|

Numéro
80, 6 novembre 2002
INITIATION
AU GÉNIE
Comment
transmettre le virus de la recherche et la passion pour l'ingénierie
aux élèves du secondaire? L'une des avenues
consiste à faire entrer le génie à l'école,
par le biais du programme scolaire. Avec ses trois périodes
de neuf jours, cette avenue a permis au programme ISPAJES
(Ingénierie simultanée présentée
aux jeunes du secondaire) de décrocher l'un des prix
Michael-Smith 2002.
Axé
sur la pratique, ce programme invite les étudiants
à concevoir un projet capable de répondre à
un besoin. "Le client peut être moi ou un de nos
partenaires. Les jeunes apprennent de manière active.
Pour apprendre à jouer du piano, cela prend un contact
avec l'instrument. C'est la même chose avec le génie",
compare Patrick Fernet, le directeur d'ISPAJES.
Ainsi,
le projet de l'an dernier demandait aux jeunes d'imaginer
une boîte musicale capable de jouer un morceau classique
avec trois instruments et d'une durée minimale de 10
secondes. Pour cela, les élèves avaient droit
à un litre d'eau, une pile, une charnière, une
réaction chimique sécuritaire... L'équipe
d'ISPAJES juge les mérites techniques du projet et
de son plan d'affaires, l'école donne la note.
Étalé
tout au long de l'année scolaire, le défi va
leur apprendre les joies du travail d'ingénieur (R
& D) mais aussi le travail en équipe, la confection
d'un plan d'affaires, la promotion, etc. "Ce sont des
compétences transversales importantes. Une manière
aussi d'ouvrir l'esprit des jeunes à toutes les professions
qui gravitent autour de la mise en marché d'un nouveau
produit", soutient Patrick Fernet.
CD-Rom,
livres, matériel, visites industrielles, visites d'ingénieurs
à l'école... L'école contribue 20% du
coût (1300$ par classe/année) et les partenaires
(Bombardier, Bell, etc.) assument le reste
Ce qui permet
à l'industrie de mettre un doigt dans l'éducation,
au risque de susciter quelques inquiétudes. "Ils
ont un regard sur les projets et participent à différents
niveaux, en donnant des conseils ou en visitant les classes",
décrit Patrick Fernet. ISPAJES noue également
d'étroites collaborations avec l'Ordre des ingénieurs
du Québec et l'Université de Sherbrooke.
L'organisme
sans but lucratif propose aussi des sessions d'introduction
au génie pour les plus jeunes (Éclairs de génie)
et de la formation pour les enseignants. "Le professeur
se sent souvent démuni. Il a peu l'habitude de s'attaquer
à de la résolution de problèmes d'entrepreneuriat".
L'année
dernière, dix écoles québécoises
ont participé à ISPAJES. Grâce à
la visibilité entraînée par le prix Michael-Smith,
le responsable espère doubler ce nombre l'an prochain.
Parmi
les autres lauréats Michael-Smith, qui récompense
chaque année des individus ou des organismes s'étant
distingués au Canada en diffusion de la science, on
remarque, toujours autour du métier d'ingénieur,
des professeurs du département de génie de l'université
Ryerson (Toronto) qui ont développé un outil
de découverte de leur discipline, Discover Engineering.
La coordonnatrice d'un des volets, Women in Engineering,
et professeur de génie Lisa Anderson, se dit elle aussi
heureuse du fait que "ce prix va nous aider à
promouvoir plus largement l'ensemble de nos programmes".
Entre
autres programmes, des camps d'été, des conférences
d'un jour sur les carrières et des visites de collèges
de la région de Toronto. L'organisme s'est lui aussi
associé étroitement à des partenaires
de l'industrie afin d'offrir le programme gratuitement aux
participants. Dans un futur proche, il visera les plus jeunes
"par une présence active à la conférence
des guides (la version fille des scouts) qui se déroule
en janvier 2003", signale Lisa Anderson. Les filles constituent
la préoccupation essentielle de l'équipe, mais
ce programme vise l'ensemble des étudiants. La contagion
avant tout!
La
liste complète des lauréats des prix Michael-Smith
2002:
http://www.nserc.ca/msmith/index_f.htm
Le
programme ISPAJES:
http://www.ispajes.qc.ca/
Discover
Engineering:
http://www.discoverengineering.ryerson.ca
Isabelle
Burgun

|