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Numéro
100, 17 septembre 2003
LE
DÉCLIN DE LA RELÈVE
"Il
n'y a qu'à lire les journaux. Beaucoup d'articles rapportent le manque
de main-d'oeuvre dans les domaines scientifiques. Le journal Les Affaires parlait
le 21 juin dernier de la pénurie qui sévit en plasturgie: un exemple
parmi tant d'autres", lance Pierre Choquette, le coordonnateur du programme
La science au quotidien, de la Faculté des sciences et de génie
de l'Université Laval. Et
cette situation va perdurer, selon le portrait prospectif de la relève
pour l'est et le centre du Québec -le bassin traditionnel de recrutement
de l'Université Laval- produit récemment par Pierre Choquette pour
la direction de sa Faculté. Dans ce document, on peut ainsi lire que 34
% des jeunes de la région de la Capitale Nationale délaissaient
les sciences et technologies en 2002 dans leur choix de programme au niveau collégial,
contre 10% en 1999. Il
y a d'abord le déclin démographique qui s'accentue dans les régions
(voir annexe 1 du document): moins d'enfants signifie moins d'inscription. De
la Mauricie à la Côte-Nord, la décroissance passerait de 25%
entre août 1998 et août 2007 à près de 37% en août
2017. Ce que ne vivra pas la région montréalaise. Mais
même chez les élèves qui possèdent un profil scientifique
élevé, on observerait une baisse. S'inspirant de l'étude
de Sylvie Rhéault sur le profil scientifique des jeunes au secondaire de
1997 à 2002, Pierre Choquette s'est intéressé aux inscriptions
au cégep des jeunes disposant d'un DES à profil scientifique élevé
: entre 9 et 15% de ces étudiants ont choisi un programme sans profil scientifique
entre 1997 et 1999. Après l'an 2000, ce sont de 30 à 40% d'entre
eux qui boudent les sciences (voir annexe 3). Ces
chiffres alarment le coordonnateur de La science au quotidien. "Les perspectives
sont, et de loin, catastrophiques. Le problème dépasse largement
le recrutement collégial et universitaire. Et l'université se doit
de prendre une place de leader dans son milieu et de faire activement la promotion
des sciences et de la technologie". En
place depuis trois ans, La science au quotidien veut contribuer à une meilleure
connaissance des jeunes quant aux carrières scientifiques. Alors que la
subvention triennale achève et que le coordonnateur pense à sa retraite,
Pierre Choquette s'inquiète de sa longévité. "Il faut
aller chercher de l'argent pour supporter le programme mais aussi placer à
sa tête une personne capable de poursuivre son développement. Ce
que ne pourra pas faire un étudiant à 10 heures/semaine". Habitué
à entendre que les jeunes démissionnent et que les sciences attirent
moins d'élèves, le coordonnateur pense qu'il est plus important
que jamais de valoriser les scientifiques auprès des jeunes. "Il y
a des effets directs. Depuis que le téléroman Virginie compte un
psychopédagogue, savez-vous que les inscriptions en psychopédagogie
ont connu un boom..." Le
programme La science au quotidien: http://www.science.fsg.ulaval.ca/
"Une
relève en science et technologie: Oui. Mais laquelle?", le document
de Pierre Choquette: http://sciencepourtous.qc.ca/references/documents_div9.htm

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