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Numéro
99, 3 septembre 2003
L'ÎLE
DU SAVOIR: BEAUCOUP D'ATTENTES
Au printemps 2002, le Conseil régional de développement
de l'île de Montréal lançait un nouveau
programme " L'île du savoir ", doté
d'un impressionnant budget de 995 000 dollars pour trois ans.
À mi-chemin du projet, peu de gens en ont encore entendu
parler mais quelques-uns des volets sont lancés cet
automne.
Décrit comme le plus gros des sept volets, "Éclairs
de science" est celui qui touche le plus directement
les jeunes - et de ce fait, qui touche directement l'objectif
du CRD de susciter des carrières scientifiques. Éclairs
de science consiste en un programme d'activités en
classe qui culminera, en fin d'année, par l'exposition
"Cocologix".
À partir de septembre 2003, Éclairs de science
viendra en aide à 90 professeurs de niveau primaire.
"Physiquement, on ne peut pas en prendre plus, parce
que nous n'avons pas assez de personnel d'encadrement",
explique Ivan Thériault.
Le Conseil régional de développement (CRD) de
l'île de Montréal est un organisme gouvernemental
qui a son pendant dans toutes les régions administratives
du Québec. Ivan Thériault, du CRD, est porte-parole
du programme même si le mandat de l'Île du savoir
a été confié à la Société
pour la promotion de la science et de la technologie (SPST).
"Tout a commencé quand notre comité Économie
et Savoir a fait un état des lieux à Montréal,
raconte-t-il. Il prévoyait une pénurie tragique
de main-d'uvre spécialisée en sciences
et en technologies à Montréal. L'idée
d'un projet pour faire la promotion de ces carrières
est venue de là. Nous avons approché les ministères
concernés en 2001 pour obtenir les fonds nécessaires.
"
Le projet énumère par ailleurs une foule de
partenaires: les commissions scolaires, les cégeps,
l'Agence spatiale, le Cosmodôme, le Centre des sciences
de Montréal et plusieurs organismes plus petits.
Cela suscite donc plus d'attentes qu'on ne peut en satisfaire.
Aucune des activités de l'Île du savoir ne s'adresse
aux étudiants du collégial, déplore France
Garnier, présidente du Saut quantique, l'organisme
qui contribue au perfectionnement et au réseautage
des profs de science au cégep: " J'aurais aimé
être impliquée, surtout que notre organisme est
sans subvention depuis ce printemps, mais on m'a dit que ça
ne visait que le primaire et le secondaire."
Le programme compte donc sept volets, dont les quatre plus
importants sont un symposium tenu en mai dernier, le site
web d'information, la base de données régionale
et "Éclairs de science". Le symposium a réuni
plus de 200 personnes sous le thème " Pour des
sciences au cur de l'école". Les présentations
été faites par des habitués du domaine,
comme l'enseignante Claudette Gagné, qui a animé
un débat sur la formation continue des enseignants.
"Ce n'est qu'à la deuxième année
qu'on saura si on est sur la bonne voie."
Luc Chamberland, président de l'APSQ, reste plus sceptique.
" On ne veut pas être contre la vertu, mais on
se demande si le gouvernement ne veut pas seulement se donner
bonne conscience. Il ne faut pas que le parascolaire remplace
la plage horaire minimale de science. Et même dans le
parascolaire, on ne sait pas où on s'en va. Il devait
y avoir un volet scientifique et culturel au programme Ça
bouge après l'école cette année, mais
c'est sur la glace" depuis l'annonce des coupures gouvernementales.
Autre réalisation de l'Île du savoir: le Pôle
régional d'information, une base de données
comportant les références de tous les organismes
actifs en promotion de la science sur l'île de Montréal.
Cette base doit être disponible via Internet sous peu.
Le tout sera éventuellement intégré à
une base de données nationale en construction. Yvan
Thériault estime d'ailleurs que ce nouvel effort sera
complémentaire par rapport aux autres répertoires
d'organismes de culture scientifique: " Si les ministères
ont décidé de faire une base nationale, je serais
surpris que cela répète un effort déjà
fait ailleurs."
Et le site Innouvelles, Bulletin des innovateurs à
l'école et à la bibliothèque, qui doit
être lancé dans sa nouvelle version en septembre,
se propose de " [faire] connaître celles et ceux
qui uvrent dans le monde de la médiation scientifique,
qui témoignent du plaisir et du goût pour les
sciences et la technologie. " Selon M. Thériault,
" ce n'est pas un magazine; ça ne fait qu'imiter
ce que nous faisons déjà pour le CRD ou le Forum
jeunesse de l'île de Montréal. "
Et l'avenir? " Le budget ne couvre que la période
qui va jusqu'à la fin de 2004, conclut Ivan Thériault.
Après, le programme sera soumis à une évaluation
pour savoir s'il y aura une suite. Mais en général,
le CRD vise l'atteinte d'objectifs précis, pas la pérennité
des projets. Ce n'est pas notre mandat d'offrir des services
à long terme à la population. "
(P. Gauthier)

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