Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 85, 29 janvier 2003

EN BREF

VIVANTE CLASSIFICATION
Après le départ à la retraite des chercheurs en biologie, de nombreuses collections en sciences naturelles sont remisées dans des placards ou disparaissent. L’absence de musée d’histoire naturelle —bien que l’inauguration récente du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke permettra de remplir une partie du vide- fait disparaître un précieux patrimoine. Loin du regard du public, 85% des collections québécoises appartiendraient aux chercheurs ou à leur université. Il y aurait au moins 41 collections québécoises majeures, d’après la Société canadienne de zoologie et l’océanographe Pierre Brunel.

À lire "Sauvetage des collections en sciences naturelles" par Mathieu-Robert Sauvé dans le journal Forum du 20 janvier:
http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/article1917.htm

À consulter également, l’encyclopédie Le Règne animal, (ERPI, pour version française pour le Canada) qui présente, entre autres, près de 600 espèces d’Amérique du nord.
http://www.erpi.com/catalogue/livre_le_regne_animal_1801929.html

À découvrir enfin, le programme international All Species Foundation (http://www.all-species.org/ ) qui vise rien de moins que le recensement de l'ensemble du monde vivant d’ici 25 ans.


 

LA CHINE, 65 ANS PLUS TARD
Voyage impromptu dans une Chine confrontée aux cancers : usage de DDT en agriculture, 360 millions de fumeurs... Le cinéma ONF projetait récemment le dernier film du réalisateur Edgar Soldevilla, "Dans l’esprit de Norman Bethune ". L’intérêt de ce film reste la découverte du programme de soins initié par deux chirurgiens, le Québécois Jean Couture et le Chinois Liu Guojin, Cette collaboration qui prend place au First Teaching Hospital (à Changchun, nord-est de la Chine) est l’application sur le terrain d’un projet de l’Université Laval et de la faculté de médecine Norman-Bethune de l’Université de Jilin. Si le documentaire s’appesantit un peu trop sur la cohabitation de la médecine traditionnelle chinoise avec les technologies de pointe, il permet de prendre conscience —au-delà de la réalité chinoise- de l’importance du rapport médecin/patient. C’est la petite histoire d’un succès, celle de la création de l’Unité d’oncologie Bethune-Laval (BLOU).

À visionner, "Dans l’esprit de Norman Bethune " par Edgar Soldevilla (Cinéma libre) :
http://www.cinemalibre.com/php/filmdetail.php?IDFilm=905

À revoir aussi, "Bethune, héros de notre temps " du réalisateur Donald Brittain :
http://cmm.onf.ca/F/titleinfo/index.epl?id=682&sid=&recherche=&coll=

 

 

DES LAURIERS
Comme chaque année, l’émission radiophonique Les Années-Lumière désigne son scientifique le plus méritant. C’est au tour du physicien Louis Taillefer, professeur à l’Université de Sherbrooke et spécialiste des matériaux supraconducteurs, de coiffer la couronne de lauriers. Tandis que Michel Desjardins, professeur de pathologie et de biologie cellulaire de l’Université de Montréal, se trouve lui sacré Scientifique de l'année par le quotidien La Presse. Une nomination donne ainsi de la visibilité à un domaine peu connu, la protéomique: discipline d’avenir qui attire des investissements considérables, elle se penche sur les grands ensembles de protéines et de leurs relations.

Le "Scientifique de l'année de Radio-Canada 2002" :
http://radio-canada.ca/radio/lumiere/index.html#1-26

Et aussi, " Le 21e siècle sera protéomique", par Daniel Baril dans la revue Forum: http://www.forum.umontreal.ca/numeros/2000_2001/forum_01_03_19/article01.html

 

 

TÉLESCIENCE : PRISE DEUX
La Toile scientifique vous le signalait il y a trois mois (http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/80/bref.html#1), l’INRS a multiplié en 2002 les rencontres avec le ministère de la Culture et des Communications. Le directeur de l’Institut, Pierre Lapointe, est devenu le nouveau président du conseil d’administration de Télescience. Et l’événement annuel voué aux documentaires scientifiques à la télévision possède maintenant une directrice: Lise Barette, personnalité connue dans le milieu de la culture scientifique, passera en effet du giron du ministère de la Culture et des Communications du Québec à la direction de l’événement qui, si tout va bien -croisons les doigts- devrait revenir cet automne !

 

 

LA BANDE DES CHIMISTES
"Je suis frustré par les universitaires qui rejettent l’idée d’écrire pour le grand public, qui disent : "Vous n’avez pas besoin de savoir ça " ou "Vous ne comprendrez pas ça ". Ils sont payés par ces gens, et c’est notre notre responsabilité de les aider à comprendre ", affirme le chimiste Joe Schwarcz. Parler avec le public, c'est ce qu'il fait volontiers, lui: émission de radio à CJAD, une chronique dans les pages de The Gazette, différentes apparitions sur Discovery Channel (dont une chronique sur la chimie des aliments intitulée Science to Go ) et trois livres (dont le récent That's the Way the Cookie Crumbles, ECW Press, novembre 2002). Entre la radio, l’écrit et la télévision, Joe Schwarcz s’avère, parmi la bande des chimistes vulgarisateurs de l'Université McGill, le visage scientifique le plus reconnaissable des médias anglophones -tandis qu'Ariel Fenster est "la" vedette du côté francophone. David Harpp complète cet inégalable trio de vulgarisateurs du Bureau pour la chimie et la société (Office for Chemistry and Society).

À lire, "Clearing the Smoke : Straight talk about every day science " dans le journal des étudiants de l’université McGill, le McGill News :
http://www.mcgill.ca/news/schwarcz/

 

 

TRIOMPHER DES COMMUNICATIONS
Pour dégeler les discours scientifiques froids et coincés, il ne faut surtout pas suivre le format IMRAD (Introduction, méthode, résultat, analyse et discussion). Celui qui l’affirme s'appelle Scott L. Montgomery, et il enseigne la communication scientifique à l’université de Chicago. Il réunit tous ses conseils destinés aux scientifiques avides de communication (pas de phrases redondantes, soignez votre style, etc.) dans un ouvrage récent.

The Chicago Guide to Communicating Science, par Scott L. Montgomery, University of Chicago :
http://www.press.uchicago.edu/cgi-bin/hfs.cgi/00/15390.ctl

 

 

TERREAU DE CRÉATIVITÉ
La créativité pourrait bien être le terreau commun des scientifiques et des artistes. Du moins, le physicien Alan Lightman le pense. "Cette sensation particulière, l’une des plus profondes et belles des expériences humaines, fournit les bases d’une puissante compréhension entre les artistes et les chercheurs", écrit-il dans un bel article publié par le New Scientist. Le professeur adjoint du département des Humanités au Massachusetts Institute of Technology est à la fois auteur ("Einstein’s Dreams", "Good Benito" et "Reunion") et membre de l’American Physical Society. Et la recherche en laboratoire peut être aussi créative que la littérature, maintient-il.

À lire, "The art of science" par Alan Lightman dans le New Scientist (accès réservé aux abonnés):
http://archive.newscientist.com/secure/article/article.jsp?rp=1&id=mg17623747.000

Et la page d’Alan Lightman
http://web.mit.edu/humanistic/www/faculty/lightman.html

 

LE LIVRE DU NON-SENS
"Si la plupart d’entre nous n’utilisons que 10% de notre cerveau, comme il est souvent affirmé, pourquoi n’a-t-on jamais entendu un médecin dire à son patient : la balle a détruit 90% de votre cerveau qu’il n’utilise pas. Nous sommes chanceux, revenez me voir demain matin... ", ironise Christopher Wanjek dans son ouvrage "Bad Medicine" (Wiley). Il y dénonce les pseudo explications des gourous et adeptes du paranormal. Sans compromis, il présente des mythes médicaux, anciens ou du Nouvel Âge, mais aussi certaines thérapies alternatives qui se basent plus sur les croyances que sur de la science.

À lire, Bad Medicine par Christopher Wanjek, éditions Wiley :
http://www.wiley.com/cda/product/0,,047143499X%7Cdesc%7C4670,00.html

Et, un article dans The Guardian :
http://www.guardian.co.uk/medicine/story/0,11381,847758,00.html

 

LA FIN DU MONDE DE DEMAIN
Les amateurs de la BBC le savent bien, c’est l’une des plus vieilles émissions scientifiques de Grande-Bretagne, sinon du monde. Après 38 ans d’antenne, Tomorrow's World disparaît. Une fin annoncée: son auditoire avait chuté de plus du tiers, passant de 10 millions de téléspectateurs à trois millions par semaine. Le nom de l’émission persistera malgré tout, coiffant de nouveaux programmes scientifiques aux différents formats (direct, fin de semaine, etc). L’équipe de production envisage aussi de lancer une série-réalité qui prendrait place dans les urgences d’un hôpital.

À lire, "Tomorrow's World axed after 38 years " :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/2625699.stm

Le site de Tomorrow's World
http://www.bbc.co.uk/science/tw/

 


Ce numéro a été réalisé par la journaliste Isabelle Burgun