Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 64, 27 février 2002

EN BREF

DE LA SCIENCE ET DES RESTES HUMAINS
La science à la télévision: qu'est-ce qui fonctionne et qu'est-ce qui ne fonctionne pas? Tel était le titre de la conférence du réalisateur de l'émission Nova, Evan Hadingham, qui a fait salle-plus-que-comble au dernier congrès de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS). Fêtant cette année son 30e anniversaire au réseau public américain PBS, Nova est, selon ses producteurs, la plus ancienne émission scientifique toujours diffusée. Mais pour ce qui est d'expliquer ce succès continu, on repassera. Les images enlevantes et les animations informatiques saisissantes auxquelles ont eu droit les congressistes, ont involontairement rappelé à quel point des budgets élevés, ça aide à faire de la bonne télé: 600 000$ pour une heure, c'est une émission qui "n'a pas coûté si cher", a laconiquement admis Hadingham au cours de la période de questions. Mais en définitive, celui-ci avait lâché, dès le début de son exposé, une phrase qui se voulait boutade, et qui est restée la seule règle concrète énoncée pendant ces trois quarts d'heure: «avec assez de charisme, vous pouvez expliquer n'importe quoi».

 

RADIOSCIENCE
Un des événements les plus courus du congrès de l'AAAS a ÉtÉ' une émission de radio. Vendredi après-midi de 14h à 16h, le réseau public américain NPR (National Public Radio) diffusait en direct d'une grande salle de l'hôtel Sheraton son émission d'affaires publiques quotidienne Talk of the Nation. Or, l'édition du vendredi est justement consacrée à la science. Sous-titrée Science Friday, elle réunissait ce jour-là, comme à l'habitude, trois ou quatre invités autour d'une thématique (l'irradiation pour la première heure, la biodiversité pour la seconde), invités auxquels, après un échange, les gens dans la salle -et les auditeurs- étaient invités à poser des questions. Il n'y avait là aucune découverte scientifique à annoncer -mais n'empêche que pendant ces deux heures, la salle d'une centaine de places est demeurée bondée, avec des chercheurs et des étudiants fort attentifs, assis sur le sol ou debout le long des murs.

Talk of the Nation: http://www.npr.org/programs/totn/inside/index.html

Science Friday: http://www.sciencefriday.com/

 

RESSOURCES PÉDAGOGIQUES
Magré une facture terne et une mise en page légèrement rebutante, le bimensuel Science Books & Films (SB&F) s'annonce comme la bible du matériel pédagogique scientifique américain. Cette publication de l'AAAS compile différentes ressources: livres pour enfants, adolescents et adultes, du matériel audiovisuel et multimédia (CD-Rom principalement). Agronomie, anthropologie, physique, science de la vie, etc., il s'agit esssentiellement de recensions destinées aux bibliothécaires, professeurs de science et autres responsables d'achats de matériel pédagogique. À côté de ces notes de lecture -classées par l'attribution d'étoiles-, on y lit quelques articles thématiques, un court programme télévisuel d'émissions scientifiques et des signets de sites Internet.

SB&F se consulte également sur Internet (abonnement requis):http://www.sbfonline.com/

 

LES FILLES ET LES SCIENCES
Contagieux, le goût de la science? C'est le pari de la Chaire Marianne-Mareschal qui renouvelle l'événement «Les filles et les sciences: un duo Électrisant!». La troisième édition a rassemblé 380 jeunes filles -et une centaine de parents- dans les murs de l'École Polytechnique de Montréal. Cette activité permet aux élèves de secondaire 2 et 3 de goûter les sciences par des activités ludiques, de rencontrer des femmes scientifiques et de se renseigner sur les carrières en science et technologie. La couverture médiatique -médias écrits et électroniques- a été à la hauteur des espérances des organisateurs. «Le changement de mentalités est un travail de labourage. La répétition permet d'entrer dans l'esprit des gens. La science participe encore trop peu au quotidien des jeunes filles», lâche Andrée Pelletier, la porte-parole de l'événement. Pour la première année, l'événement s'est propagé en région, au sein des universités du Québec à Chicoutimi et à Rimouski.
http://www.chairemm.polymtl.ca/gofille/

 

GUIDE DE VULGARISATION
Un nouveau guide de vulgarisation élaboré par l'Acfas ne propose rien de moins que de transformer d'assommants chercheurs en brillants orateurs. Sous la supervision de Sophie Malavoy, Suzanne Grenier et Sylvie Bérard ont pris la plume pour rédiger le Guide pratique de communication scientifique. Un outil qui permettra à tout scientifique, nous annonce le communiqué, de «cibler son message, transformer un plan de travail en propos invitants et de tenir son public en haleine». Lancé en librairie au mois de mars, cet ouvrage tombe à point pour aider les conférenciers à prendre la parole lors du prochain congrès de l'ACFAS.

Lire le communiqué: http://www.acfas.ca/bulletin/fevrier2002.html#recherches

 

SCIENCE ET SOCIÉTÉ
« Science et savoir - Pour qui? Pour quoi?» questionne d'ailleurs le 70e congrès de l'Association canadienne pour le savoir (ACFAS). C'est le thème également d'une conférence organisée dans le cadre de cet événement le 15 mai prochain à 17h30. L'astrophysicien Hubert Reeves, le président fondateur d'Exfo Ingénierie Électro-optique inc., Germain Lamonde, et le directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Yves Gingras, se pencheront sur le rôle de la science dans notre société. Le congrès annuel se tiendra du 13 au 17 mai à l'Université Laval. Il est déjà possible de consulter la liste des colloques.

http://www.acfas.ca/congres/listecolloque.html

 

ÉCRIRE LA SCIENCE
Un nouveau prix de communication scientifique récompensera des vulgarisateurs des régions de l'Atlantique. Lancé par le Conseil des provinces atlantiques pour les sciences, ce concours présente l'originalité d'intéresser à la fois les journalistes, les scientifiques et les professeurs de science. Si le premier prix récompense le meilleur article (ou la meilleure présentation publique) sur un sujet à caracère scientifique, le second souligne l'effort de vulgarisation d'un scientifique et le troisième, un professeur passionnant.

http://www.apics.dal.ca/award.html

 

SOUS LA COUVERTURE
À mettre entre toutes les mains... Les quatre livres finalistes de La science se livre 2002 traitent d'étoiles, d'ornithorynque et de ver de terre: «Traqueur d'orages» d'Alex Hermant (Nathan), «Le grand Atlas des étoiles» de Serge Brunier (Bordas), «Mais où est donc Ornicar?» de GÉrald Stehr et Willi Glasauer (Archimède) et «Nounours et le ver de terre» de Gunilla Ingves (Archimède). La science se livre est un événement français qui marie la promotion de la lecture à celle de la science et délivre même des prix Spécial Québec avec la collaboration de bibliothécaires d'ici sous la coordination de la Société pour la promotion de la science et de la technologie. Chez nous, la SPST développe, depuis 1999, une foule d'activités autour du livre et de la lecture. Ainsi, les bibliothèques publiques de la ville de QuÉbec ont résonné pendant un mois d'histoires et autres récits à saveur scientifique.

http://www.spst.org/

 

EXPLORER LE MONDE
Assister à la dissection d'un estomac de phoque, découvrir les vers des glace ou apprendre la culture des Inuit... à des milliers de kilomètres, bien au chaud, dans une salle de classe. Le Jason Project vise à développer l'intérêt des élèves pour les sciences, via Internet. Des océans aux forêts tropicales, des régions polaires à celles des volcans, ces explorations de la planète sont menées par des scientifiques. Ce programme multidisciplinaire permet à des classes de suivre au jour le jour une équipe sur le terrain. Vidéos, photos, récits et expériences, tous les moyens sont bons pour initier  les jeunes à la géologie, la biologie, aux mathÉmatiques, à la technologie ou encore l'ethnologie. Rêvée par l'océanographe Robert Ballard (qui a découvert l'épave du Titanic en 1986), cette expérience multimédia offre la possibilité de vivre l'aventure scientifique en temps réel. Après une expédition en Alaska, la prochaine équipe de recherche se rend en Californie (Channel Islands National Park). La Fondation Jason -un organisme d'éducation sans but lucratif- travaille notamment en partenariat avec les professeurs.

http://www.jasonproject.org/jason_project/jason_project.htm

 

PAS DE CONGÉ SCIENTIFIQUE
La relâche scolaire sera une période active pour de nombreux organismes scientifiques et autres musées de science. Ils se préparent à recevoir des flux de famille en quête d'activités à faire avec les enfants. Curiosité en tête et soif d'apprendre, les adultes désireront se détendre... intelligemment. Entre Robofolies au Centre des sciences de Montréal et le Rallye des coulisses au Biodôme, ils n'auront que l'embarras du choix!  Pour en apprendre un peu plus, consultez le webabillard de Science pour Tous :

http://www.sciencepourtous.qc.ca/babillard/index.html