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Numéro
98, 6 août 2003 SCIENCE
EN PARC
Faire la course sur de drôles d'engins, observer vos
propres cellules, grimper à l'assaut du terril, se faire flouer par son
cerveau, tirer son autoportrait, monter au dessus du châssis à molettes
en ascenseur panoramique, rebondir en acro-benji, voilà ce que vous propose
le Parc d'aventures scientifiques (le "Pass") du Crachet à Frameries
(Wallonie). Pratiquement inconnu des Québécois, le
Pass, inauguré en mai 2000, offre 10 000 m2 d'expositions interactives
sur un terrain de 40 hectares. Il a accueilli 300 000 visiteurs en deux ans et
vise 240 000 par année à partir de 2007. Un beau défi car
son public est essentiellement belge (seulement 20% des visiteurs proviennent
du nord de la France). Tout au long de la saison estivale, un grand raid
d'activités scientifiques interpelle le côté ludique de ses
visiteurs mais également le goût d'apprendre avec des expositions
aux titres racoleurs: Veaux-vaches-cochons-couveuses, Gènes et Ethique,
une plongée dans l'univers passionnant de la génétique ;
Corps à Corps, une exploration intime et interactive du corps humain ;
Sports, 25% de réflexion pour 75% de transpiration; Désir d'apprendre,
on n'apprend pas dans la douleur
. Et le Pass vise à se hisser
dans le Top 10 des musées les plus visités en Europe d'ici 2007,
comme le souligne la revue belge Athéna dans son numéro de juillet-août
2003. Une nouvelle attraction -le Palais des images- est prévue pour mai
2004, et annoncée comme "le plat de résistance de la seconde
phase d'investissement". Le gouvernement wallon vient de doter le parc d'une
subvention de fonctionnement de 4 millions d'euros par an (jusqu'en 2006), plus
une aide ponctuelle de 1,16 million d'euros pour l'exercice 2002-2003. À
titre de comparaison, les revenus annuels du Musée des sciences de la Villette
à Paris avoisinent les 100 millions d'euros
dont 80% de subventions!
Le journaliste de la revue Athéna, Jean-Luc Leonard, rapporte aussi que
les revenus de l'Experimentarium de Copenhague sont de 4 millions d'euros (dont
9% d'aide publique) et ceux du centre Heureka d'Helsinki, de 6 millions d'euros
(50% public). Équilibrer son budget entre l'aide publique et le soutien
du privé, sera l'un des défis que devra relever le Pass. Le président
du conseil d'administration, le baron Jean Stéphenne, résume à
sa façon un changement de direction: "On bascule d'une logique de
conception à une logique d'exploitation, d'une logique de projet à
une logique du public". Il reste néanmoins à convaincre
le public! L'image peu attractive de la région du Hainaut, la concurrence
féroce et le tarif jugé élevé par une majorité
d'enseignants (12,5 euros pour les adultes et 7,5 euros pour les 6-14 ans) restent
des obstacles ardus à surmonter. Soutenu activement par la Direction
générale des technologies, de la recherche et de l'énergie
(DGTRE) du ministère de la Région Wallonne, cet établissement
bénéficie depuis l'an dernier d'aides européennes et régionales.
La DGTRE vient d'ailleurs de rendre public son rapport d'activités
2002. On peut y lire l'importance de soutenir la promotion et à la sensibilisation
de la culture scientifique: "Cette démarche volontariste s'avère
d'autant plus nécessaire que l'on constate une désaffectation des
jeunes envers les études et les carrières scientifiques ou techniques.
Mais, le mal semble plus profond: il s'agit en fait du peu de place réservée
aux sciences dans la culture générale". Une raison fondamentale
pour laquelle la DGTRE soutient le Pass de même que le Musée des
Sciences et des Techniques de Parentville à Charleroi. Le Pass
: http://www.pass.be
À lire,
le rapport annuel 2002 de la Direction générale des technologies,
de la recherche et de l'énergie de la Région wallonne: http://mrw.wallonie.be/dgtre/

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