Numéro 140, 9 novembre 2005

Les esprits sont comme les parachutes.
Ils ne fonctionnent que quand ils sont ouverts.
- Louis Pauwels

SOMMAIRE
· Colloque 2005
· Des héritiers de Jules Verne… à Laval
· Jules Verne revit… à Pointe-à-Callière
· Eau Secours, professeur Scientifix!
· Cégeps verts du Québec
· Quoi de neuf dans Atout Micro et Québec Science?
· L’Odyssée des bâtisseurs
· Quelques jeux «bioscientifiques»
· Entrevue avec Manon Théberge
· Erratum

Colloque 2005
Rendez-vous sur le site du 6e Colloque de Science pour tous, cette année sous le thème Un réseau à promouvoir, pour vous inscrire ou prendre connaissance des sujets abordés. Mentionnons la présence de Marie-Christine Bédard, chargée de projet éducatif au Musée de la civilisation de Québec. Mme Bédard présentera des exemples d’activités innovantes développées à partir des contenus d’une exposition (Table de travail A – 14h30).

La culture scientifique et technique:
un réseau à promouvoir

Quand?
Le jeudi 24 novembre 2005, de 8h30 à 18h30.

Où?
École nationale d'administration publique (ÉNAP)
555, boulevard Charest Est — Québec

Informations
www.sciencepourtous.qc.ca/colloque/2005

Des héritiers de Jules Verne… à Laval!
Au moment ou vous lisez ces lignes, la Quinzaine des sciences, un événement scientifique d’importance pour la clientèle jeunesse, bat son plein au Collège Montmorency de Laval. Organisée en collaboration avec le Musée Armand-Frappier, le Cosmodôme, le Club des astronomes amateurs de Laval, le Conseil régional de l’environnement de Laval et le musée Pointe-à-Callière, la Quinzaine s’appuie sur une thématique inspirée de Jules Verne: de la Terre à la lune.

Conférences, expositions, forums, films, débats, concours, visite de musées: la somme d’activités présentées dans la programmation permettent aux jeunes du collégial d’explorer différents enjeux qui marquent la société actuelle, dont l’environnement, la santé et l’alimentation. Histoire de les conscientiser et, qui sait, de semer en eux un intérêt sérieux pour la science et la technologie. Jusqu’au 15 novembre.

www.cmontmorency.qc.ca/sts

Jules Verne revit… à Pointe-à-Callière
Saviez-vous que Jules Verne avait un intérêt particulier pour le Canada, le Québec et surtout pour Montréal? Que, dans la dizaine de ses romans qui se déroulent ici, il a prêté vie à quelque 117 personnages de nationalité américaine ou canadienne? Qu’en plus des formidables machines qu’il a inventées, il a même parlé des Patriotes avant la lettre? C’est à ce fabuleux voyage à 20 000 lieues de votre quotidien que Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, vous convie.

Pour marquer le centenaire de la mort de l’écrivain, le plus lu et traduit de la littérature française, le musée, en partenariat avec le Musée national de la Marine de Paris et en collaboration avec Amiens-Métropole et la ville de Nantes, vient de lancer une exposition temporaire intitulée Jules Verne, le roman de la mer.

S'appuyant sur des découvertes scientifiques et technologiques du 19e siècle, Jules Verne a su mettre en pratique, à travers ses récits fabuleux, des inventions qui allaient révolutionner le monde. Sous-marins, scaphandres, outils d'exploration et de navigation sont quelques exemples d'objets des récits de l'auteur qui témoignent de son génie. Une bonne nouvelle: vous avez jusqu’au 20 avril 2006 pour visiter l’exposition.

www.pacmusee.qc.ca

Eau Secours, professeur Scientifix!
Un an après le lancement L’étrange disparition du professeur Scientifix, l’équipe de CRÉO, une entreprise spécialisée en production de contenus scientifiques, lance un deuxième cédérom ludo-éducatif destiné à la clientèle scolaire.

Intitulé Eau Secours, professeur Scientifix!, ce divertissement interactif a été mis en œuvre par une solide équipe de spécialistes de la vulgarisation scientifique (dont l’équipe des Débrouillards) et par des enseignants. Il propose aux jeunes de huit à douze ans de suivre Destinée, une jeune Africaine, dans sa quête d’eau pour son pays, qui en manque cruellement.

Peut-on capter l’eau du brouillard? Pourquoi craindre une pénurie d’eau alors que 75% de la surface terrestre en est recouverte? Pourquoi l’eau de mer est-elle salée? Comment les poissons respirent-ils? Voilà autant d’interrogations auxquelles les petits génies du clavier trouveront réponse en relevant les défis posés par le jeu. En prime: 27 expériences scientifiques à réaliser à la maison.

www.creo.ca

Cégeps verts du Québec
L’organisme ENvironnement JEUnesse, qui est composé de jeunes impliqués en environnement, offre depuis l’été dernier une certification environnementale spécifique au milieu collégial. Ce programme unique amène les institutions vertes à instaurer une culture environnementale permanente et une responsabilisation personnelle et sociale par rapport à la qualité de leur environnement. Pour conserver leur statut de cégep vert, ceux-ci doivent, chaque année, mettre de l’avant un projet structurant lié au développement durable et qui touche la gestion de l’institution.

Jusqu’à maintenant, cinq établissements de la région montréalaise ont rencontré les critères de sélection et ont été déclarés cégeps verts. Il s’agit du cégep Ahuntsic, du Collège André-Grasset, du cégep Bois-de-Boulogne, du cégep Marie-Victorin et du cégep de Rosemont. À quand la participation d’autres collèges?

www.enjeu.qc.ca

Quoi de neuf dans Atout Micro et Québec Science?

· Dans Atout Micro
En plus de présenter les avantages du système d’exploitation Linux, l’édition de novembre 2005 du magazine des utilisateurs d’ordinateurs fait une large place à des nouveautés dans le domaine des logiciels, des ordinateurs et des équipements informatiques. Aussi: des tests de cédéroms d’apprentissage, une banque d’adresses utiles et des ressources concernant les troubles d’apprentissage, de même que des conseils pour déterminer le type d’antivirus dont on a besoin.

www.atoutmicro.ca

· Dans Québec Science
Le plus récent numéro hors-série de la revue traite de questions ayant trait à l’éducation. À partir du thème Tout ce que ne vous dira pas un palmarès des écoles, l’équipe aborde une vaste gamme de sujets sous un angle scientifique: les troubles d’apprentissage, l’autisme, les enfants surdoués, les réformes qu’a vécu le système scolaire québécois et des expériences d’apprentissage des sciences particulièrement intéressantes.

Quant au numéro de novembre 2005 de la revue, il affiche en page couverture, un dossier répondant à une question: pourquoi certains sont-ils en mesure de se remettre d’un traumatisme important (catastrophe naturelle, agression, acte de terrorisme) alors que d’autres n’y arrivent pas. La réponse, y apprend-on, réside en partie dans le cerveau.

Présentés sous la forme d’un imposant dossier, les os sont aussi à l’honneur. Et sous toutes leurs coutures, s’il-vous-plaît: de la construction in-utero des os à la définition des professions de ceux qui gagnent leur vie en les faisant parler, en passant par les prothèses articulaires et un regard historique sur l’utilité du squelette. Des nouvelles et des articles portant sur les carburants d’avenir, un cinéaste québécois qui tourne en IMAX et une liste évaluant 500 universités dans le monde complètent le numéro de novembre.

www.cybersciences.com

L’Odyssée des bâtisseurs
Le parc thématique L’Odyssée des bâtisseurs propose aux résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean et aux visiteurs de passage une aventure où l’eau est au cœur du développement. Des expositions thématiques et des visites de sites d’interprétation amènent les visiteurs à comprendre l’importance de cette ressource épuisable qu’est l’or bleu.

Toutefois, si la ville d'Alma n’est pas dans votre radar immédiat, sachez que vous pouvez profiter des contenus pédagogiques recelés par l’espace Web. Les divertissements interactifs contenus dans la section des jeux proposent différentes défis aux jeunes internautes. Le jeu Super détective demande aux jeunes de découvrir les erreurs historiques qui se sont glissées dans 10 photos d'époque. Le Canot enchanté permet quant à lui d’associer des objets déposés au fond de la rivière à sa période historique correspondante. Bonnes découvertes!

www.odysseedesbatisseurs.com

Jeux «bioscientifiques»
Le site Web du Musée Armand-Frappier, le centre d’interprétation des biosciences, présente, dans sa section Activités en ligne, des jeux pour internautes débutants, intermédiaires et avancés.

Les jeunes férus de sciences du vivant peuvent s’adonner à trois jeux différents, intitulés Bactérie, virus et compagnie, La vie du docteur Frappier et Ces colonisateurs du corps humain. Leurs aînés peuvent se mesurer à Santé publique à la une, Une bactérie à la rescousse de l’environnement et De l’ADN aux protéines. Autant de divertissements en ligne qui permettent aux petits et aux grands de mieux connaître le fonctionnement de l’impressionnante machine qu’est le corps humain.

www.musee-afrappier.qc.ca

Entrevue avec Manon Théberge, de la Boîte à science
Dans la foulée de la consultation publique qu’il a menée auprès de différents organismes intervenant dans la réalité des jeunes d’aujourd’hui, le gouvernement du Québec a fait paraître un document (1) contenant l’ensemble des réflexions et des commentaires reçus. Or, parmi l’éventail de sujets abordés, pas une ligne ne concerne la science et la technologie.

Particulièrement interpellés par cette omission, les membres de la direction de la Boîte à science (2), le Conseil du loisir scientifique de Québec, ont produit à leur tour un document de réflexion complémentaire qui cerne l’importance de la promotion de la science et de la technologie auprès des jeunes. La Toile scientifique s’est entretenue avec la directrice de la Boîte à science, Manon Théberge, concernant ce dossier.

La Toile scientifique: Madame Théberge, vous avez participé récemment à une consultation menée par le gouvernement du Québec, qui a conduit à la publication de sa stratégie d’action jeunesse. Quel message avez-vous livré?

Manon Théberge: La Boîte à science a été invitée à participer à la consultation qui s’est tenue cet automne. Nous avons été le premier et le seul organisme québécois à y parler de science et de technologie. Nous avons utilisé les quatre minutes dont nous disposions pour livrer un message large, préférant insister sur l’importance que le gouvernement s’implique. Nous avons également demandé aux représentants présents de les rencontrer plus longuement afin d’exposer nos idées pour concrétiser une stratégie intégrée d’intéressement aux sciences et aux technologies.

TS: La culture scientifique et technologique ne figure pas dans les priorités gouvernementales, n’est-ce pas?

Manon Théberge: Effectivement, nous nous sommes rendu compte que la stratégie d’action jeunesse du gouvernement du Québec ne contenait rien concernant cette thématique. Il y a beaucoup à faire pour réitérer l’importance du message. Nous avons donc décidé d’être présents pour ce faire.

TS: Quelles autres démarches avez-vous entreprises afin de véhiculer votre message?

Manon Théberge: Depuis deux ans déjà, nous approchons différents élus qui sont concernés par la question de la CST, notamment dans le cadre du Centre d’exploration en science et technologie que nous souhaitons mettre sur pied à Québec.

Nous avons notamment participé à des consultations à la Communauté métropolitaine de Québec et nous avons fait inclure dans les objectifs l’importance de préparer la relève en science et technologie. De la même façon, le Plan stratégique 2004-2008 de la ville de Québec inclut une dimension sur les sciences et la technologie. Même l’appel de projets du 400e anniversaire de la ville de Québec comporte un volet sur les sciences et la technologie. Ce sont de petits pas, mais ils sont significatifs à nos yeux.

TS: Comment les organismes doivent-ils procéder pour se faire davantage entendre?

Manon Théberge: Il est primordial que les organismes de CST, nos partenaires et nos vis-à-vis partout au Québec, s’unissent pour parler d’une seule voix de l’importance de notre domaine d’action. Nous savons qu’il se mène de nombreuses initiatives concernant la CST aux quatre coins du Québec, que beaucoup de travail de terrain s’accomplit tous les jours, mais il nous faut nous mobiliser, travailler ensemble pour atteindre un but commun. Les voix individuelles de chacun ne seront pas suffisantes; il faut unir nos forces. C’est seulement de cette façon que nous parviendrons à obtenir les appuis financiers nécessaires pour concrétiser des projets plus grands, comme le centre des sciences.

TS: Pourquoi est-ce si important de pouvoir compter sur une infrastructure comme un centre de sciences?

Manon Théberge: Les centres de sciences ont fait leurs preuves. Ils contribuent à faire en sorte que, dans les communautés où ils sont implantés, les publics sont plus innovants, plus engagés. Ils s’approprient davantage ce qui se passe dans leur milieu en soutenant leurs entreprises locales. On l’a vu à Sudbury, dans le nord, de l’Ontario. C’est une localité de 150 000 résidants qui accueille pourtant 400 000 personnes chaque année à son centre de sciences. Voilà un exemple très inspirant.

De plus, parmi les 20 plus grandes villes canadiennes, seule Québec n’a pas encore son centre de sciences. Cependant, une chose est certaine: le projet de fonder un centre de science à Québec n’existera que dans la mesure où l’ensemble des acteurs du milieu, tant la communauté que les décideurs, témoignera d’une réelle volonté à y participer.

TS: Pourquoi, à votre avis, est-ce si important de privilégier les domaines de la science et de la technologie?

Manon Théberge: Il n’y a pas d’enrichissement collectif sans investissement dans les générations futures. C’est au cours de l’enfance que naît notre capacité de penser autrement, de prendre des risques, de se tromper et de l’accepter. Pour moi, c’est ça, l’innovation. Ça ne s’apprend pas spontanément à l’âge adulte. Ça se construit, ça s’acquiert avec la culture, la communauté, le soutien du milieu.

D’ailleurs, il s’agit là d’un enjeu mondial. Les pays membres de l’OCDE ont adopté des priorités d’action au niveau de la culture scientifique. Plusieurs États sont largement en avance sur ces questions. Or, si le Québec ne se mobilise pas, s’il n’embarque pas dans le train, un écart se creusera entre les savoirs des uns et des autres. À tous les niveaux, nous serions perdants.

(1) ww.jeunes.gouv.qc.ca/consultation
(2) www.boiteascience.com

Erratum sur Aster
Il y a quelques semaines, nous vous parlions des nouveaux planétariums récemment acquis par Aster, la station scientifique du Bas-Saint-Laurent. Il faudrait cependant noter que l’adresse Web de l’organisme est la suivante: www.asterbsl.ca. Nos excuses pour les inconvénients.

Ce numéro a été préparé par Isabelle Pauzé.

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