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Numéro
69, 7 mai 2002
JOURNALISME
SCIENTIFIQUE: UNE SOCIÉTÉ DISTINCTE?
Le
Québec investit plus dans la vulgarisation scientifique
que les autres provinces canadiennes. « Un dynamisme
obligé, question de langue et de culture »,
jugent les intervenants à la table ronde Des journalismes
distincts en anglais et en français? tenue à
l'Université Laval le 26 avril, lors du colloque de
la Chaire de journalisme scientifique.
« Les
Canadiens anglais ne ressentent pas le besoin de produire
leur propre matériel scientifique vulgarisé,
car ils ont accès aux magazines américains,
tels New Scientist ou Scientific American »,
note Jim Handman, réalisateur-coordonnateur de l'émission
scientifique Quirks & Quarks de la CBC.
Au
Québec au contraire, ces revues rejoignent peu de monde
à cause de la barrière de la langue. « Et
tant qu'à traduire le contenu américain, nous
préférons créer nos propres produits »,
explique Michel Gauquelin, ancien éditeur de Québec
Science. Pourquoi le Québec ne profite-t-il pas alors
des revues françaises? Parce que « la science
n'est pas universelle, mais culturelle! », déclare
Félix Maltais. Selon l'éditeur des Débrouillards,
le contenu français convient mal aux Québécois
dont la réalité culturelle se rapproche beaucoup
plus de celle des Américains que des Européens.
Ceci
dit, de quelque côté de la barrière linguistique
qu'on se trouve, la science n'a pas la cote dans les médias
de masse canadiens. « Les éditeurs et chefs
de pupitre s'intéressent à la science seulement
s'il n'y a rien de plus important », se désole
Wayne Grady, auteur de plusieurs ouvrages scientifiques. « La
situation ne changera pas tant que la nouvelle scientifique
sera traitée comme les chroniques de bridge »,
résume Pascal Lapointe, rédacteur en chef de
l'Agence Science Presse.
Peut-être
chaque communauté linguistique gagnerait-elle toutefois
à connaître ce qui se fait de l'autre côté:
l'émission Quirks and Quarks, justement, existe
depuis 26 ans! Y a-t-il un téléspectateur québécois
dans la salle?
N.
Kinnard

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