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Numéro
77, 25 septembre 2002
NOM
DE CAMP: AZIMUT
Un
bateau insubmersible avec des trombones, un équilibriste
avec une fourchette, une tornade dans une bouteille, de l'électricité
dans une pomme. L'ancien animateur du club Les Débrouillards,
Yannick Bergeron, est capable de tout. Le récipiendaire
du Prix Beppo 2002 incarne à merveille son nom de camp,
Azimut.
"Il
est possible de faire sept expériences avec une simple
feuille de papier et près de 30 avec un verre d'eau",
lance l'homme de 24 ans. Yannick Bergeron sait de quoi il
parle, lui qui a animé et conçu des camps scientifiques
pour le club des Débrouillards. Il lui est arrivé
aussi de seconder -en coulisses- Grégory Charles sur
le plateau de l'émission Les Débrouillards ou
encore d'écrire des expériences pour le magazine.
Des
camps de jour à ceux de séjour, de la conception
de trousse en animation scientifique à la formation
d'adjoints, en passant par des animations volantes; le loisir
scientifique s'avère dix jobs en un! Et cela,
en poursuivant sa carrière de professeur de science
au collège Saint-Jean Vianney. Le collège de
sa jeunesse, celui qui l'a conduit aux Expo-sciences.
Car
comme pour beaucoup d'autres, la piqûre vient de là.
Yannick se remémore encore sa deuxième participation
en 1994, et son projet sur la "micropropagation des diones
gobe-mouches". Des plantes carnivores! "J'ai obtenu
3 796 875 plants, alors que généralement, la
production est de 475 unités. L'ensemble des micro-éprouvettes
occupait une salle entière". Sous la houlette
de ces deux premiers "parrains", son professeur
de science Pierre Desrochers et le microbiologiste Denis Lauzier,
il découvre le plaisir de la vulgarisation et le formidable
bassin de contacts. Il sympathise aussi avec un autre participant,
Guillaume Fauteux. C'est lui qui l'introduit dans le réseau
des animateurs des Débrouillards, au sein du Conseil
du loisir scientifique de Montréal.
C'est
ici qu'il connaîtra son troisième "parrain",
Benoît Jolin, qui lui enseignera une grande partie de
ce qu'il sait. "Après la formation, il m'a suivi
dans tout le Québec et a assisté à mes
toutes premières expériences", raconte
Yannick. Il y aura encore Normand Julien et bien d'autres
pour jalonner ce parcours tissé d'animations scientifiques
et d'inventivité. Paillettes de couleurs, morceaux
de bois ou matériel recyclé: Yannick complète
toujours le bac de matériel par des trouvailles maison.
"Je lis beaucoup pour nourrir mon imagination. J'essaie
toujours de faire en sorte que l'expérience présente
un défi pour les jeunes, qu'elle aille chercher leur
curiosité avec une énigme à résoudre
ou qu'il y ait une surprise", explique le jeune homme.
Après
un diplôme d'études collégiales en sciences
de la santé, il passe un baccalauréat en enseignement
secondaire, option science. Cela lui ouvre les portes du collège
Saint-Jean Vianney où il enseigne aujourd'hui la biologie
et la chimie aux élèves de secondaire.
Le
prix Beppo couronne les plus méritants des adjoints
du prof Scientifix. Ainsi, cette distinction vient souligner
"l'ensemble du travail d'un animateur qui a su se démarquer".
Après huit ans, Yannick Bergeron ne fait toutefois
plus partie de l'escouade d'animation du Conseil du loisir
scientifique de Montréal, pour des raisons personnelles.
"Je
suis un excessif. Les insatisfactions que j'ai vécues
m'ont poussé à partir mais je ne quitte pas
le monde de l'animation scientifique pour autant", assure
le jeune homme. À côté de son enseignement,
il encadre le club de science du collège. C'est là
qu'il réalisera dix projets avec les jeunes, ainsi
que le journal, le site internet, les visites, etc.; soit
30 rencontres annuelles pour une moyenne de six heures par
semaines. Yannick compte bien poursuivre l'animation dans
les camps de jour, la consultation scientifique et caresse
même le projet d'écrire un recueil d'animations
scientifiques. Pour ne pas faire mentir son surnom!
(I. Burgun)

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