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Numéro
58, 20 novembre 2001
LA
FAMILLE DES GRANDS SINGES
(26 novembre) - "La
découverte de Lucy a bénéficié
dun coup de publicité formidable. Toutes les
découvertes en paléontologie nont pas
droit aux mêmes coups de projecteur", relève
Pascal Picq, du laboratoire de paléoanthropologie et
de préhistoire du Collège de France. Il donnait
une conférence intitulée "Des fossiles,
des singes et les enjeux de la communication scientifique",
lors du symposium La Science avec un grand L.
Pour
le paléontologue, les récentes trouvailles (ossements
daustralopithèques, par exemple) ouvrent toute
une série de portes sur notre mémoire collective,
qui nont pas été suffisamment explorées.
La diffusion de ces connaissances représente une véritable
odyssée encore à faire, où la quête
des origines baigne dans notre perception du monde. "La
recherche dexplications sur nos origines nous confronte
à nos propres mythes. Cette démarche peut déstabiliser".
Déstabiliser
surtout les adultes. Les enfants, eux, appréhendent
plus facilement la place de lhomme dans la nature. "Il
leur suffit dun quart dheure pour comprendre les
principes dévolution". Notamment la notion
suivant laquelle nous ne sommes pas forcément le sommet
de lévolution mais juste "une des
solutions possibles".
Pascal
Picq aime brasser la cage aux idées. Selon lui, dire
que lhomme descend du singe est obsolète et la
quête du chaînon manquant sest avérée
chimérique. Il convient plutôt de parler dun
ancêtre commun. Ou de ce que lon en sait :
"on ne connaît pas le huitième de lhistoire!"
Dans un tel contexte, vulgariser, cest donc livrer un
état toujours provisoire!- des connaissances.
Il appartient aux scientifiques de les diffuser tout en les
confrontant aux autres conceptions du monde. "Cest
comme cela quon avance, en changeant de représentations",
dit le scientifique.
Cest
pourquoi Pascal Picq a initié lan dernier un
débat sur léthologie comparée avec
un documentaire -"Le singe, cet homme" (Arte)- et
de nombreux ouvrages. Son livre "Les origines de lhomme,
lodyssée de lespèce" (Éditions
Tallandier) a reçu le premier prix de La science
se livre en janvier dernier.
Isabelle Burgun

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