Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 87, 26 février 2003

EN BREF

POUDRE DE PERLIMPINPIN
Le bleu vous assure l’amour, le pourpre vous donne de l’énergie et le blanc vous assure la paix; et cela pour aussi peu que 1,99$ ! Ces "bracelets de fortune" vous attendent en bonne place sur le comptoir de la boutique... du Centre des sciences de Montréal. Et vous y trouverez également de la poudre magique pour votre collier (12,99$), des bagues bonheur (2,99$), des bracelets d’humeur (4,99$) ou encore des colliers aux signes astrologiques sertis de minéraux dont les "pouvoirs" aident à la concentration (fluorite), favorisent la démarche spirituelle (onyx) ou augmentent la résistance au stress (hématite). Vous avez dit science ?


 

BACTÉRIES, GERMES ET CIE
Cela ressemble à des asticots géants reposant sur un lit translucide de la couleur de la bile. Au bout des doigts —l’aspect ne nous pousse pas à vouloir le saisir à pleine main !-, c’est collant et visqueux. Ces germes en gelée (ou gigotant, "Jiggle Germs") ne sont que l’un des produits surprenants de l’entreprise américaine Club Earth. On connaissait déjà les petites grenouilles amazoniennes aux couleurs vives (bleue, par exemple, comme la venimeuse Dendrobate azureus dont les autochtones tirent le poison de leurs flèches) et les insectes réalistes. C’est le moment de découvrir poumons, estomacs et autres viscères. L’emballage donne un peu de vulgarisation sur tous ces organes et invite les enfants à les lancer (!) sur toutes les surfaces non-absorbantes (miroir, lino, vitres, etc.).

À découvrir, la collection de Club Earth (à venir):
http://www.clubearth.com

 

 

LA SCIENCE AUX CITOYENS
À noter sur vos agendas, le prochain colloque de Science Pour Tous, Pour une science citoyenne, se tiendra les 2 et 3 mai à l’Université de Sherbrooke (programme à venir sur le site de SPT et de l’université: http://www.USherbrooke.ca). Changements climatiques, OGM, clonage, santé sont des sujets qui font les grands titres, des sujets de première page qui interpellent chaque individu. La science est partout, sur toutes les lèvres, dans bien des préoccupations. Pour que la science soit au niveau des citoyennes et citoyens, elle doit être accessible à la majorité. Vous êtes donc conviés à participer aux ateliers portant sur le développement durable, la mise en valeur, l’approche régionale et sectorielle et les nouveaux partenariats. De quoi stimuler la curiosité !

Pour tous renseignements : (514) 252-7456 ou sciencepourtous@sympatico.ca

 

 

ESPRITS SCIENTIFIQUES
À l’heure où l’Internet et les technologies de l’information prennent de plus en plus de place, quel est l’avenir de l’apprentissage ? Celui-ci sera peut-être plus ludique que l’on pense. "Un réseau de chercheurs interdisciplinaires à travers le Canada étudie l’emploi de jeux et de simulations dans l’apprentissage à distance... La technologie des jeux est à la fois très puissante et peu chère et devrait pouvoir s’appliquer à l’apprentissage" relève le Pr Tom Calvert de l’université Fraser et président de Credo Interactive. L’ingénieur rappelle toutefois que "les outils techniques ne sont que des facilitateurs" dans son essai intitulé "Du courrier électronique à la réalité virtuelle : le rôle de la technologie dans l’apprentissage ", que l’on découvre sur le site de la Fondation canadienne pour l’innovation. Une nouvelle rubrique, Inno’v@-tion2, propose d'ailleurs huit textes de chercheurs canadiens actifs dans les domaines de la physique, de la technologie laser, de l’apprentissage virtuel ou de l’évolution moléculaire. Sean Caulfield, Francis Hartman, Catherine Richards, Michael J. Murphy et d’autres vulgarisent ainsi leurs connaissances. Et un recueil de 25 essais est même disponible sur commande.

À consulter en ligne (ou en livre) les essais d’inno’v@-tion2 :
http://www.innovation.ca

 

 

LES SCIENTIFIQUES ET LA GUERRE
Tout autour de la planète, les manifestations contre la guerre en Irak ont rassemblé des millions de personnes. Pourtant, peu de scientifiques ont pris la parole en faveur de la paix. Il existe encore bien peu d’organismes comme Scientists Against the War, Archeaologists Against the War ou encore Physicians for Social Responsibility. Bien sûr, la Fédération des infirmières du Québec héberge le site de la coalition Échec à la guerre, et le quotidien Le Devoir publiait la semaine dernière une lettre d’intellectuels où on pouvait apercevoir quelques acronymes universitaires. Et même si 42 Nobel de science ont signé une pétition en faveur de la paix, la plupart des scientifiques, d’ici comme d'ailleurs, se font encore discrets. Sauf, peut-être, le professeur Scientifix qui a adressé une lettre au premier ministre !

À lire, "Irak : les scientifiques doivent-ils se prononcer ?" sur le site de l’Agence Science-Presse :
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man170203.html

Voir aussi la lettre du Pr Scientifix :
http://www.lesdebrouillards.qc.ca/AfficheTexte/Journal.asp?DevID=1563

 

 

SUR LES TRACES DE MARIE-VICTORIN
Du préjugé tenace qui affirmait que "l’esprit latin éloigne les francophones de toutes compétences relatives aux sciences et au commerce" en passant par la période de la grande noirceur, les scientifiques avaient du mal à intéresser leurs compatriotes aux sciences. Ainsi, Marie-Victorin regrettait "l’absence d’un corps imposant de biologistes capables de former l’opinion publique toujours passive". L’organisation structurée de l’enseignement des sciences au Canada français remonterait au début des années ’20 et l’ACFAS —fondée en 1923- a organisé son premier congrès en 1933... l’époque des pionniers !

À lire, "La recherche à l’UdeM au temps de la "grande noirceur" par Diane Baillargeon et Denis Plante dans Forum du 17 février :
http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2002-2003/030217/article2082.htm

 

 

LA VIE D’ÉCOLOGISTE
Tâter de la coopération, avoir une expérience de travail à l’étranger, améliorer la maîtrise d’une langue, découvrir le développement durable par le terrain... voilà quelques raisons qui poussent les étudiants de l’Université de Sherbrooke à s’embarquer dans l’aventure internationale. Et cela grâce à Écologie sans frontières, une association fondée par Colette Ansseau. Cette fois, cette professeure du département de biologie vient d’envoyer huit jeunes écologistes au soleil, pour un projet sur la "Préservation et l’utilisation de l’écosystème de la province d’Entre Rios", en Argentine. Au mois de mai, ce sera le tour d’une douzaine d’autres de s’envoler pour le Brésil. Depuis sa création en 1996, cette association a permis à 36 jeunes écologistes de s’initier à la coopération internationale.

À lire "Argentine 2003 : le début d’une grande aventure" par Audrée Montpetit pour le journal Liaison du 6 février :
http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol37/12/liens/argenti.htm

 

 

CLON’ART
Vous vous s ouvenez d’Alba ? C'est le lapin transgénique de couleur vert phosphorescent créé par l’artiste brésilien Eduardo Kac. Actuellement en tournée américaine, l’exposition Gene(sis) révèle les dessous de l’"art transgénique" initiant les visiteurs aux manipulations génétiques par des sculptures, des créations visuelles et des performances. La génétique peut-elle servir d’outil artistique ? Cet usage s’avère, en tout cas, un terrain fertile aux débats et à la sensibilisation à la science et à la technologie. Avec une once de talent...

À lire, "Art transgénique" par Nicolas Ritoux dans le quotidien La Presse du 21 février :
http://www.cyberpresse.ca/sciences/article/1,152,326,022003,205900.shtml

Lire aussi L’art transgénique d’Eduardo Kac
http://www.ekac.org/popperartpress.html

À découvrir, l’exposition Gene(sis) :
http://www.gene-sis.net/home.html

Voir aussi Photographies d'Anne Esperet. Une démarche plastique inspirée de la révolution biotechnologique et de ses enjeux.
http://anne.esperet.free.fr/

 

 


Ce numéro a été réalisé par la journaliste Isabelle Burgun