Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 87, 26 février 2003

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES AU COMPTOIR
Un Bar des sciences, c’est surtout l’occasion pour les participants d’affirmer leur désarroi et demander des explications à des spécialistes. Québec en a accueilli un le 13 février, le lendemain de celui de Montréal, sur le thème du réchauffement climatique. Cette soirée, organisée par le magazine Québec Science, s’inspire des cafés philosophiques et scientifiques lancés en France il y a quelques années.

Présenté plus régulièrement à Montréal qu’à Québec, l’événement tente de faire le point sur des sujets d’intérêt public comme le développement durable, les OGM ou l’astronomie. Il y a déjà eu quatre rencontres cette année.

Le micro passe de table en table. Les participants posent les questions qui leur trottent dans la tête. D’emblée, tous se mettent d’accord sur le fait qu’il y a bien un réchauffement de la planète. Rapidement, l’accord de Kyoto devient un sujet inévitable. Quelles seront les incidences de Kyoto, et du réchauffement, sur les pays en voie de développement? "Les coupables ne seront malheureusement pas les premières victimes", rappelle Claude Villeneuve.

Les jeunes de l’assistance se questionnent sur la validité des petites actions quotidiennes. Religieusement écouté, Claude Villeneuve, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi et auteur d’un livre sur les changements climatiques, souligne l’importance des efforts individuels. Et l’indissociable nécessité de développer des solutions collectives pour parvenir à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), eux qui seraient en grande partie responsables du réchauffement.

L’auditoire s’est aussi intéressé aux aspects techniques du réchauffement climatique, allant des GES les plus dommageables aux différentes hypothèses d’explication du réchauffement. Robert Kandel, chercheur français en climatologie, a ainsi expliqué pourquoi les variations de l’activité solaire ne peuvent pas, selon nos connaissances actuelles, provoquer un réchauffement. Interpellé par un autre participant, le scientifique a également abordé la paléoclimatologie, expliquant comment les neiges éternelles peuvent nous informer sur le climat de la Terre au cours des siècles passés. Devant les réponses, parfois techniques, certains participants se sont plaints que la soirée versait plus dans le scientifique que dans le politique.

Moins sollicités, Nathalie Barette, professeure de climatologie à l’Université Laval et Robert-Noël de Tilly, secrétaire général du Bureau sur les changements climatiques au ministère de l’Environnement du Québec, se sont penchés sur les effets locaux du réchauffement. Et le second a défendu à quelques reprises les politiques de son gouvernement face aux interrogations de jeunes universitaires.

Une certaine lenteur du public à participer? "Peut-être une conséquence de la température extrêmement froide qui règne à l’extérieur", a plaisanté Yannick Villedieu, l’animateur de la soirée. Prévu pour la mi-avril, le prochain Bar des sciences portera sur les peurs alimentaires.

 

L’émission radiophonique " Les années lumières " du 16 février a retransmis une partie des échanges: http://radio-canada.ca/radio/lumiere/

Voir aussi, le site Vivre les changements climatiques. L’effet de serre expliqué, issu du livre de Claude Villeneuve et François Richard:
http://www.changements-climatiques.qc.ca/

 

François D'Allaire