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Numéro
79, 23 octobre 2002
UN
BAIN DE BIOSCIENCE
Un
sujet chaud, le bioterrorisme, lançait le cycle de
conférences du Musée Armand-Frappier, Les
biosciences apprivoisées. La conférencière,
Rosemonde Mandeville, a su exposer simplement, le 8 octobre,
les réponses de la recherche à cette menace
toute scientifique. La salle Pasteur a fait salle comble,
avec une centaine de personnes... et a même dû
refuser du monde!
Cette
série de conférences se propose d'expliquer
les enjeux dun dossier en biosciences à des non-spécialistes.
Lobjectif a été atteint, si lon
en juge par la période de questions animée qui
a suivi, sur des détails parfois pointus.
Les
organisateurs étaient aux anges, avec un bémol.
La salle Pasteur est trop petite et le site de lInstitut
Armand-Frappier, à Laval, plutôt difficile daccès.
Pour des raisons de sécurité on devine
la crainte de lespionnage industriel le public
doit sinscrire à lavance.
Quant
au message de Rosemonde Mandeville sur le terrorisme biologique,
il se résume en peu de mots : nous ne sommes
pas prêts. Les quelques enveloppes danthrax
disséminées aux États-Unis lautomne
dernier ont pratiquement épuisé les réserves
de vaccins et en cas dattaque plus grave, le corps médical
aurait été démuni.
Lanthrax
utilisé par les militaires et les terroristes est une
forme spéciale de la maladie qui sinfiltre dans
lorganisme par les poumons. Lincubation des spores
se fait dans les cellules du système immunitaire elles-mêmes,
ce qui rend la maladie difficile à soigner. Le traitement
aux antibiotiques dure 60 jours et sil échoue,
la science na pas de solution de rechange. Le vaccin,
développé par Pasteur en 1881, comporte six
doses administrées sur 18 mois, puis des rappels annuels.
Il est impopulaire parce quil provoque des réactions
sans gravité, mais très incommodantes.
Rosemonde
Mandeville, qui a travaillé pour lInstitut Armand-Frappier
pendant 20 ans, préside aujourdhui Biophage Pharma,
une entreprise de recherche qui travaille notamment sur lanthrax
avec des fonds de la défense nationale. Ses travaux
portent sur les immunomodulateurs, des substances dérivées
de la levure et sans danger pour lhumain, qui peuvent
décupler le rendement du système immunitaire:
le taux de survie de souris inoculées à lanthrax,
normalement de 30% seulement, est passé à 85%
avec une seule dose administrée deux jours avant linfection.
Si limmunomodulateur est administré après
linfection, le taux de survie atteint de 80 à
90%.
La
prochaine conférence, Boire ou ne pas boire l'eau
du robinet? par le Dr Pierre Payment, se déroulera
le 29 octobre. La troisième et dernière, Quoi
faire maintenant dans la lutte contre le VIH? par le
Dr Mark Wainberg, aura lieu le 12 novembre 2002 en soirée.
Musée
Armand-Frappier
http://www.musee-afrappier.qc.ca
Philippe
Gauthier

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