Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 79, 23 octobre 2002

ENCHANTEMENT BORÉAL
C'est sur le pont d'un navire voguant sur le Saguenay que le peintre Pierre Marcoux a connu son coup de foudre pour les aurores boréales. "J'ai toujours eu de l'intérêt pour l'astronomie. Le spectacle grandiose de cette nuit-là a réveillé une curiosité et a déclenché l'inspiration du peintre".

Il décide alors d'interpréter à sa façon le spectacle céleste pour partager son émerveillement. Le peintre, qui n'est pas seulement peintre puisqu'il a aussi enseigné pendant 25 ans la biochimie au Cégep de Sainte-Foy, au lieu de concevoir une simple exposition de tableaux, creuse dans les deux directions qui lui sont familières, l'art et la science.

Pour commencer, Pierre Marcoux se plonge dans les livres d'astronomie et navigue sur Internet afin de comprendre le phénomène. Ces ballets de lumière sont la réaction d'une collision entre les électrons issus des vents solaires et les atomes d'oxygène (lumière verte) de la haute atmosphère ou ceux d'azote (lumière rouge). Et puis, suivent d'autres questions: "Que pensaient les Romains des aurores boréales? Les Inuit? Je me suis penché sur l'aspect historique de l'interprétation du phénomène. Cela vient enrichir le côté artistique et le volet scientifique".

Une rencontre fortuite avec le sculpteur Jean-Michel Simard débute les diverses collaborations autour du projet. Celui-ci présente des pièces taillées dans de l'impactite; des pierres issues d'impacts météoritiques. Il expose ainsi des oeuvres d'inspiration céleste telle Perseide. Pierre Marcoux approche ensuite le club d'astronomie Io de Val-Bélair qui ajoutera à l'exposition une série de conférences. Le club met également à disposition du peintre des objets astronomiques, tel un cherche-étoile ou un morceau de météorite.

À travers le diaporama de photographies d'aurores boréales, le public peut observer à quoi ressemble vraiment ce phénomène... et comparer avec la libre interprétation du peintre. "J'ai retenu le merveilleux des mouvements évanescents de la lumière. Cela m'a inspiré un art abstrait à la fois sensuel et érotique. Il y a des nus caché derrière les voiles". Le peintre livre également au public sa documentation, sous la forme d'une bibliographie et d'une liste de sites internet. Comme l'exposition se déroule dans la bibliothèque Alain-Grandbois de Saint-Augustin, en banlieue de Québec, les visiteurs peuvent poursuivre le voyage dans ses rayons ou dans le cyberespace.

"Les lumières du Nord" se poursuit jusqu'au 1er décembre à la bibliothèque Alain-Grandbois de Saint-Augustin. On s'informe: (418) 878-1675.

Les conférences ont lieu dans la salle d'exposition de la bibliothèque Alain-Grandbois de Saint-Augustin. La première, sur les Aurores Boréales, sera donnée le 25 octobre par Normand Chidiac. La seconde porte sur L'Astronomie en Amateur: penseur et observateur et sera présentée par Jean-Michel et François Dion le 8 novembre. Il y a également le 9 novembre un atelier destiné aux enfants de 6 à 12 ans, Voyage divin au Coeur du système solaire. On se renseigne au (418) 840-0130.

Isabelle Burgun