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Numéro
57, 6 novembre 2001
Festival
Téléscience
LE CINEMA DE LABORATOIRE
(8 novembre) - À
la pointe du canon. C'est comme ça que l'aventure du
cinéma scientifique a commencé. Bien avant les
frères Lumière, l'astronome Jules César
Janssen braque en 1874 son revolver photographique sur le
Soleil, pour immortaliser une éclipse de Vénus.
"Quand
les cinéastes se passionnent pour la science",
la rétrospective du cinéma scientifique français
présentée dans le cadre du festival Téléscience,
a offert aux quelques trop rares mordus -ils étaient
moins de 20 personnes à la Cinémathèque
québécoise, à Montréal- deux projections
pour les yeux et la mémoire.
Tous
ces témoignages des premières armes développées
par les scientifiques adeptes des chambres noires proviennent
des archives audiovisuelles du CNRS Images/média, l'instigateur
de l'événement français Rencontres
internationales Image et Science.
L'idée
d'utiliser un pistolet pour enregistrer le monde visible fut
reprise par le biologiste Jules Etienne Marey, en 1882. À
la station de physiologie du parc des Princes de Paris, il
vise les humains avec son "fusil chronophotographique". Dans
le cadre de ce qui était au départ une vaste
investigation pour l'armée française, Jules
Etienne Marey capture également les déplacements
des animaux familiers, des chevaux aux chats.
Le
monde végétal suscite aussi un engouement de
la part de ces pionniers: éclosion de fleurs, naissances
de champignons, etc. Et Lucien Bull invente la cinématographie
ultrarapide "à étincelles" qui capture
-entre 200 et 2000 images par seconde- le vol des insectes
et le passage d'une balle dans une bulle de savon!
À
cheval entre le 19e et le 20e siècle, les scientifiques
arpentent alors les terres vierges du cinéma. Ils élaborent
les premiers balbutiements d'un langage: gros plan, cadrage,
mise en espace... Puis, tout s'accélère comme
le montre L'Encyclopédie des Merveilles, un
montage des moments les plus marquants de cette mise en image
de la science.
"Pour
faire court, il y a trois époques dans le cinéma
scientifique. La première, où l'artiste dessine
pour le scientifique; une seconde, dans les mains des programmeurs
informaticiens -ressemblant au pop art- et une troisième,
influencée par la publicité", rapporte
Jean-Michel Arnold, le délégué général
des Rencontres internationales Image et Science.
Il
devait y avoir huit rendez-vous, il n'y en a eu que deux -un
à Montréal et le second à Québec-
ce qui est bien trop court pour prendre pied dans un si vaste
univers... Et Jean-Michel Arnold repartira donc les valises
pleines de trésors non dévoilés!
Festival
du film scientifique Télescience: http://www.telescience.qc.ca/
Rencontres
internationales Image et Science du CNRS:
http://www.cnrs.fr/imagescience
Et
pour les curieux...
The
Complete History of Discovery of Cinematography (référencé
par Geneviève Bougie, responsable du Kiosque cinéma
de l'Agence Science-Presse)
http://precinemahistory.net/
Isabelle
Burgun

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