Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 93, 28 mai 2003

ASSAISONNER L'ÉDUCATION EN ENVIRONNEMENT

Un doigt de science, une pincée d'art; deux épices essentielles dans la marmite de l’éducation relative à l’environnement (ERE). Avec un menu au titre accrocheur, Quand Art et Science nourrissent l'éducation relative à l'environnement, le 4e colloque Ere, Nature et Culture avait installé ses quartiers à l’université du Québec à Rimouski pour le 71e congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). Trois jours pour comprendre par l’exemple comment « épicer » l’éducation relative à l’environnement…

 

L’art et la culture scientifique peuvent-elles être bénéfiques à l'environnement? Est-il possible de jeter des ponts entre ces trois disciplines?

 

Par exemple, l'événement de la  Biosphère de Montréal, Art et Environnement, permet aux jeunes de niveaux primaire et secondaire d’aborder des thèmes relatifs à l’eau par le biais de manipulations artistiques ( voir Brochette d’insectes: www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/81/bref.html#2  ). L'activité célèbre déjà son huitième anniversaire cet automne. «L’approche en matière de culture scientifique chez les jeunes est plus facile lorsqu’ils fabriquent un objet. Les jeunes sont fiers de ce qu'ils font.  Et sachant que ce qu’ils fabriquent sera exposé, ils y mettent beaucoup d’efforts et sont plus attentifs aux informations scientifiques qui en découlent», souligne Serge Lepage, coresponsable de la présentation. Pour l’an suivant, l'équipe se penchera sur les bornes fontaines comme indicateurs de la présence de l’eau en milieu urbain.

 

Côté éducation scientifique, Patrick Charland, étudiant au doctorat au sein de la Chaire de recherche en éducation relative à l’environnement de l’UQAM, a abordé un sujet d'actualité : la Réforme du curriculum en sciences. «Le programme de l’Alabama est un des modèles pour les auteurs de la présente réforme en sciences et technologie.  L’idée d’orienter les savoirs scientifiques vers des objets d’apprentissage permet à l’élève de mettre en contexte ses apprentissages, de leur donner une signification dans leur quotidien», explique Patrick Charland. Lors de sa présentation, il était accompagné de Lucie Sauvé, directrice de la Chaire et auteur de plusieurs ouvrages en ERE (voir: http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/68/article2.html).

 

Le colloque était sous la gouverne de l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE), le département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Rimouski (DSE-UQAR) et parrainé par la Chaire de recherche du Canada en ERE de l’UQAM. Le président d'honneur, Jean Arrouye, est professeur à l’Université de Provence et fondateur du Laboratoire d’études sémiologiques de l’image.

 

Tenant compte du fait qu'un cerveau aéré en vaut deux, trois circuits "plein air" ont permis aux participants de visiter des sites où l’art se conjugue avec son environnement. «C'est la première fois dans un colloque de l'ACFAS qu'on osait sortir des murs de l'université pour des conférences» de souligner Pauline Côté, professeure au département des sciences de l’éducation et responsable de l’organisation du Colloque. 

 

Le marais salé de l’estuaire de la réserve nationale de Pointe-au-Père (halte migratoire pour des milliers d’oiseaux de rivage), le Parc de l’Aventure Basque à Trois-Pistoles et les Jardins de Métis: trois circuits reflétaient cet esprit de «culture environnementale» et illustraient en quoi Dame Nature peut aider l'ERE.

 

« Le but c’est de rendre la nature attrayante.  Les aménagements de Pierre Thibault intègrent l’approche nature à une conception architecturale et inspirent ainsi un temps d’arrêt. On bonifie ainsi la simple promenade en forêt, et le travail des naturalistes fait le reste», dit Julie Isabel, chargée de projet du Parc de la Rivière Mitis, un site "transformé" voisin des Jardins de Métis. Plus de 100 000 visiteurs s’y présentent chaque année. Alors que l’art floral des Jardins attire l’œil, l’information scientifique des naturalistes du Parc imprime plus facilement la mémoire.

 

En guise de dessert, un outil concret pour les enseignants.  Le site Eco.science (http://www.aqpere.qc.ca/ecoscience/) est né du besoin de prolonger la portée des Expo-Sciences régionales et provinciales. Patrick Charland sera responsable de la mise à jour régulière: « Par des canevas de scénarios autour d’objets d’apprentissage, les enseignants seront aiguillés sur les liens qui peuvent être fait entre différents savoirs dans plusieurs disciplines. Les enseignants pourront bonifier des scénarios ou carrément en ajouter de nouveaux en téléchargeant un formulaire électronique». 

(C. Perron)

 

Jardins de Métis
http://www.jardinsmetis.com

 

La Biosphère
http://biosphere.ec.gc.ca/

 

Eco.science

http://www.aqpere.qc.ca/ecoscience