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Numéro
92, 14 mai 2003 EN
BREF NOUVEAUX
PARTENARIATS
Il
y a les vieux, comme la collaboration de l'Agence Science
Presse et des Débrouillards: échanges de textes,
recherche et même soutien pour postuler à certaines
subventions. Les plus récents partenariats s'inscrivent
plutôt dans des secteurs moins traditionnels, tel le
Centre de démonstration en sciences physiques et Hydro-Québec.
"Les organismes de culture scientifique, nous sommes
des quêteux professionnels, plaisante Robert Plamondon,
le directeur du Centre. Ce n'est pas de l'argent, ce sont
des outils que l'on vient chercher à Hydro-Québec.
Notre partenariat nous permet d'avoir accès à
du matériel qui serait hors de notre portée
: lampe de phare vieille de cent ans, ancêtre du laser..."
La collaboration nourrit des projets, comme la future exposition
sur le son avec le Musée de la civilisation de Québec.
Le
Centre de démonstration en sciences physiques:
http://www.cdsp.qc.ca
NOUVEAUX
TERRITOIRES
En
attendant un Festival des sciences où une Année
de la science, la culture scientifique peut-elle germer dans
des terrains moins traditionnels ? Invité à
l'atelier "Investir de nouveaux territoires", du
colloque Science pour tous, Michel Labrecque est venu présenter
le festival Montréal en Lumière. Le directeur
de cet événement pense en effet qu'il est possible
d'insuffler de la science dans un festival. N'importe lequel
ou presque! "Il faut construire une histoire autour d'un
élément de la programmation. Apprendre à
faire l'analyse d'un événement en fonction de
son propre point de vue, ne pas hésiter à se
vendre et même embaucher une personne pour la recherche
d'idées originales", affirme Michel Labrecque.
Montréal en Lumière accueille déjà
des oeuvres technologiques. Il sera l'hôte d'une conférence
de municipalités préoccupées d'éclairage
urbain (mise en valeur du patrimoine, technologie, environnement)
qui comportera même un volet gastronomie. Où
la lumière pimente la cuisine, la science ne peut-elle
pas briller?
Le
festival Montréal en Lumière:
http://www.montrealenlumiere.com/
EN
MARGE DE L'ÉCOLE
Le
ministère de la Culture et des communications lance
un nouveau programme destiné à valoriser le parascolaire,
Ca bouge après l'école. Ce programme
triennal doté de 89 millions $ veut favoriser des partenariats
entre les organismes et les écoles. Si la première
année fera essentiellement bouger les jeunes par le
sport, les deux suivantes ouvriront leur palette aux arts
et aux activités de culture scientifique. De quoi en
intéresser plus d'un, quand on se rappelle que les
activités parascolaires assurent la survie de bon nombre
d'établissements de culture scientifique et de musées:
certains ont souffert du dernier boycott des enseignants (http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/63/article2.html).
Date de soumission des projets: le 19 mars 2004. Le ministère
sondera aussi les jeunes du secondaire pour connaître
leurs goûts en matière de parascolaire.
Programme
Ca bouge après l'école:
http://www.meq.gouv.qc.ca/lancement/bouge/
D'ART,
DE SCIENCE ET DE CULTURE
Une
image d'Epinal colle aux scientifiques, à l'opposé
de celle dont on affuble l'écrivain. Et pourtant, ils
ne sont pas si éloignés l'un de l'autre. D'abord,
la science n'est pas toujours sérieuse: "des
niaiseries se produisent dans le domaine des sciences, il
n'y a qu'à suivre les IG Nobels pour s'en convaincre",
rappelle Jean-François Chassay, écrivain et
professeur de littérature de l'UQAM. Ensuite, la littérature
et les hypothèses scientifiques exploitent toutes deux
l'imaginaire. "La culture est ce pourquoi on peut s'engueuler",
lance-t-il, en ajoutant que la culture n'a plus de sens si
on exclut la part des sciences.
A
lire: "Imaginer la science" de Jean-François
Chassay (LIBER):
http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2003/89/article4.html Et
"La science des écrivains" (SPST): http://www.spst.org/chassay/index.html
AUTOUR
DU DR CRETE
"Ca
ne se peut pas. C'est pas scientifique !"», s'exclame
Carolyne Perron, de Futur simple, l'émission
de science de CKRL, la radio communautaire de Québec
(89,1 FM). La projection du film Les laboratoires du Dr
Crête a déconcerté la jeune journaliste.
Entre incrédulité et surprise, Carolyne a partagé
les émotions de la trentaine de spectateurs réunis
au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke,
au terme de la première journée du colloque
de Science pour tous. Cette projection a suscité de
nombreux commentaires enthousiastes. "J'ai marché",
avoue Danielle Ouellet, la rédactrice en chef de Découvrir.
Alors qu'elle se qualifie de "bon public", une petite
chose lui a tout de même mis la puce à l'oreille
: "Lorsque Stéphane Crête a annoncé
qu'il accorde une place au mensonge dans ses expériences.
C'est impossible de vérifier ça! Que ceux qui
ont manqué cette projection se consolent, il est fort
probable que le documentaire se retrouve au prochain festival
Téléscience. A suivre...
A
propos du film "Les laboratoires du Dr Crête":
http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2003/91/article4.html
LES
CHAMBRES DE L'INFINIMENT PETIT
"Il
va falloir vous changer." Cette petite phrase anodine
annonçait un exercice de métamorphose. Pour
pénétrer dans les salles blanches du Groupe
de microélectronique de l'Université de Sherbrooke,
il est nécessaire de s'enfiler un filet sur les cheveux,
des chaussons aux pieds, une combinaison à glissière,
un casque souple muni d'un filet, des lunettes de protection,
des gants et des bottes. C'est ainsi que les quatre participants
ont pu se glisser dans la peau de chercheurs oeuvrant dans
les secteurs contrôlés de la microélectronique,
la nanoélectronique et l'optoélectronique. Après
avoir piétiné -avec un amusement à peine
retenu- le tapis destiné à absorber les poussières,
les curieux ont suivi le Pr Jacques Beauvais sur son lieu
de travail où ils ont découvert différents
équipements: microscopes optique
et électronique à balayage, fours de croissance
d'oxyde, lithographie par faisceau d'électrons, etc.
Une heure après et deux kilos
de tissu de moins, subsiste la joie d'avoir pu observer -sur
l'écran d'un ordinateur- un circuit de quelques nanomètres.
On retrouvera le même vertige en feuilletant les pages du
bel ouvrage consacré à l'infiniment petit, Au-delà du visible, de l'atome à
l'infini (Phaidon). Pour réviser notre perspective
humaine des choses!
A
découvrir, le Groupe de Microélectronique de
l'Université de Sherbrooke:
http://www.gel.usherb.ca/gms/
Au-delà
du visible, de l'atome à l'infini (éditions
Phaidon)
http://www.phaidon.com/
L'émission
scientifique de Radio-Canada, Découverte, se
penchait également dimanche dernier sur la nanotechnologie
:
http://radio-canada.ca/actualite/decouverte/emission_sem.html#nano
PONTS
DE POPSICLE
Installés
dans l'escalier, ils arrachent hâtivement des bâtons
de popsicle de leur frêle pont de bois. Trop lourd pour
la balance du jury! Ces deux jeunes élèves du
secondaire participaient au concours Génie civilisé
qui se tenait le 3 mai à la Faculté de génie
de l’université Sherbrooke. L'objectif était
de réaliser un pont le plus léger possible...
capable de supporter la plus lourde charge possible. Les 25
équipes, provenant des collèges et des écoles
secondaires de tout le Québec, s'affrontaient pour
remporter quelques centaines de dollars et surtout, immortaliser
leur construction. Sur le modèle du concours universitaire
(http://www.ctn.etsmtl.ca/pontpop/)
cette épreuve vise à développer la curiosité
pour le génie civil. Et à relever un stimulant
défi : combattre les lois de la physique armés
de quelques bâtons de popsicle, des cure-dents, de la
soie dentaire et de la colle à bois !
http://www.gci.usherbrooke.ca/concours/
EPPUR',
SI MUOVE !
"Et pourtant elle tourne !" , la célèbre exclamation de Galilée
coiffe l'émission scientifique de la radio communautaire
de l'Estrie, CFLX que l'on peut écouter localement
au 95,5 FM. Réalisée et animée par Eric
Lachance et Sylvain Gagnon, cette émission hebdomadaire
de deux heures -mercredi de 18 à 20 heures- ouvre son
micro aux sciences pures comme aux sciences humaines. Avec
une inclinaison pour les découvertes et autres inventions
régionales. "Il y a une ébullition scientifique
à Sherbrooke. Université, centres de recherche,
entreprises de pointe, musées ; tout cela contribue
à une environnement stimulant bien peu couvert par
les autres médias", s'xclame Eric Lachance. Ce
médecin de 35 ans entretient ainsi sa curiosité
pour le journalisme et la vulgarisation. En plus du rédacteur
scientifique Sylvain Gagnon figurent aussi une poignée
de chroniqueurs (astronomie, ornithologie, horticulture, environnement,
etc.). Cette émission bénévole tient
l'antenne depuis 1987. Entrevues, chroniques et des capsules
d'actualités -librement adaptées des brèves
de Québec Science ou de l'Agence Science Presse- l'émission
accueille aussi une chronique sceptique avec la participation
régulière de Daniel Coulombe. Il y a déjà
plus de 20 ans que CFLX naissait d'une initiative de l'Association
générale des étudiants en génie
et de l'Association générale des étudiants
en sciences de l'Université de Sherbrooke.
La
Radio communautaire de l'Estrie CFLX : http://www.cflx.qc.ca
DES
PAGES DE FLEURS
Les
sentiers du marais de la rivière aux Cerises recèlent
des trésors pour ceux qui savent regarder. Tels Pierre
et Lise Daigle, des naturalistes amateurs passionnés
de Magog. Ils viennent de publier Les fleurs sauvages du
Québec (éditions Le Broquet). Les deux tomes
répertorient plus de 600 espèces de fleurs.
L'un dévoué au printemps/été et
l'autre à l'été/automne, ces guides d'identification
étalent une centaine d'illustrations couleur accompagnées
de leurs désignations latines et d'une courte description
des spécimens photographiés. Résultat
de dix ans de promenades dans les fossés et les marécages,
ces ouvrages emprisonnent une beauté éphémère.
"Les fleurs n'attendent pas après nous, il faut
parfois retourner plusieurs fois au même endroit parce
qu'elles n'ont pas commencé à éclore",
confiait Lise Daigle au journaliste Olivier Bouffard de La
Tribune.
"Les
fleurs sauvages du Québec" : http://www.broquet.qc.ca/nature1.html
AU
DIAPASON
Promotion
de l'éducation et de la recherche en génie,
l'Association des diplômés en ingénierie
de l'université de Sherbrooke (ADIUS) rayonne même
en dehors des frontières du Québec. En effet,
l'association a participé au financement de la construction
d'une salle polyvalente par des étudiants de la faculté
en Haïti. Pour favoriser les échanges entre ses
finissants, l'association possède aussi un journal,
Le Diapason. C'est là qu'on peut y lire les
informations récentes sur les projets développés
par les jeunes ingénieurs, tel "Ingénierie
sans frontière".
À
consulter, le site de l'ADIUS:
https://www.adius.qc.ca/ Et
celui de Ingénierie sans frontière: http://www.isf.usherbrooke.ca
AVEC
UN CAFÉ
À
deux pas de la machine à café, le présentoir
affichait aussi Le Collectif,
le journal étudiant de l'université de Sherbrooke.
Surprise, ce dernier possède une page "Science
express". Celle de l'édition du 22 avril dernier
portait sur l'observation des baleines, "J'en vois une!"
Son auteur, Jean-Sébastien Landry, énumérait
les "bons" ingrédients -et donc gages de
succès !- de ce loisir scientifique dans la région
de Tadoussac: couches d'eau distinctes, la structure du chenal
et le krill abondant. Ce bimensuel au tirage modeste (5000
copies), comprend 20 pages concoctées par des bénévoles.
On trouve également un article consacré au sympathique
concours Robot-Jouet (http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2001/60/article2.html).
La
page "Science express" de l'hebdomadaire Le
Collectif:
http://callisto.si.usherb.ca/~collecti/xxvi/xvi/jsl.htm Et
sur le concours Robot-Jouet : http://callisto.si.usherb.ca/~collecti/xxvi/xvi/abg.htm
NOTRE
ODYSSÉE
Le
lendemain du colloque de Science pour tous, Radio-Canada diffusait
une des émissions les plus réussies visuellement
sur l'origine de l'homme, L'Odyssée de l'espèce.
Réalisée par Jacques Malaterre, avec la collaboration
du célèbre paléontologue Yves Coppens,
cette série retrace les grandes étapes de notre
évolution, alternant les épisodes de fiction
et les données scientifiques. La diffusion du documentaire
sur la chaîne France 3 (un des producteurs) a rassemblé
le 7 janvier dernier plus de 8 millions de Francais -soit
8 745 000 téléspectateurs-
un record historique pour un documentaire et une audience
comparable à celle de la Coupe du monde de football
en 1998! Collaboration France-Québec
(France 3, Pixcom, Discovery channel Canada, etc.), la série
était suivie d'un documentaire de 30 minutes sur les
coulisses du tournage : transformation des acteurs, révision
scientifique, imagerie 3D, etc. Toutes les ficelles qui permettent
de résumer -sous forme de récit- huit millions
d'années en deux heures.
http://www.planete.tm.fr/dossiers/odyssee_espece/
-30-
Ce
numéro a été réalisé par
la journaliste Isabelle Burgun

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