|

Numéro
58, 20 novembre 2001
ENCHANTEMENTS
SCOLAIRES
(23 novembre) - Il faut vraiment aimer les oiseaux pour
pratiquer l'ornithologie dans les couloirs de l'école!
Pour s'initier à l'observation des différentes
espèces, des élèves du primaire armés
de jumelles ont arpenté les dédales de l'école
Jean-Baptiste Meilleur, pour traquer les différents
volatiles cachés sur les murs. C'est l'un des stratagèmes
qu'ont développé deux professeurs, Patricia
Van Melle et Jocelyn Côté, pour intéresser
les jeunes à l'école.
Les
enseignants ont relaté leur expérience lors
de l'atelier "Des bibliothèques et des écoles
laboratoires au Québec", du symposium franco-québécois
pour la promotion de la lecture et de l'animation scientifique,
La science avec un grand L.
"Lors
d'une sortie d'observation au parc, nous avions remarqué
l'intérêt des élèves pour les canards,
et plus généralement les oiseaux. Nous avons
décidé d'alimenter cette curiosité en
montant cette année un gros projet autour de l'ornithologie",
dit Jocelyn Côté. Le programme concocté
par les deux enseignants -soumis et accepté par les
élèves- vise à former des guides, des
ornithologues amateurs, pour le prochain festival des oiseaux
du Biodôme.
La
classe de Jocelyn et de Patricia n'est pas une classe ordinaire.
Les deux enseignants de cet établissement d'un quartier
pauvre de Montréal pratiquent un enseignement en équipe:
leurs 57 élèves "communs" sont à
cheval entre la 5e et 6e année. "Cela permet d'adapter
la classe aux rythmes différents des élèves.
Il n'est pas rare qu'un groupe pratique une activité
avec l'un de nous tandis que l'autre revoit des notions mal
comprises", explique Jocelyn Côté. On y
enseigne aussi l'ordinateur, la menuiserie, la cuisine...
Cette classe fait partie du programme de l'"école
orientante" mis en place par la Commission scolaire de
la métropole au sein des écoles les moins favorisées.
Quant
à l'initiation à l'ornithologie, elle s'inscrit
dans diverses matières, des sciences à la technologie
(menuiserie), en passant par le français: fabrication
de mangeoires, études scientifiques des oiseaux, élaboration
de biscuit pour l'alimentation des volatiles, aménagement
paysager d'un écosystème attirant les oiseaux,
etc.
Ce
vaste programme espère aussi faire ouvrir les livres
aux élèves. "La connaissance se trouve
dans les bouquins. En début d'année, on a demandé
aux parents de prendre une carte d'accès à la
bibliothèque", relate Jocelyn Côté.
Pour certains, c'était la première fois qu'ils
y mettaient les pieds. Les enfants ont ainsi emprunté
une soixantaine d'ouvrages sur les oiseaux à la bibliothèque.
"Lire pour connaître et pour apprendre à
vulgariser, car nos élèves doivent laisser un
héritage sous forme de livre (romans, contes, etc.)
aux autres classes", complète Patricia Van Melle.
Et pour finir, les élèves auront même
l'occasion d'écrire avec des plumes d'oiseaux!
À
côté de cette initiative locale, des écoles
et des bibliothèques se transforment également
en bouillon de culture et de savoir. En collaboration avec
la Société pour la promotion de la science et
de la technologie (SPST), ces lieux accueillent aussi des
scientifiques (programme des Innovateurs à l'école).
Leurs intervenants suivent des formations autour de la littérature
scientifique (La science pour les poètes) ou
élaborent des projets en partenariat ("Lire pour
comprendre", etc.). Et gageons que les rencontres provoquées
par le symposium La science avec un grand L feront
des petits!
Site
de la SPST:
http://www.spst.org/
Isabelle Burgun

|