'idole de Gabrielle se nomme bien sûr Georges Brossard, mais la jeune fille préférerait suivre la trace de Gail S. Anderson, l'entomologiste judiciaire canadienne (http://edie.cprost.sfu.ca/~spiders/anderson.html).

Visiblement les jeunes aiment les insectes. "Profitons-en car dans dix ans, ils auront de la répulsion pour ces animaux", s'écrie Alexandre Pilon tout en déposant l'une des coquerelles dans le creux de la main d'une fillette... sous le regard dégoûté de la maman.

À découvrir aussi La Toile des insectes du Québec :

http://www.toiledesinsectes.qc.ca

Isabelle Burgun