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Numéro
58, 19 novembre 2001
QUAND
SCIENCE RIME AVEC LIVRES
«
J'écris le livre que j'aurais aimé lire à
12 ans. À mon époque, tous les ouvrages d'astronomie
étaient des bouquins sérieux et réservés
aux adultes ,» dit l'astronome Pierre Chastenay,
l'un des trois auteurs de l'atelier «Écrire
la science: l'expérience de l'auteur»
du symposium La Science avec un grand L.
Ce
premier événement franco-québécois
pour la promotion de la lecture et de l'animation scientifique
«dans les réseaux publics du livre»
a rassemblé durant trois jours -du 15 au 17 novembre-
près de 300 personnes, amants des livres et du savoir.
Si
Yves Gingras prend la plume, c'est pour communiquer dans une
langue claire l'histoire des sciences. «Lorsqu'on me
dit que je fais de la vulgarisation, je prends ça comme
un compliment, contrairement à bien des collègues,
» relève le co-auteur de «Histoire
des Sciences au Québec» (1987) et «
Du scribe au savant: les porteurs du savoir de l'Antiquité
à la Révolution industrielle» (1998).
Pour le plus grand plaisir de ses lecteurs, Yves Gingras s'attache
à présenter le contexte historique et culturel
où baignaient découvreurs et autres savants.
«L'un des premiers à avoir fait ici un travail
de vulgarisation d'importance est le frère Marie-Victorin.
Il a su stimuler l'intérêt des jeunes et développer
leur culture scientifique,» rappelle ce professeur
d'histoire à l'UQAM et chercheur au Centre interuniversitaire
de recherche sur la science et la technologie.
Entre
l'idée du livre et la stimulation du lecteur, il y
a toute une période où la page blanche côtoie
le découragement. «Un livre, c'est un travail
gigantesque. Et comment s'assurer que ce que l'on couche sur
papier soit compris?,» s'interroge Pierre Chastenay,
l'auteur de «Je deviens astronome» (disponible
au printemps prochain). Une double page de son futur ouvrage
à l'appui, il montre comment l'image doit répondre
au texte. Ce n'est pas le temps d'inverser deux planètes!
«Il faut être rigoureux sinon le lecteur risque
de tout mélanger,» assure l'auteur.
Autre
angoisse, il faut savoir attirer l'oeil dans le dédale
des librairies. Le livre de vulgarisation scientifique destiné
aux enfants est souvent abondamment illustré, d'un
langage simple et avec une bonne histoire. Il doit aussi parfaitement
répondre aux questions des plus jeunes. «Les
enfants et les scientifiques ne sont pas très différents,
en ce sens qu'ils partagent curiosité et passion ,»
annonce Raynald Pépin, qui vient de publier «
Au-delà des apparences, la dimension scientifique de
la vie quotidienne» (Multimondes & Québec
science). Le vulgarisateur pense que trop souvent l'école
tombe dans la routine des apprentissages. «Par manque
de temps, les enfants ne peuvent plus jouir du plaisir de
poser des questions. Et c'est par des livres comme «
Le carnaval de la physique» (J. Walker, éds
Dunod) qu'ils peuvent redécouvrir la joie de s'interroger
.»
Trop
souvent encore, la science est présentée aux
plus jeunes -et aux plus grands!- comme un monde fermé
et complexe. «Si je parle des mathématiques
aux enfants du primaire, je peux leur montrer un cube.
Je peux y mettre de la couleur ou illustrer ses faces de poésie
,» avance Philippe Jonnaert, l'auteur de Maya et
Maïpo (Le Loup de Gouttière). Le professeur
de mathématiques à la faculté des sciences
de l'Université de Montréal transforme en conte
des concepts, comme la bijection et l'arithmétique.
« Il s'agit surtout d'histoires où l'on
trouve un peu de mathématique ,» explique-t-il.
Les enfants s'identifient ainsi aux héros, pour suivre
par exemple les aventures de jeunes bergers qui égarent
leurs moutons, et leur grand-père qui enseigne différentes
techniques pour les compter: cordelette à noeuds,
correspondance terme à terme, etc. «Dans mes
histoires, la subjectivité a toute la place, alors
que dans les écrits pour mes pairs, le «je»
est banni» .
Passer
de l'écriture scientifique au conte permet de débrider
aussi l'imaginaire. Qui a dit qu'écrire des histoires
scientifiques devait être ennuyeux?
Retrouvez
d'autres articles sur le symposium La science avec un grand
L, plus tard cette semaine, à l'adresse suivante
:
http://www.sciencepourtous.qc.ca
À
consulter également, sur le site de la Société
pour la promotion de la science et de la technologie, «
L'image du scientifique dans les romans québécois,
» une étude de Gisèle Desroches (format
pdf).
http://www.spst.org/

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