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Numéro
95, 25 juin 2003 LA SCIENCE, D'UN MINISTERE À L'AUTRE "Le
transfert de la culture scientifique répond à une demande de Science
pour tous acheminée au ministre Cliche, il y a deux ans, rappelle Brigitte
Van Coillie-Tremblay. Cette transition permet de réunir tous les programmes
de la diffusion scientifique sous un guichet unique et assure une cohérence
dans ce dossier". C'est
en effet une interrogation qui traîne dans le milieu depuis quelques années,
depuis qu'a été créé un ministère de la Recherche,
de la Science et de la Technologie (MRST): est-il justifié que la culture
scientifique soit éparpillée entre le ministère de la Culture
et celui de la Recherche? Sauf
que le ministère de la Recherche est aujourd'hui disparu, ce que regrette
le président de Science pour tous, tout en gardant espoir. "Avoir
un seul interlocuteur gouvernemental est une bonne chose, même si nous avons
également des liens avec le ministère de l'Éducation et des
affinités naturelles avec celui de la Culture et des Communications. Il
va falloir que le ministère du Développement économique et
régional prenne en compte la problématique culturelle", soutient
Hervé Fischer Il
faut se rappeler que le portefeuille "MRST" a beaucoup voyagé.
Le ministre de la Recherche, Jean Rochon était remplacé en 2001
par un "ministre délégué" (David Cliche) sous la
coupe de la ministre des Finances Pauline Marois. Le 1er janvier dernier, le ministère
des Finances avalait le ministère de la Recherche et celui de l'Industrie
et du Commerce. Et à présent, il se retrouve au ministère
du Développement économique régional. Les
récents bouleversements suscitent donc l'inquiétude du milieu de
la culture scientifique. Et ce n'est pas juste une question d'argent. "Il
va falloir que le ministère du Développement économique et
régional prenne en compte la problématique culturelle", annonce
Hervé Fischer. Le
milieu s'est en effet mobilisé de nombreuses fois pour que la culture scientifique
fasse partie de la culture au sens large. Et cette décision déstabilise
de nombreux intervenants. "Nous avons plus d'affinités avec le milieu
des médias et des communications qu'avec des géants comme Bombardier.
Sauf quelques entreprises comme Alcan ou Merck-Frosst, nous n'avons jamais senti
d'ouverture pour nous. Notre place idéale serait au ministère de
la Culture et des Communications", avoue Félix Maltais, l'éditeur
des magazines Les Débrouillards et Les Explorateurs. Un
avis que partage la directrice de l'Association des communicateurs scientifiques.
"Que nous réserve l'avenir? L'ACS ne peut pas avoir la même
reconnaissance au sein du MDER. Entre diffusion scientifique et culture scientifique,
l'interprétation peut être le jour et la nuit. C'est inadmissible
que la culture scientifique n'ait plus sa place au ministère de la Culture
et des Communications", soutient France Alarie Alors
que l'ACS venait de recevoir le mandat de prendre en charge l'organisation du
volet 4 d'Étalez votre science (les stages hors Québec), la directrice
se questionne même sur le devenir de la Bourse Fernand-Seguin. "C'est
un virage à planifier. Comment va-t-on poursuivre le soutien de notre mission
? Cela va nous obliger à recourir de plus en plus aux entreprises privées,
tout en sachant qu'elles favorisent plus la diffusion de la technologie que la
culture scientifique". L'annonce
du transfert de la culture scientifique au ministère du Développement
Économique et Régional (MDER): http://www.mrst.gouv.qc.ca/_fr/communiques/2003/c030613.htm
Un
peu d'histoire... À (re)lire, "Les choix de Landry" dans la
Toile scientifique du 20 mars 2001: http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2001/41/article1.html À
lire aussi, "Quel avenir pour le MRST" dans la Toile scientifique du
25 sept 2002: http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/77/article1.html
Isabelle
Burgun 
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