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Numéro
91, 30 avril 2003 LES
ORGANES DE L'ARAIGNÉE Les araignées vous font peur? Il n'y a pas de quoi.
Sous leur ingrate morphologie, seulement une douzaine d'espèces sont dangereuses
… sur les 37 776 arpentant notre planète. Et aucune ne vit vraiment au Québec.
" Les
rares spécimens dangereux du Québec proviennent d'une introduction accidentelle.
Les veuves noires et les mygales voyagent dans des cagettes de fruits tropicaux",
explique Nadine Dupérré, co-auteure du Guide d'identification des araignées du
Québec (édition de l'Association des entomologistes amateurs du Québec), lancé
samedi dernier à l'Insectarium."
Un guide de 250 pages qui recense les
620 espèces d'araignées de la province; soit la moitié des espèces canadiennes.
Après six ans de récolte et deux ans de travail, les auteurs présentent les 30
familles du Québec -taxonomie, histoire naturelle, comportement et répartition
géographique- en donnant des clés pour identifier chaque espèce. Cette bible des
arachnophiles comprend également une section sur la morphologie, les techniques
de récolte et de mise en collection. Le tout avec plus de 2700 illustrations originales!
Voilà quatre ans, Nadine Dupérré et l'étudiant au doctorat Pierre Paquin,
devaient recenser des coléoptères en Abitibi (Duparquet). Les deux biologistes
accumulent alors dans leurs pièges-fosses (bocaux remplis d'éthylène glycol) de
nombreuses araignées. "C'est sous le microscope qu'est né mon intérêt pour elles.
J'ai toujours aimé les bibittes! En les collectionnant, je me suis vite rendu
compte combien il est difficile de les identifier ". Nadine Dupérré est aujourd'hui
technicienne en arachnologie.
L'auteur des textes, Pierre Paquin, rêvait
quant à lui d'un outil destiné aux arachnologues, amateurs et professionnels,
mais qui intéresserait aussi le grand public. "Les araignées sont de formidables
indices de la préservation et de l'évolution d'un écosystème. Leur diminution
permet de prendre le pouls d'un environnement affecté par la pollution ou l'industrialisation."
Pierre Paquin collabore actuellement avec l'Américain Marshal Hedin pour recenser
les spécimens cavernicoles du Texas.
Travailleuse autonome, Nadine Dupérré
collabore à de nombreuses publications spécialisées, tel le Journal of Arachnology
(http://www.americanarachnology.org/JOA_online.html).
Elle exécute également des contrats d'identification pour Agriculture Canada.
Elle travaille actuellement à identifier des spécimens du Yukon dans le cadre
d'un projet de protection de l'environnement.
Il faut dire que les techniciens
en arachnologie se comptent sur les doigts d'une seule main au Canada. Et encore
plus rares sont ceux qui possèdent des talents d'illustrateur. "Ce ne sont pas
tous les chercheurs qui sont capables de dessiner correctement leurs spécimens.
Alors comment illustrer ses travaux de recherche ou partager ses connaissances
avec ses confrères?", souligne Pierre Paquin. Les
2700 illustrations du livre? En noir et blanc, svp! "La couleur, c'est joli mais
ça n'aide pas vraiment pour l'identification. On note de grandes variations dans
la coloration et la taille au sein de la même espèce", affirme la technicienne
en arachnologie. C'est par les parties génitales (le palpe du mâle et l'épigyne
de la femelle) que l'on parvient vraiment à les différencier.
Des
dessins qui ne sont pas sans rappeler le détail des photographies des Mondes invisibles
de France Bourély (voir
http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2003/88/bref.html#9). Lorsque la
nature surprend l'oeil par la beauté de sa précision.
Guide d'identification
des araignées du Québec, sur le site web de l'Association des entomologistes amateurs
du Québec (AEAQ): http://aeaq.ca/suppl/11/suppl11.htm
L'AEAQ
(Association des entomologistes amateurs du Québec): http://www.aeaq.ca/
The American Arachnological Society: http://www.americanarachnology.org/
The Canadian archnologist: http://members.tripod.com/davidshorthouse/arachnologist/arachnologist.html
Isabelle
Burgun 
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