Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 88, 12 mars 2003

 

LA MUE DE LA TOILE DES INSECTES
Saviez-vous que l’on rencense de 25 000 à 30 000 espèces d'insectes au Québec? Et c’est sans compter les cloportes et autres araignées. Si la plupart s’attrapent facilement avec la main, il faut user de quelques trucs pour en capturer d'autres. L'un de ces trucs est de puiser des informations sur la Toile des insectes. Cette adresse internet, en plus de piquer la curiosité, s’avère l’une des rares ressources en français. Lancé il y a deux ans, ce site d’entomologie grand public fait non seulement peau neuve, il réintègre aussi les pages web de l’Insectarium.

"Personne ne pourra plus se tromper, l’adresse sera dorénavant la même. La Toile des insectes devient une section du site de l’Insectarium", dit André Payette, entomologiste et responsable du site internet. Et l’un des membres fondateurs avec Marjolaine Giroux, Monique Laforge et Sylvie Tousignant.

La principale nouveauté est le lancement de la section activités pédagogiques : coloriage, insecte mystère, bricolage, etc. Destinée aux jeunes, cette section lève le voile sur de piquantes questions comme le fonctionnement d’une toile d’araignée ou l’accouplement des libellules. Une sous-section montre un "ramollissoir" (contenant hermétique qui permet de ramollir les insectes, mais oui !) ou apprend à piquer correctement les différents spécimens de sa collection. Ainsi, saviez-vous que pour les Hyménoptères (abeilles, bourdons, etc.) et les Diptères (mouches), on enfonce l’épingle sur le thorax entre les ailes, légèrement à droite? Cela, afin de ne pas détruire les structures centrales utiles à l’identification.

Si on peut retracer l'origine d'une partie du contenu (comme le Carnet entomologiste de l’Entomoguide de l’Insectarium ou de la documentation de la Corporation entomofaune du Québec), cette nouvelle rubrique renferme des expériences inédites. "Nous ne sommes évidemment pas partis de zéro. Nous avons regardé ce qui se fait ailleurs, sur des sites américains ou autres. Mais il s’agit d’insectes locaux, du Québec, pour que le public puisse avoir la chance de les rencontrer et de découvrir leurs habitats ", précise André Payette.

Ainsi, la section portant sur les différents insectes ("fiches insectes") s’est bonifiée de 25 nouveaux coléoptères et autres arthropodes. Nom, cycle de vie, habitat, alimentation, comportements particuliers et les questions les plus fréquentes ; 14 rubriques décortiquent les habitudes du charançon ou de l’abeille.

Photos, vidéos et même sons d’insectes, ce site s’affiche plus multimédia qu’auparavant. Les extraits vidéos proviennent de Bijoux volants : le monde fascinant des papillons (Production Hors Piste) et de la série réalisée par Robert Lacerte. Côté stridulation, la source est le Guide sonore et visuel des insectes chanteurs du Québec et de l'est de l'Amérique du Nord (Broquet), un CD-livre réalisé par Georges Pelletier.

Pour la réalisation de cette seconde phase, l’équipe du site a fait appel à l’expertise d’une entreprise spécialisée dans le web, la société lab)idéeclic!. Son défi était d’insérer plus d’animations tout en assurant que la mise à jour demeure facile. Le site repose désormais sur une base de données. "C’est plus simple que s’il s’agissait de pages HTML et cela permet à des personnes différentes d’y contribuer", relève le responsable. Comme bien d'autres, André Payette s’est formé "sur le tas" à internet, mais il était néanmoins un familier des bases de données et des recherches d'informations pour le public. "C’est un outil qui nous facilite la vie. Au lieu de répondre à chaque demande d’identification, une après l’autre, nous mettons nos connaissances en ligne. Ce sont les insectes les plus courants qui sont privilégiés".

La mue n’est pas finie. Avec le rapatriement du site au sein de l’adresse générale de l’Insectarium, un réaménagement sera nécessaire. "Cet été, il faudra arranger certaines pages du site général, rajeunir certaines sections et regrouper certains thèmes. C’est sûr, nous aimerions avoir une personne à temps plein et un budget dévoué à cela", soupire André Payette. Des pourparlers sont d’ailleurs en cours à ce sujet. Car comme bien des organismes de culture scientifique, la gestion du site s’opère le plus souvent par à-coups, lorsqu’il y a une nouvelle exposition ou du contenu à archiver, faute de pouvoir assurer un suivi régulier. Du butinage dont le résultat reste néanmoins précieux.

La Toile des insectes du Québec: http://www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile/index.htm

 

Isabelle Burgun