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Numéro
129, 16 mars 2005
La
vérité scientifique sera toujours plus belle que les créations de
notre imagination et que les illusions de notre ignorance.
- Claude
Bernard, physiologiste français
| 2005
: l'Année internationale de la physique
La
genèse
Comme vous le savez certainement, l'Organisation des Nations
Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO)
a proclamé 2005 Année internationale de la physique. Dans
la résolution 169 de la 58e année d'exercice de l'Organisation
des Nations Unies, datée du 1er juin 2004, celle-ci a reconnu
l'importance de la physique dans les avancées technologiques
modernes et salué le fait que cette science fournit des
bases importantes pour le développement de la compréhension
de la nature.
Le
prétexte
Il y aura exactement un siècle, en 2005, Albert Einstein,
écrivait trois articles et formulait les trois théories
qui ont marqué son époque et influencé toute la physique
moderne: celles sur la relativité, la photoélectricité et
le mouvement brownien.
L'anniversaire
de ces publications est le prétexte à l'organisation d'une
année mondiale destinée à faire découvrir les sciences physiques
et leurs applications de façon nouvelle. Son but va toutefois
au-delà de la commémoration d'une grande figure de la physique
du XXe siècle. Il s'agit aussi de faire connaître à un large
public les progrès et l'importance de la physique.
Les
activités
Partout dans le monde, de nombreuses activités marqueront
la tenue de cette année importante. Pour connaître l'horaire
de celles-ci, parcourez le site officiel de l'Année internationale
de la physique: www.wyp2005.org.
Au
Québec, aucun organisme ne chapeaute une programmation d'événements
spéciaux relatifs à cette année. Toutefois, plusieurs facultés
universitaires (dont l'Université de Montréal www.umontreal.ca)
organisent des conférences et d'autres activités. On s'informe
auprès des institutions. |
| Sur
les traces de Fernand Seguin
Créée en 1981, la Bourse Fernand-Seguin encourage les
carrières en communication scientifique en offrant aux récipiendaires
la chance d'approfondir leurs connaissances du métier auprès
de journalistes et de réalisateurs chevronnés. Elle honore
la mémoire de celui qui fut le premier vulgarisateur scientifique
à la télévision française du pays.
Ce
prestigieux prix, assorti de bourses et de stages dans des
milieux scientifiques renommés, est organisé conjointement
par l'Association des communicateurs scientifiques (www.acs.qc.ca)
et Radio-Canada (www.radio-canada.ca).
Le
concours s'adresse aux jeunes âgés de 18 à 30 ans qui ont
complété un diplôme d'études collégiales (ou l'équivalent,
soit 13 ans de scolarité). Pour y participer, ceux-ci doivent
rédiger un article journalistique inédit de six à dix feuillets,
portant sur un sujet de nature scientifique. Tous les détails
sont disponibles dans le site Web de l'Association des communicateurs
scientifiques (www.acs.qc.ca).
Date limite pour transmettre sa candidature: 15 avril, 17h.
Une nouveauté cette année: un guide " Comment gagner la
Bourse Fernand-Seguin " est disponible dans le site de l'ACS.
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| Un
programme de 2e cycle à distance en commerce électronique
La Télé-Université propose depuis peu un programme court
de deuxième cycle comprenant quatre cours et visant à fournir
les connaissances et les habiletés qui permettront aux étudiants
d'optimiser l'implantation et la gestion d'un modèle d'affaires
électroniques au sein d'une entreprise. L'institution souhaite
ainsi répondre à un besoin largement exprimé puisqu'il existe
une pénurie d'experts dans ce domaine sur le marché du travail
québécois.
Les
cours portent les titres suivants: Marketing en affaires
électroniques, Stratégies en affaires électroniques,
Gestion des risques en affaires électroniques et Économie
des affaires électroniques. On s'informe dans le site
Web consacré à ce programme au www.teluq.uquebec.ca/affelectr.
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| Vous
avez dit cave-in?
Vous connaissez les cave-in? Il s'agit de soirées informelles
au cours desquelles des spéléologues amateurs et professionnels
présentent à leurs collègues des photos, diapos, vidéos
et récits d'exploration. Ces rencontres permettent aux amoureux
des entrailles de la terre de partager leurs expériences
et leurs projets, et d'en échafauder de nouveaux en bonne
compagnie. Pour connaître l'horaire des prochains événements,
parcourez la page d'accueil de la Société québécoise de
spéléologie www.speleo.qc.ca.
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À
l'agenda
| De
la science au FIFA
Le Festival international du film sur l'art (www.artfifa.com)
fait encore une fois cette année une place à quelques productions
à saveur scientifique. C'est ainsi que vous pourrez voir,
samedi le 19 mars prochain, à 21h30 au Musée d'art contemporain
de Montréal, le film The Dalí Dimension.
Salvador
Dalí (1904-1989) fut, tout au long de sa vie, captivé par
la science. Cette fascination se retrouve dans ses toiles,
qui reflètent des grandes découvertes scientifiques du XXe
siècle. Il s'est d'ailleurs lié d'amitié avec des chercheurs
des domaines de la physique, des mathématiques et de la
biologie.
Terrorisé
par la mort, le peintre rêvait de créer une œuvre de génie
qui lui survivrait. Il utilisa le langage et les concepts
scientifiques pour dépasser le monde tangible et explorer
de nouvelles dimensions au-delà de la vie. Grâce à des documents
d'archives, il commente, dans ce film sa passion de la science
et s'entretient avec des chercheurs. |
| La
saison des Expo-Sciences
Si
mars est traditionnellement le mois de la nutrition, il
représente aussi, pour des centaines de scientifiques en
herbe, le lancement de la saison des Expo-Sciences Bell.
Aux quatre coins du Québec se tiendront d'abord les finales
régionales auxquelles succédera la Super Expo-Sciences Bell,
finale québécoise, qui se tiendra du 21 au 24 avril 2005,
à l'Université du Québec à Trois-Rivières. |
| Pour
obtenir toute l'information relative à ces compétitions
scientifiques et technologiques pour jeunes, rendez-vous
dans le site de l'événement: www.exposciencesbell.qc.ca
ou encore communiquez avec l'équipe de communication du
Conseil de développement du loisir scientifique: www.cdls.qc.ca.
|
À
rencontrer
| Yvon
Fortin, physicien et professeur passionné
Yvon Fortin a enseigné les sciences au cégep François-Xavier-Garneau,
de Québec, durant plusieurs années. Le directeur scientifique
du Centre de démonstration en sciences physiques se décrit
comme " un prof dans l'âme, qui a l'habitude de travailler
sur du long terme avec ses jeunes " a aimablement accepté
de partager quelques réflexions avec l'équipe de la Toile
scientifique, à l'occasion de l'Année internationale de
la physique.
La
Toile scientifique: Monsieur Fortin, parlez-nous d'abord
de la physique comme science.
Yvon
Fortin: La physique est une branche particulière de
la connaissance, très ancienne, qui a donné des résultats
impressionnants et étonnants à ses débuts. Pour ne donner
qu'un exemple, au temps de Galilée, lorsqu'on a complètement
changé la cosmologie, on a aussi changé la façon de voir
le monde.
La
physique est donc en quelque sorte la grammaire de la science.
Car elle présente les règles de base à partir desquelles
on peut développer à peu près tout. Cela ne veut pas dire
que la physique comprend tout, mais on la trouve intégrée
dans les autres sciences.
La
Toile scientifique: Diriez-vous que la physique a déjà
donné ses plus beaux fruits, que l'essentiel de ses secrets
est connu par les scientifiques actuellement?
Yvon
Fortin: À l'époque de Galilée, ce qu'il y avait de plus
accessible, c'était l'astronomie avec l'étude des planètes
et la mécanique de base: le mouvement, l'énergie, la cinématique,
l'accélération. Ces concepts-là ne changeront pas, peu importe
les découvertes technologiques de notre époque. On ne peut
en faire l'économie. Cependant, quand on les amène dans
la partie plus moderne, la physique quantique, on se rend
compte qu'on n'en est qu'aux balbutiements. Même avec les
simulateurs de plus en plus performants qui sont disponibles
maintenant.
La
Toile scientifique: Qu'est-ce qui vous passionne dans
la physique?
Yvon
Fortin: Ce qui m'impressionne le plus, c'est qu'en physique,
même avec peu de moyens, des gens brillants peuvent avoir
des idées extraordinaires. Et, par le fait même, bouleverser
l'échelle de la connaissance. C'est une des caractéristiques
de la science, le fait que les connaissances n'appartiennent
pas aux individus qui les ont développées. À mon sens, il
faut continuer de montrer aux gens que le monde dans lequel
on vit est fascinant et méconnu. Que pour mieux le connaître,
il faut encore abattre beaucoup de travail. Que celui-ci
n'est pas facile, mais qu'il est passionnant.
La
Toile scientifique: On procède de la même façon pour
intéresser les jeunes aux sciences?
Yvon
Fortin: La clé, pour moi, c'est l'esprit de découverte.
L'important, quand je travaille avec des jeunes, ce n'est
pas qu'ils comprennent le concept de physique dont je suis
en train de parler, mais qu'ils voient que la science est
faite par des gens. Ce qui m'intéresse aussi, c'est de parler
des découvertes, de l'émerveillement, ce qu'on ne fait pas
assez, à mon avis. On mise davantage sur les prouesses technologiques,
mais l'émotion, elle, est laissée de côté. Moi, je préfère
parler des cerveaux qui génèrent les prouesses en question.
La
Toile scientifique: Comment expliquez-vous le fait que
la physique ne soit pas une science "à la mode"?
Yvon
Fortin: C'est vrai qu'actuellement, il y a une désaffection
pour la physique. Il y a de moins en moins de gens qui se
destinent à des études en physique. Il faut réhabiliter
cette science dans le sentiment populaire.
On
ne parle pas autant de la physique dans les médias qu'on
parle du génie génétique par exemple. C'est une question
de mode, de culture. Or, les développements qui se font
en physique dans les laboratoires des universités québécoises,
on en retrouve à la hauteur des moyens et des cerveaux disponibles.
C'est vrai partout au monde. |
| La
Toile scientifique: Comment, alors, rendre la physique
plus dynamique, plus accessible?
Yvon
Fortin: Les experts de la physique travaillent dans
du long terme, dans quelque chose qui ne se sent pas immédiatement.
Il faut trouver des moyens pour émouvoir à long terme, ce
qui est d'autant plus difficile qu'on est dans une culture
du zapping, de l'instantanéité. En science, il faut souvent
des années pour assimiler ce qu'on apprend, pour que le
tout prenne du sens.
En
classe, on fait des interventions de trois mois avec des
groupes dans lesquelles on aborde des sujets durant 2 semaines.
C'est clair que ce n'est pas intégré. Comment faire pour
les y intéresser, les retenir par la suite? En montrant
que les gens qui sont derrière les grandes découvertes sont
comme eux. Il faut tabler sur l'humilité.
La
Toile scientifique: L'Année 2005 a été décrétée par
l'UNESCO Année internationale de la physique. Quelles retombées
souhaitez-vous que cet événement entraîne au Québec?
Yvon
Fortin: Le prétexte adonne bien: 2005 marque le centenaire
des théories d'Einstein, mais la physique, ce n'est pas
Einstein. Pour l'essentiel, durant l'Année, les scientifiques
assisteront à des conférences. Ça tombe sous le sens, c'est
ce qu'ils sont habitués de faire. Or, il y aura peu de manifestations
d'une autre nature qui auraient exigé plus d'énergie tout
en permettant plus de risque.
Ce
que j'aurais vu, ce sont des conférences-démonstrations
devant des gens du grand public parce qu'il s'agit d'une
façon d'aller rejoindre les gens là où ils se trouvent:
dans les cinémas, les théâtres, les musées. De les amener
à voir comment on a réussi à comprendre tel ou tel phénomène.
En Europe, des expériences comme celles-là qui seront menées.
On va mesurer la vitesse de la lumière entre deux collines,
on va essayer de refaire des expériences fondamentales telles
qu'elles se sont faites à l'époque. C'est une belle image.
La
Toile scientifique: Que diriez-vous à des gens qui ne
sont pas familiers avec la physique, qui considèrent cette
science un peu désincarnée?
Yvon
Fortin: Les gens ne soupçonnent pas la richesse de l'aventure
de la connaissance. Apprendre des choses complexes, que
les humains ont eu du mal à comprendre, c'est ce qui nous
sert le plus dans la vie. Par cette étude, on comprend mieux
quels obstacles ils ont rencontrés et, par le fait même,
on comprend mieux notre civilisation. C'est pour cela qu'à
mon avis, la démarche est plus importante que le résultat.
La démarche rationnelle, l'effort qu'on fait pour comprendre,
ça nous sert toute notre vie. |
À
découvrir
| Musée
Ernest-Rutherford: un secret montréalais bien gardé
Ernest
Rutherford est à l'atome ce que Darwin est à l'évolution.
Les petites boules qui tournent autour d'une plus grosse
sphère, ce modèle galvaudé de l'atome et de ses électrons,
c'est aux travaux de Rutherford qu'on le doit. Pourtant
peu de Montréalais savent que c'est chez eux (où il a émigré
en 1898) qu'une partie importante de son travail fut accomplie.
Un
petit musée situé au Rutherford Physics Building de l'Université
McGill, présente au visiteur averti le matériel et les travaux
de ce scientifique éminent, Néo-Zélandais d'origine et prix
Nobel de chimie 1908. On doit réserver pour profiter de
l'expertise du responsable du musée, Jean Barrette, professeur
de physique.
Musée
Ernest-Rutherford
www.physics.mcgill.ca/museum/rutherford_museum.htm
Source: Agence Science-Presse |
À
lire
| Voici
une sélection de revues scientifiques qui sauront intéresser
à la fois les grands et les petits. Elles sont disponibles
dans tous les bons kiosques à journaux.
Québec
Oiseaux www.quebecoiseaux.qc.ca
Coiffé de l'évocateur titre " La Grande Séduction ", le
premier reportage de cette édition évoque les astuces amoureuses
de trois espèces: le plongeon huard, le cormoran à aigrettes
et l'hirondelle bicolore. Quelques pages plus loin, on fait
un saut en Outaouais rencontrer le bruant sauterelle qui,
pour les besoins du texte, sort de l'ombre. Dans le désordre,
d'autres sujets sont également abordés dans le numéro de
printemps 2005 de cette revue, éditée par l'Association
québécoise des groupes d'ornithologues: le troglodyte mignon,
les graminées, les imperméables, le village de Longue-Rive,
sur la Côte-Nord, les nids et bien plus encore. Et le tout,
bien sûr, magnifiquement servi par des photos presque plus
belles que nature.
Les
Explorateurs www.lesexplos.qc.ca
" Visite l'Égypte! " C'est à ce fascinant voyage en terre
africaine que vous convie l'équipe des Explorateurs en mars
2005. En plus d'une rencontre avec Michel Guay, égyptologue,
la revue propose une capsule Découverte intitulée Une
journée avec Toutankhamon, une page sur les animaux
légendaires consacrée à Sekhmet, la déesse vengeresse, un
Explos-Monde, des jeux et une expérience, tous à saveur
égyptienne. Même Catou et sa bande se retrouvent au pays
des pyramides. Tout un numéro! |
Ce
numéro a été préparé par Isabelle Pauzé.
|
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Branchez-vous
sur
la culture scientifique
et technologique.

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La Toile scientifique est le bulletin d'information
de Science pour tous. Elle est destinée à
tous les acteurs du domaine de la culture scientifique et
technique: musées et centres d'interprétations,
organisateurs, producteurs et diffuseurs d'activités
scientifiques, milieu de l'éducation, médias
scientifiques ainsi que toutes les personnes intéressées
de près ou de loin par la diffusion et la promotion
des sciences.
La
Toile scientifique publie une dizaine de numéros
par année sur une base mensuelle. Elle est expédiée
à quelque 4000 adresses de courriel.
Cette publication reçoit l'appui du Ministère
du Développement économique, de l'Innovation
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