Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 57, 5 novembre 2001

FILMS SCIENTIFIQUES: LES DÉCODEURS DE SCIENCE

"Nous sommes les enfants de 68, ceux qui croient à l'éducation populaire. L'information scientifique peut apparaître comme un monstre; notre travail est de la rendre accessible à tous". C'est ce qu'a déclaré Françoise Wolff, journaliste audiovisuelle et réalisatrice de documentaires pour la télévision publique belge (RTBF), en ouverture de l'atelier "Qu'est-ce qui se cache derrière la production d'un film scientifique ?", organisé par l'Association des communicateurs scientifique dans le cadre du Festival Téléscience.

L'ancienne présidente du Groupement des journalistes scientifiques de Belgique - qui remet depuis 1998 le prix Nobelge de vulgarisation scientifique- était accompagnée par le réalisateur québécois Gérard Le Chêne, alias Alain D'aix, également producteur indépendant (InformAction Films). A la vingtaine de participants, ils ont expliqué les nécessaires rouages de la production d'un film scientifique, du financement à la diffusion.

La première clé: une bonne recherche. "Pour convaincre les investisseurs, il faut leur présenter un synopsis solide. Il faut être convaincu et connaître son sujet", pense Alain D'aix, l'auteur du documentaire en compétition Il ne leur manque que la parole.

Mais il faut aussi un bon vulgarisateur. "Celui qui parle pour être compris et non pour ses pairs", souligne Alain D'aix. Autrement dit, le scientifique capable d'expliquer, avec des mots ordinaires, les notions fondamentales. Cet oiseau est si rare qu'il oblige souvent les réalisateurs à emprunter d'autres avenues: "c'est plutôt le journaliste qui va raconter, laissant aux experts de courtes interventions qui appuient l'importance de la découverte", résume Françoise Wolff, auteur du documentaire scientifique Thema sur Einstein (Arte).

Enfin, la clé de voûte reste le montage. "Le sujet scientifique véhicule souvent une impression de vérité, mais le documentaire reste un film d'auteur. Il n'y a pas de montage sans manipulation", soulève Alain D'aix. C'est pourquoi il importe d'adopter une démarche rigoureuse et de garder son esprit critique.

OGM, clonage, nucléaire... La science possède souvent une image négative auprès du public. Alors comment le rejoindre? Par un dernier ingrédient: "pour que la communication soit efficace, il faut 20% de nouveauté et 80% de connu", pense Alain D'aix. La réalisatrice de la RTBF est plutôt d'avis qu'il faut "donner à manger" à tout le monde sans pour autant "prendre les gens pour des débiles". "Le public connaît plus de vocabulaire scientifique que l'on pense." Utiliser et répéter ce vocabulaire permet d'augmenter aussi la culture scientifique. On aime mieux ce qu'on connaît...

Festival du film scientifique Téléscience: http://www.telescience.qc.ca/

Isabelle Burgun