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Numéro
57, 5 novembre 2001
DES
ÉTOILES DANS L'OEIL
Le
ciel nocturne, cet univers impénétrable peuplé
de rêves et de légendes... Comment en reproduire
la sensation dans un spectacle?
«C'est
une sorte de théâtre. Les animateurs donnent
des conseils d'observation du ciel, soutenus par une légère
scénarisation, ce qui convient parfaitement aux plus
jeunes», explique l'astronome Pierre Chastenay, en faisant
référence au spectacle actuellement en cours
au Planétarium de Montréal, Les étoiles
dans ma cour. Une sorte de cours d'astronomie 101 pour
les sept ans et plus.
Quels
sont les ingrédients requis pour faire un bon spectacle
? «Tout d'abord, une bonne histoire capable d'attiser
la curiosité», pense Pierre Chastenay. Et puis,
une question d'équilibre. Le long des 45 minutes, se
conjuguent les temps forts avec les respirations; ces dernières,
utiles «pour digérer» l'information scientifique.
Mais
le Planétarium, ce n'est ni une salle de cinéma
ni Imax. Idéal pour la voûte céleste,
«son dôme hémisphérique est un écran
à environnement», pense le réalisateur
Richard Lavoie, ce qui «oblige un autre niveau de langage,
une autre organisation spatiale et temporelle.» Richard
Lavoie a collaboré à de nombreux spectacles
pour cet environnement si particulier, dont Changements
climatiques.
L'écran
hémisphérique impose en effet des contraintes
: les témoignages humains sont proscrits -les têtes
semblent flotter dans l'espace!- et la projection s'avère
multidirectionnelle. La vidéo doit également
être utilisée avec parcimonie. «Cela désamorce
la puissance du dispositif», relève le réalisateur.
Il est loin le temps où présenter la majesté
du ciel se résumait à une projection de diapositives
de planètes sur une bande sonore. «Les premiers
spectacles que je concevais il y a 13 ans n'étaient
pas de l'envergure des actuelles représentations»,
dit Pierre Chastenay. À la manière d'un artisan,
le concepteur doit apprendre aujourd'hui à manier de
front de nombreux outils: le planétaire Zeiss, le
projecteur vidéo, celui des diapositives, l'environnement
sonore, les effets spéciaux, etc. Tout un arsenal narratif
!
«Pour
ma part, je scénarise et je procède au découpage
en même temps. Et tout prend forme au montage. Je pars
du texte en cherchant un équilibre entre divers éléments
(temps, images, sons et narration) en me gardant une place
pour expérimenter», explique Richard Lavoie.
Il n'y a guère que la bande sonore qui ne bouge pas.
«En cours de route, il est toujours possible d'améliorer
le résultat, en changeant le visuel ou en ajoutant
des effets.»
Les
progrès technologiques viennent bouleverser la manière
de faire. «Notre projecteur d'étoiles date de
1965. Il ne peut rivaliser avec les systèmes modernes
comme en possède le nouveau Planétarium de New
York», constate Pierre Chastenay. Là-bas, la
nouvelle technologie du Rose Center for Earth and Space combine
sept projecteurs vidéo haute-définition gérés
par ordinateur et munis de fibre optique. Le résultat
se rapproche de l'observation du ciel véritable, en
projetant une image recomposée de sept segments munis
d'étoiles invisibles à l'oeil nu. Avec la sensation
de plonger dans les moindres recoins de l'univers ou de frôler
la station spatiale!
Une
fascination que tempère quelque peu Richard Lavoie.
«Il ne faut pas céder à la fascination
de la technologie. Même à notre époque
des cinémas d'immersion, les spectacles de marionnettes
peuvent nous toucher.» Ce qui compte avant tout c'est
de savoir raconter des histoires!
Planétarium
de Montréal:
http://www.planetarium.montreal.qc.ca
The
Rose Center for Earth and Space (Hayden Planetarium):
http://www.amnh.org/rose/

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