Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 62, 29 janvier 2002

LE BONHEUR EN PILULE

Des «pilules du bonheur», il y en a de trois sortes : des douces, des moyennes et des fortes. C'est surtout le nom d'une activité sceptique pour les élèves du secondaire imaginée par un enseignant de Sherbrooke, Daniel Coulombe.

«Cette expérience fait la promotion de l'approche critique et rationnelle, et s'inscrit dans le cadre de la Réforme scolaire. Elle rectifie au passage quelques croyances infondées des élèves», relève le professeur d'éthique et culture au collège Notre-Dame. La posologie paraît simple: un comprimé tous les jours, durant 21 jours, de préférence le matin. Il va sans dire que plus on y croit, plus c'est efficace.

Cette expérience développée par l'enseignant lui permet d'aborder une foule de sujets, de la science à la philosophie. Fabrication des médicaments, effet placebo, homéopathie, psychotropes, la contre-culture, la science-fiction, le bonheur, etc. «Et au milieu de tout ça, je leur montre la méthode scientifique. Je ne leur «vend» pas le scepticisme mais leur souligne la nécessité d'avoir un esprit critique». Ce membre actif des Sceptiques du Québec -on l'aura deviné- parsème aussi l'année scolaire d'autres activités de la même teneur: un casino mathématique (les jeux et le hasard), des projections de vidéos sur des croyances diverses, l'achat de livres sur le scepticisme, la visite de conférenciers (Benjamin Leblanc vient souvent parler des vampires et du satanisme). Les élèves doivent également réaliser une recherche sur un sujet de leur choix. «Le tiers des élèves choisissent le mystère du triangle des Bermudes. Je leur demande néanmoins d'appuyer leur raisonnement sur une approche scientifique».

Comme leurs aînés, les adolescents possèdent un taux de croyances élevé (fantômes, astrologie, paranormal...). «Ces croyances sont moins développées et affirmées que celles des adultes. Elles reflètent néanmoins ce qui circule dans notre société», affirme Daniel Coulombe. Elles composent le plus souvent un univers fantastique où le jeune vient puiser des réponses aux incertitudes et fuir la banalité du quotidien. Autant dire que les petites pilules au goût de menthe trouvent d'ardents partisans. Difficile d'être contre le bonheur!

Sommaire du dernier numéro «Le Québec sceptique» sur le site de l'association des Sceptiques du Québec : http://www.sceptiques.qc.ca/

Lire aussi , «La parapsychologie au secondaire», par Daniel Coulombe:
http://www.geocities.com/danielcoulombe/Laparapsychologieausecondaire.htm

Isabelle Burgun