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Numéro
73, 3 juillet 2002
L'ÉTÉ
DES PREMIERS SARRAUS
Certains
rêvent de passer l'été les doigts de pieds
en éventail. D'autres imaginent les vacances comme
un perpétuel défi sportif. Pour des jeunes de
Montréal, le plaisir se cache dans l'ombre d'un laboratoire.
Une trentaine d'élèves du secondaire seront
bientôt les premiers Apprentis en biosciences.
Ces
29 jeunes, à raison de deux groupes d'une quinzaine
de personnes, enfileront pendant une semaine (29 juillet et
5 août) leurs premiers sarraus afin de mener à
bien de véritables expériences au sein de 17
laboratoires de l'INRS- Institut Armand-Frappier. 'C'est de
la vraie science dans de vrais labos', confirme Élise
Boyer, chargée de projet du Musée Armand-Frappier.
Rien à voir donc avec les camps d'initiation à
la microbiologie et aux biotechnologies qu'organise déjà
le musée.
Supervisé
par la professeure en immunologie Suzanne Lemieux, Apprentis
en biosciences constitue un programme-pilote pour accroître
l'intérêt des jeunes pour les carrières
en recherche. Devant l'abondance de candidatures, un comité
s'est même réuni pour choisir les candidats les
plus sérieux. 'La priorité a été
donnée aux jeunes qui se questionnaient sur leurs choix
scolaires. On leur ouvre les portes pour leur donner une idée
de ce qu'est la recherche au quotidien', relève Guylaine
Archambault, directrice adjointe au développement du
musée.
Chaque
jeune sera pris en charge par son parrain, ou sa marraine:
des étudiants à la maîtrise ou au doctorat
qui ont préparé un projet concret pour chacun.
La plupart de ces expériences entrent dans le cadre
de leur projet de recherche, en santé humaine (gel
2D de neutrophiles, rejet de greffe...) ou en environnement
(décontamination des sols avec des bactéries,
etc.).
Pour
assurer la sécurité des jeunes, diverses mesures
ont cependant été prises. Ils ne manipuleront
pas de micro-organismes dangereux -5% seulement le sont pour
l'homme- se protègeront des produits chimiques (lunettes,
gants, masques, etc.) et en aucun cas, ne seront en contact
avec des produits radioactifs.
Le
comité organisateur conserve quelques appréhensions.
Un incident est vite arrivé. "Les parrains ont
aussi un rôle de surveillance des adolescents. Ils vont
les suivre à la trace", rapporte Elise Boyer.
D'autres activités jalonneront cette semaine de découverte,
telle une conférence sur les carrières en recherche
et une visite du Micro-Zoo.
Ce
sont surtout des jeunes filles qui enfileront les blancs sarraus
: 22 contre 7 garçons. "C'est la même chose
du côté de l'encadrement: 17 marraines contre
8 parrains. Contrairement au génie, le milieu s'avère
plutôt féminin", note Elise Boyer.
Les
étudiants universitaires qui participent à ce
programme le font par goût de l'enseignement et de la
pédagogique. Plus sensibilisés à la vulgarisation
que leurs aînés, certains concoctent d'ailleurs
un congrès interne (automne 2003) où l'on offrira
un atelier sur 'Le rôle du scientifique dans la société'.
Sur
le site du Musée Armand-Frappier:
http://www.musee-afrappier.qc.ca/francais/Apprentis_Biosciences.htm

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