Le Bulletin de la Toile scientifique
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Numéro 112, 23 juin 2004

NUMÉRO SPÉCIAL sur le Rapport de conjoncture "La culture scientifique et technique : une interface entre les sciences, la technologie et la société", publié par le Conseil de la science et de la technologie.

La parution du rapport de conjoncture La culture scientifique et technique : une interface entre les sciences, la technologie et la société, par le Conseil de la science et de la technologie (www.cst.gouv.qc.ca), au printemps 2004, a permis à l'équipe de rédaction du document ainsi qu'à ses lecteurs de poser un regard lucide et perspicace sur l'état actuel de ce domaine effervescent.

Pour conférer un rayonnement au volume, la Toile scientifique est allée interroger plusieurs acteurs qui ont contribué de près à sa préparation. Nous tentons donc, dans ce numéro spécial, de prendre le document comme base de réflexion et de nous demander comment se porte le milieu de la culture scientifique et technique, quels défis l'attendent et comment pourra-t-il les relever, au cours des prochaines années. Regard sur un monde en pleine évolution.

LA GENÈSE DU RAPPORT DE CONJONCTURE

"Le Conseil de la science et de la technologie (CST) s'intéresse à la culture scientifique et technique depuis de nombreuses années. Le coup d'envoi du Rapport de conjoncture a été lancé par la Politique québécoise de la science et de l'innovation, parue en janvier 2001. Celle-ci demandait au Conseil de créer un forum afin d'élaborer des orientations et des actions pour le développement de la culture scientifique et technique au Québec. Celui-ci a pris le nom de Comité-conseil sur la culture scientifique et technique, présidé par Claude Benoît. Il siège régulièrement depuis."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie



DIFFÉRENTS OUTILS DONT S'EST DOTÉ LE COMITÉ CONSEIL

"À l'automne 2002, un Bilan sur la culture scientifique et technique a été déposé. Celui-ci résumait une partie d'une enquête réalisée auprès des Québécois. Il s'agissait d'une demande ministérielle, qui a permis d'élargir le concept et de le mettre à jour, en fonction du nouveau discours qui circulait concernant la culture scientifique et technique. Il a également permis de dresser un état de situation général exhaustif. Le Bilan identifiait 14 enjeux pour la personne, pour l'économie et pour la société et définissait 5 orientations générales."

"Au printemps 2003, le Conseil a tenu une consultation auprès de représentants de 5 groupes et acteurs qui investissent leurs énergies dans le domaine de la promotion de la culture scientifique et technique. Nous leur avons demandé de réagir à la justesse de nos orientations et de dégager des pistes de réflexion possibles. C'est à l'automne 2003 qu'est paru le compte-rendu de cette consultation. Puis, au printemps 2004, nous avons procédé à la publication du rapport de conjoncture."

"Lorsqu'on le compare au bilan, le rapport de conjoncture franchit un pas supplémentaire. Nous avons ajusté les orientations formulées, conservé 5 objectifs centraux et déduit 6 recommandations. Il n'y a jamais de causes uniques quand on cherche à améliorer la situation. Il faut des solutions multiples."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie

LE MESSAGE PRINCIPAL TRANSMIS PAR LE RAPPORT DE CONJONCTURE

"Le message central du rapport est simple à formuler, même si l'atteindre est extrêmement exigeant : ce qu'on souhaite, c'est rehausser le niveau de culture scientifique et technique chez tous les Québécois, quels que soient leur âge, leur sexe, leur appartenance ethnique, leur niveau de scolarité, l'endroit où ils vivent."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie

LE DÉROULEMENT DE LA PÉRIODE DE CONSULTATION ET DE RÉDACTION

"Il y a eu 2 moments forts: la consultation auprès du milieu de l'enseignement supérieur, des fonds subventionnaires, du milieu de la culture, des industries, des gouvernements, des groupes associatifs et communautaires. Le Comité-conseil a été, lui, chargé de superviser la rédaction de l'avis."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie


"On partait du dernier rapport de conjoncture de 1994 pour pouvoir comparer. On a constaté que les efforts et les investissements des 10 dernières années ont porté fruit. Ce sont de bonnes nouvelles. Cependant, il nous est apparu clair qu'il fallait continuer de soutenir ces efforts pour ne pas perdre l'avance qu'on a prise. Y a-t-il des secteurs qui ont besoin de plus d'attention? Oui, il s'est dégagé des problématiques concernant certaines clientèles : les jeunes, les personnes à faible revenu, les parents qui contribuent au choix de formation qu'à l'intérêt des jeunes, les enseignants pour une formation initiale revue et une formation continue."

"Il nous fallait aussi préciser, par rapport à 1994, les lieux où il y a des mandats plus spécifiques à donner. Nos 5 recommandations témoignent bien de cela : il y en a une pour le gouvernement, une pour les organismes, une pour l'école, une pour les universités et les fonds de recherche. Nous devons aussi monitorer les progrès et les pratiques exemplaires."

Claude Benoît, présidente et chef de la direction de la Société du Vieux-Port de Montréal et présidente du comité-conseil qui a rédigé le rapport de conjoncture


LA SITUATION ACTUELLE DES MILIEUX DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE AU QUÉBEC ET LES DÉFIS À VENIR

Pour les organismes de culture scientifique

"Il y a une très grande diversité d'organismes de culture scientifique et technique. Ils sont entre 150 et 200 au Québec. Une de leurs grandes forces est leur enracinement dans le milieu et leur proximité de la population. Ils arrivent à rejoindre tous les milieux, même ceux qui, à prime abord sont réfractaires à la culture scientifique."

"Par ailleurs, on reconnaît la fragilité des organismes de culture scientifique et technique. Ils sont presque tous à but non lucratif et ils misent beaucoup sur le bénévolat. Le contexte budgétaire est difficile. Des mesures devront être entreprises pour leur permettre d'exploiter la richesse dont ils disposent. En fait, le message central qu'on passe au milieu de la culture, c'est de travailler en concertation entre eux et avec leurs partenaires."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie


"Les organismes de culture scientifique ont un rôle fondamental à jouer. Mais ils ne peuvent pas jouer le rôle du milieu scolaire."

Paul Inchauspé, expert-conseil dans le domaine de l'éducation


Pour le milieu de l'éducation


"La réforme crée des opportunités exceptionnelles pour diversifier les approches pédagogiques et pour permettre aux jeunes d'aimer la science et la technologie et de s'y investir personnellement. Les 600 produits et services répertoriés par le Kaléidoscope (www.spst.org/kaleidoscope) de la Société pour la promotion de la science et de la technologie (www.spst.org) montrent combien on a accès à un bassin de produits intéressants mis au service du milieu de l'éducation et qui lui permettent de privilégier des approches très innovatrices."

"Par contre, pour qu'un rapprochement puisse se faire, il faudra que le milieu de l'éducation soit ouvert à des collaborations plus structurées. Nous constatons à quel point les profs se sentent démunis et débordés lorsque vient le temps d'intégrer la science et la technologie dans les projets pédagogiques. On les libère d'un fardeau quand on les invite à travailler de concert avec les milieux de la culture en leur donnant accès à des outils ludiques et adaptés."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie


"J'ai travaillé, au sein du Comité-conseil, pour présenter de quelles façons je crois qu'il faut travailler pour faire en sorte que les générations futures soient intéressées par la culture scientifique et technique."

"Ce que je remarque, c'est que les perspectives culturelles (dont la culture scientifique et technique) contenues dans les programmes du primaire et du secondaire sont trop peu présentes. Il ne s'agit pas seulement de former les jeunes, il faut aussi s'occuper des adultes, des enseignants. Plusieurs d'entre eux reconnaissent qu'ils ont de la difficulté à intégrer la science dans leurs classes. Il y a donc beaucoup de travail à faire."

"De façon générale, au Québec, on a réussi à former des chercheurs. Traditionnellement, la préoccupation des milieux scolaires a été que, s'il fallait donner de la place aux sciences, c'était en vue de former des chercheurs, d'alimenter le bassin de recherche scientifique. Les programmes, du même coup, étaient orientés sur comment on fait la science, l'aspect théorique. On intéressait donc les jeunes dans le 2e cycle du secondaire à des carrières scientifiques, comme pour recruter de la main-d'œuvre spécialisée pour l'avenir. Mais on négligeait l'aspect de fournir une culture générale en culture scientifique et technique aux jeunes."

"Or, pour moi, l'école de base, c'est le primaire et le premier cycle du secondaire. C'est à ce moment-là qu'il faut intéresser les jeunes à la science, leur donner le goût de découvrir ce monde fascinant. À ce niveau, on ne les forme pas pour en faire des spécialistes, mais pour les éveiller, les sensibiliser, pour enseigner des concepts qui font partie de la culture générale. C'est ainsi que peuvent naître des carrières scientifiques. Les programmes, tels qu'ils étaient avant la réforme, ne répondaient pas à ces exigences. Celle-ci a contribué à développer le niveau de culture scientifique chez les jeunes, avec la pédagogie par projets."

"Pour donner le goût de la science, il faut d'abord savoir que celle-ci concerne tous les aspects de la vie quotidienne. Autant les jeunes sont initiés tôt dans leur vie aux couleurs et la musique, ils auraient tout à gagner à mieux connaître les réalités scientifiques."

Paul Inchauspé, expert-conseil dans le domaine de l'éducation


"Quand on regarde les orientations de la réforme du primaire et du secondaire, on constate qu'elle offre des opportunités pour introduire une ouverture aux sciences et à la technologie, mais il faut faire attention pour ne pas manquer le bateau. Les 2 principaux écueils : d'abord le personnel enseignant qui n'a pas été mis à jour par rapport aux avancées de la science. Il y a un effort à faire et nous sommes en concertation avec le ministère de l'Éducation pour trouver une façon de soutenir les enseignants avec ces questions."

"Il faut aussi travailler au cégep et à l'université à introduire la science en formation générale parce que celle-ci fait maintenant partie de l'ensemble des enjeux de la vie, tant personnels que professionnels."

Michèle Fortin, sous-ministre associée à la Recherche, à la Science et à la Technologie au ministère du Développement économique et régional et de la Recherche

 

Pour le milieu de la recherche

"À notre avis, il est nécessaire de rapprocher la communauté scientifique de la population pour permettre que le dialogue soit fructueux. Il importe que chacun des groupes puisse s'exprimer, c'est-à-dire que la communauté scientifique puisse diffuser ses contenus dans des formats vulgarisés, intéressants, mais aussi que la population puisse exprimer ses besoins en regard de ces questions".

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie


"L'avis du CST nous interpelle à plusieurs niveaux. D'abord, je dois dire que la question du rapprochement entre les chercheurs et la société est très importante. On n'a cependant pas encore les bons outils, les incitatifs, les moyens qu'il faut."

"Alors, qu'est-ce qu'on peut faire? On doit d'abord appuyer nos chercheurs. Par différents moyens auxquels nous travaillons. Il faut qu'on soit à la fois préoccupé de communiquer à la population l'importance des recherches menées dans les centres de recherche. Donc partir des centres de recherche vers la population. Mais, en contrepartie, on doit faire profiter la société, pour les grandes questions qui les préoccupent, de l'expertise des chercheurs. À mon avis, cette expertise-là est sous-utilisée."

"Par ailleurs, dans l'avenir, nous demanderons aux chercheurs qui reçoivent des subventions par l'entremise de notre Fonds, de produire des résumés de leurs travaux dans leurs rapports finaux. On obtiendra ensuite une banque de bons coups dont nous pourrons servir de relais et qui pourra être communiquée auprès d'organismes de diffusion de contenus scientifiques et dans notre site."

"Nous avons un plan d'action spécial avec nos 32 regroupements stratégiques de chercheurs pour mettre en valeur les bons coups tant au plan national qu'international et un autre au niveau de nos actions concertées, c'est-à-dire nos projets de recherche menés en partenariat dans un domaine donné. Nous utiliserons différents contenus afin de les mettre dans notre vitrine Web pour diffusion ciblée et plus vulgarisée."

Sylvie Dillard, présidente et directrice générale du Fonds québécois pour la recherche sur la nature et les technologies

La perception du gouvernement du Québec

"Nous demandons au gouvernement de développer un discours systématique pour promouvoir l'importance de la science et de la technologie auprès de l'ensemble de la population. Le gouvernement du Québec a un rôle de leader à assumer, même s'il n'est pas le seul relayeur du discours."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie

"Le gouvernement québécois est préoccupé et convaincu de la nécessité d'accentuer les efforts. La culture du 21e siècle sera en grande partie scientifique et technologique. Il faut trouver des mécanismes différents pour toucher la population en général, jeunes comme adultes. Nous constatons qu'il y a un appétit chez la population en regard de ces thématiques. C'est bon signe."

"Dans son discours sur la défense des crédits, le ministre Michel Audet a déclaré: " Nous ne pouvons espérer une société du savoir sans se préoccuper du développement chez les jeunes d'un appétit pour les sciences et du désir d'embrasser des carrières scientifiques et technologiques. Même s'il faut nuancer les cris d'alarme concernant les pénuries de main-d'œuvre, la vigilance est de mise et nous devons comme société voir assurer une relève dans nos collèges, nos universités, nos centres de recherche, particulièrement dans les régions. En fait, c'est toute la population qui doit être ouverte aux enjeux posés par le développement des sciences et de la technologie et des choix qu'ils entraînent pour les citoyens."

"D'ailleurs, le Conseil de la science et de la technologie vient de soumettre un rapport sur la culture scientifique et technique. À cette occasion, le Conseil recommande au MDERR de réaffirmer son engagement en cette matière. Il me fait plaisir de vous informer que j'accepte volontiers cette recommandation et que des efforts en ce sens seront faits en concertation avec mes collègues, et en partenariat avec les entreprises et les organismes du milieu, pour renforcer les liens entre étudiants, chercheurs, entreprises et citoyens."

Michèle Fortin, sous-ministre associée à la Recherche, à la Science et à la Technologie au ministère du Développement économique et régional et de la Recherche.

LE RAPPROCHEMENT SCIENCE ET SOCIÉTÉ

"On parle beaucoup du niveau de culture scientifique de la population, mais on ne fait jamais mention du niveau de culture scientifique des gens politiques. Ce sont les représentants de la population, ils savent ce qui la préoccupe, mais la science est absente des débats politiques. Or, cette problématique fait partie de ce qu'on appelle le rapprochement entre science et société."

Sylvie Dillard, présidente et directrice générale du Fonds québécois pour la recherche sur la nature et les technologies

"Ce qui va nous définir pour les 10 prochaines années, c'est le lien étroit entre la science et la société. Or, une meilleure appropriation de la science par les citoyens passe par une meilleure appropriation des sciences sociales. Pour ce faire, nous constatons la nécessité d'une concertation interministérielle, car plusieurs ministères porteurs de missions particulières verticales ont des intérêts à la culture scientifique et technique."

Claude Benoît, présidente et chef de la direction de la Société du Vieux-Port de Montréal et présidente du comité-conseil qui a rédigé le rapport de conjoncture


L'IMPORTANCE DE DÉVELOPPER LE NIVEAU DE CULTURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DES CITOYENS

"La culture, en général, est la principale clé qui est donnée à chaque individu pour accéder à la liberté de penser et de choisir. Quand on parle de culture, la science et la technologie doivent faire partie intégrante de la culture populaire, au sens où Fernand Dumont l'entendait, comme quelque chose rattaché à l'identité même d'une collectivité."

"On a pu penser, à un moment, que la culture scientifique était réservée à une certaine élite intellectuelle, alors que la science et la technologie ont tellement imprégné toutes les dimensions de la vie personnelle qu'il est impossible, pour un individu, de pouvoir conserver sa maîtrise de son environnement sans avoir des connaissances et des compétences dans le domaine. C'est aussi fondamental que la maîtrise de la langue."

"Qu'on parle de santé, de nutrition, de reproduction, de sécurité, on se rend compte qu'il y a toujours une constituante scientifique et technologique et que leur maîtrise est essentielle. Si on ne veut pas être à la remorque d'idées véhiculées par des tiers à qui on accorde la vérité, la compétence absolues."

"Au plan économique, le CST a publié un avis sur la main-d'œuvre qui a permis de voir à quel point les emplois hautement qualifiés ont augmenté depuis 1990, nettement plus que ceux qui sont moins qualifiés. Ceux-là sont porteurs de progrès, mais aussi de richesses qu'on peut ensuite partager avec les autres individus de sa collectivité."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie

"La science doit faire l'effort de rejoindre les gens dans leur quotidien. Or, même si l'ensemble de la vie est faite de découvertes scientifiques, ça ne marque pas beaucoup la population. Il y a un effort à faire pour que la présentation de résultats de recherches soit en fonction de la vie quotidienne des gens."

Sylvie Dillard, présidente et directrice générale du Fonds québécois pour la recherche sur la nature et les technologies


EN CONCLUSION...

"Quand on compare nos résultats aux résultats obtenus ailleurs, on en conclut que les Québécois possèdent un niveau de culture scientifique et technique comparable aux Européens ou Américains. Les défis à venir sont cependant immenses."

Hélène P. Tremblay, présidente du Conseil de la science et de la technologie


"On ne s'assoit pas sur nos lauriers. La société a changé depuis 10 ans. Les industries ont un rôle de plus en plus important qui n'est pas seulement celui d'être bailleurs de fonds. L'importance d'un dialogue accru entre les scientifiques et la population s'est manifestée. De même que la concertation du milieu de la culture scientifique et l'ouverture à d'autres secteurs de médiation: milieu de l'enseignement, fonds subventionnaires, gouvernements, bibliothèques, centres de recherche. Il faut partir de ces milieux et en faire sortir la science."

Claude Benoît, présidente et chef de la direction de la Société du Vieux-Port de Montréal et présidente du comité-conseil qui a rédigé le rapport de conjoncture.

Ce numéro a été réalisé par Isabelle Pauzé.

Il est possible d'imprimer le numéro à cette adresse : http ://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2004/112/toile112.html