Numéro 196, 16 septembre 2009

«Océan. Masse d’eau occupant à peu près les deux tiers d’un monde destiné à l’Homme, lequel est dépourvu de branchies.»
– Ambrose Bierce, écrivain et journaliste américain, 1842-1914

SOMMAIRE

> Numéro spécial: la recherche au Bas-Saint-Laurent

> Entrevue avec Guillaume St-Onge, professeur-chercheur en géologie marine à l’Institut des sciences de la mer, de l’Université du Québec à Rimouski

> Entrevue avec Philippe Archambault, professeur-chercheur à l’Institut des sciences de la mer, de l’Université du Québec à Rimouski

> Mon déclic scientifique – Hubert Reeves et Claude Benoît

> Nouvelles

Le Canada remporte les grands honneurs au MILSET
Activités 2009-2010 du Regroupement QuébecOiseaux
La science prend le métro
Propulsez-vous au Musée Armand-Frappier!
Une éducatrice montréalaise dans une expédition de Students on Ice


> NUMÉRO SPÉCIAL: LA RECHERCHE AU BAS-SAINT-LAURENT

Nous amorçons donc, avec ce numéro 196, notre saison 2009-2010 de publications de La Toile scientifique. Nous nous attacherons, au cours de cette année, à faire connaître les travaux de recherche qui sont menés aux quatre coins du Québec, dans les universités et les centres de recherche. Pour ce faire, nous interviewerons des chercheurs, qui nous parleront de leurs travaux, et qui nous fourniront des pistes de référence pour pousser plus loin la réflexion sur ces thématiques.

Selon les différentes régions, nous veillerons à mettre en lumière les domaines de recherche les plus actifs. Nous commençons cette série de portraits de la recherche régionale avec le Bas-Saint-Laurent, berceau de la recherche québécoise en sciences de la mer. Deux chercheurs, qui sont également professeurs à l’Institut des sciences de la mer de l’Université du Québec à Rimouski, nous parlent de leurs projets et de leurs travaux. Bonne lecture!

> ENTREVUE AVEC GUILLAUME SAINT-ONGE, PROFESSEUR-CHERCHEUR EN GÉOLOGIE MARINE À L’INSTITUT DES SCIENCES DE LA MER DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À RIMOUSKI

La Toile scientifique: Monsieur St-Onge, expliquez-nous brièvement sur quels types de recherche vous travaillez actuellement, à l’ISMER.

Guillaume St-Onge: En tant que spécialiste de la géologie marine, je travaille surtout sur les fonds marins et ses sédiments, aussi bien ceux de l’Arctique canadien que de la baie d’Hudson, ou encore dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Je tente de comprendre les processus qui transportent et façonnent les sédiments qu’on retrouve dans les fonds marins.

Comment procédez-vous pour ce faire?

Je prélève des échantillons de fonds marins, grâce à une technique appelée le carottage sédimentaire. Nous enfonçons un long tube dans le fond marin, qui peut atteindre plusieurs mètres, voire plusieurs dizaines de mètres de long, et nous travaillons à dater les différentes couches de sédiments, afin de remonter dans le temps et de mieux comprendre l’évolution de ces fonds.

Actuellement, avec des collègues, je m’intéresse beaucoup à la question des changements climatiques, spécialement dans l’Arctique, où on essaie, à l’aide de différents traceurs, de comprendre la variabilité naturelle du climat.

Aujourd’hui, la plupart des modèles qui prévoient le changement climatique se basent sur des données instrumentales qui sont relativement courtes. De notre côté, nous tentons de remonter plusieurs milliers d’années à l’arrière, afin de placer ces changements climatiques dans une perspective plus large. Nous tentons de voir si ce à quoi on assiste actuellement s’est déjà produit dans le passé, si l’intensité peut être comparée, si des cycles peuvent être observés, etc.

Est-ce le cas, justement? Les changements climatiques qu’on observe actuellement sont-ils uniques dans l’Histoire? A-t-on raison de les considérer comme si alarmants?

En effet, le changement climatique auquel nous assistons est très inquiétant. Par exemple, lorsqu’on observe la fonte des glaces, on voit que c’est très impressionnant. Par contre, on se rend compte que ce type de phénomènes s’est déjà produit dans le passé. La glace suit des cycles qui sont tout à fait naturels. Notre travail permet justement de mieux comprendre ces cycles.

Bien sûr, l’homme y est pour beaucoup dans les changements climatiques actuels, à cause de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre que les activités humaines entraînent. Il s’agit là d’un consensus scientifique bien établi. Mais des cycles naturels viennent aussi se superposer à ces changements anthropiques. Il convient donc de savoir distinguer les deux pour établir plus précisément ce qui devrait se produire ultérieurement.

Ce qu’il faut surtout comprendre, c’est que la situation est passablement plus complexe que ce que les médias véhiculent habituellement. Certes, il y a des endroits, en Arctique, où le climat se réchauffe, mais il existe une importante variabilité spatiale et temporelle. Il ne faut pas l’oublier.

Pour effectuer vos travaux, vous vous déplacez certainement sur le terrain. Par exemple, en 2009, quels sont les travaux de recherche que vous avez menés en Arctique?

Pour nos différents projets, nous faisons effectivement partie d’équipes internationales qui réalisent, de concert, de très intéressantes expéditions sur des navires des Gardes côtières canadienne ou américaine. Il s’agit de brise-glace équipés à la fine pointe de la technologie, qui nous permettent de récolter les carottes sédimentaires qui servent à nos analyses. Les sonars multifaisceaux dont le NGCC Amundsen est équipé, par exemple, nous permettent de cartographier de façon détaillée la bathymétrie, c’est-à-dire la profondeur des fonds marins, et la géomorphologie sous-marine, comme les traces laissées par le déplacement des icebergs et des glaces au fil du temps.

Cette année, je suis allé dans la baie de Baffin, sur le navire NGCC Hudson, avec des collègues québécois, canadiens et américains, notamment. Nous nous sentons alors comme des «explorateurs», quand nous sondons les fonds marins d’endroits du globe souvent méconnus et peu visités, pour faire progresser les connaissances concernant ces territoires.

Où se situe le Canada (et le Québec) dans ce domaine de recherche de la géologie marine arctique?

On peut dire que nous sommes des chefs de file dans ces domaines. Au cours des dernières années, nous avons assisté à la création de groupes de recherche importants, comme CASES (Canadian Arctic Shelf Exchange Study) et ArcticNet. Nous sommes heureux de pouvoir compter sur des budgets de recherche et des occasions de financement importants, octroyés notamment par le gouvernement fédéral.

Y a-t-il d’autres questions scientifiques qui vous intéressent particulièrement?

Oui, je réalise actuellement des travaux dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Il s’agit de travaux plus fondamentaux qui cherchent à comprendre l’empilement des sédiments (ce qu’on appelle la stratigraphie). Avec des méthodes de sondage comme le sonar multifaisceaux, qui nous permet de «voir» le fond marin, mais aussi avec d’autres instruments de géophysique et du carottage, nous travaillons à identifier et à caractériser les nombreux glissements sous-marins du fond de l’estuaire, dont certains auraient pu engendrer des tsunamis.

En étudiant les dépôts de sédiments, la taille des grains, leur orientation ou leur composition, nous pouvons déterminer les mécanismes qui ont généré ces glissements. Ce dont on se rend compte, c’est que l’estuaire du Saint-Laurent est un milieu beaucoup plus actif que ce qu’on serait porté à croire, spécialement en ce qui concerne sa sismicité, c’est-à-dire son activité sismique.

Merci pour cette entrevue, monsieur St-Onge.

En fin d’entrevue, notre invité a bien voulu fournir aux lecteurs de La Toile des suggestions de livres et de DVD traitant de ses spécialités de recherche:

Suggestions de lectures de Guillaume St-Onge:

· Tout d’abord, deux petits guides permettant de découvrir les roches et les dépôts de surface du Québec. Les deux guides sont publiés par Les Publications du Québec. il s’agit du Guide pratique d’identification des dépôts de surface au Québec et du Guide pratique d’identification des roches.

· Ensuite, un de mes livres favoris est La mesure d’un continent (Éditions Septentrion, 2007). Il s’agit d’un ouvrage de grande qualité, remarquable et tout simplement spectaculaire qui raconte l’histoire du Nouveau-Monde à travers de magnifiques cartes géographiques.

· Finalement, pour les amateurs de vins et de géologie, je vous propose le livre Terroir: Role of Geology, Climate and Culture in the Making of French Wines (University of California Press, 1999). Ce livre abondamment illustré de cartes et coupes géologiques tente d’expliquer le concept de terroir dans la vinification des vins français.

Suggestions de DVD de Guillaume St-Onge:

Si vous n’avez pas eu la chance de voir la série L'odyssée géologique à Radio-Canada, sachez que celle-ci est maintenant en vente sous forme de DVD en anglais ou en français. Une série captivante sur l’histoire géologique du Canada d’un bout à l’autre du pays.


> ENTREVUE AVEC PHILIPPE ARCHAMBAULT, PROFESSEUR-CHERCHEUR À L’INSTITUT DES SCIENCES DE LA MER (ISMER), DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À RIMOUSKI

La Toile scientifique: Monsieur Archambault, parlez-nous de vos spécialités de recherche.

Philippe Archambault: Mon domaine d’expertise consiste dans l’étude des fonds marins et de l’écologie de tout ce qui vit en relation avec ces fonds marins. En d’autres mots, je suis un écologiste benthique. Plus spécifiquement, je me spécialise dans la biodiversité des océans, qui représentent 70% de notre planète.

Quels sont les projets et les travaux qui vous ont occupé, ces derniers mois?

En fait, ma recherche s’articule autour de différents volets et je mène des projets distincts dans chacun. Le premier de ceux-ci est l’influence de l’aquaculture sur l’environnement. Il y a de plus en plus d’aquaculture dans le monde et on cherche à en déterminer l’influence, qu’elle soit positive ou négative, sur l’environnement. Nous cherchons donc à établir un bilan complet et à déterminer les seuils de volumes de culture pour lesquels on pourrait noter des effets bénéfiques ou nocifs pour l’environnement. C’est ce qu’on appelle la «capacité de support environnemental».

Par exemple, dans le cas des moules produites au Québec, nous travaillons à comprendre l’influence de la quantité de matière organique que celles-ci produisent, avec leurs fécès et leurs pseudofécès. Car, lorsqu’une quantité trop grande de matière organique est présente dans un environnement, cela a un effet direct sur la quantité d’oxygène disponible et donc, sur la survie des espèces. Par opposition, nous nous sommes rendu compte, par nos travaux, qu’aux Îles-de-la-Madeleine, en implantant des cultures de moules là où il n’y en avait pas auparavant, cela avait pour conséquence heureuse de fournir de la nourriture et des refuges à des espèces à valeur commerciale (comme le homard et le crabe). Cela pourrait donc augmenter leur production et avoir un effet potentiellement direct sur l’économie de la région.

Cette expertise est-elle «exportable»?

Philippe Archambault: En effet. Nous avons travaillé durant les étés 2007 et 2008 en France, dans la région du Mont-Saint-Michel, où différents regroupements œuvrant en aquaculture ont financé nos travaux. Les Français élèvent aussi des moules, mais sur bouchots, c’est-à-dire sur des pieux enfoncés dans le sol auxquels les moules se fixent. Elles sont ainsi recueillies à marée basse par les aquaculteurs.

Une de mes étudiantes québécoises travaille actuellement en laboratoire sur la tonne et demie de sédiments que nous avons échantillonné puis fait rapporter par bateau de là-bas. Elle étudiera en quoi les bouchots favorisent le dépôt des matières organiques dans le fond de l’eau et donc, la biodiversité présente. Le projet est mené en collaboration avec le Musée national d’histoire de Paris et différents groupes et agences.

Pourquoi est-ce si important, à votre sens, de protéger la biodiversité?

Pour moi, il est important de se rendre compte que, si l’on croit que les changements climatiques constituent un problème, la perte d’espèces biologiques en est un encore plus grand.

Prenons un exemple en milieu terrestre, la banane. Les efforts déployés pour en faire une espèce génétique parfaite ont entraîné, en contrepartie, qu’on n’a pas toujours le remède pour la soigner lorsqu’elle est atteinte d’un virus qui atteint les plants, comme c’est le cas actuellement. Ce virus s’attaque au bananier, dont il infecte les tissus, et l’empêche de croître normalement jusqu’à la maturation. Il aurait déjà été détecté dans plusieurs pays africains. Ce virus aurait causé une perte de 200 millions de dollars en quelques années. Certains experts vont même jusqu’à avancé que ce nouveau fléau pourrait mener à la disparition de la banane telle qu’on la connaît aujourd’hui. Or, si une espèce disparaît, on ne pourra pas la recréer.

Chaque organisme vivant joue donc un rôle important dans l’écosystème dans lequel il évolue et, si on perd cette espèce, on perd les services qu’elle rendait à l’environnement et éventuellement à l’humain. Ne l’oublions pas. Et puis, vous savez, le littoral du Canada représente près de 16% des côtes mondiales, et 14,8% selon l’ONU (et sa Convention sur la loi des océans), des eaux marines de la planète. C’est dire l’importance que notre pays se doit de jouer dans la protection de la biodiversité du globe.

Travaillez-vous auprès de groupes de recherche particuliers?

Oui. Je suis notamment à la direction d’un des trois thèmes d’un groupe de recherche appelé CHONe pour Canadian Healthy Oceans Network, qui s’intéresse à la biodiversité des trois océans canadiens. Sa mission est d’aider au développement et à la gestion de politiques entourant cette question. Je suis également impliqué dans les regroupements Aquaculture-Québec, Québec-Océans et ArcticNet, en plus du groupe international Census of Marine Life.

Je suis aussi impliqué dans le projet Neptune. Il s’agit d’un projet de recherche unique qui implique l’installation de câbles, de caméras sous-marines et d’appareils océanographiques à 2000 à 3000 mètres de profondeur, au large de la côte Ouest canadienne. Le but est de comprendre les changements qui surviennent dans les grandes profondeurs et comment ceux-ci sont modelés ou influencés par ce qui se passe en surface. Nous suivrons donc l’évolution des fonds en direct. Déjà, ce matin, directement depuis mon ordinateur personnel, j’ai pu observer des coraux et hier, des bancs de calmars, qui sont, eux, situés au fin fond de l’océan! C’était absolument magnifique et captivant!

Je participe également au Census of Marine Life (CoML), un autre projet d’envergue qui s’est étalé sur une dizaine d’années et qui culminera l’an prochain, par un grand événement à Londres. Il s’agissait de la recension la plus exhaustive possible de toutes les espèces de vie marines qui peuplent nos océans. Il s’agissait d’une tâche qui, vous vous en doutez, s’est avérée colossale et que, d’ailleurs, nous ne pouvons affirmer qu’elle soit complète actuellement. D’ailleurs, un des prochains films de Walt Disney, qui sortira sur les écrans en février 2010 et qui s’intitulera Oceans, a été financé en partie par le groupe qui finance le CoML, soit la Sloan Fondation.

Vous travaillez aussi dans l’Arctique canadien. Quels sont les projets que vous y menez?

Étant donné que nous savons que la calotte polaire fond rapidement, nous travaillons, dans un premier temps, à documenter les fonds marins de l’Arctique canadien et nous tentons d’établir des relations entre les caractéristiques de ces fonds marins et la biodiversité qui s’y trouve.

Jusqu’à maintenant, nous avons recensé plus de 1000 espèces de 1 mm et plus qui vivent dans le sédiment uniquement sur 54 mètres carrés. C’est incroyable! Par ailleurs, il y a encore des zones difficilement atteignables, en Arctique, celles où la glace est présente en permanence et par grande profondeur. Il sera aussi très intéressant de suivre ces espèces, qui vivent constamment sous un couvert de glace.

Merci pour cette entrevue, monsieur Archambault.

Voici les suggestions de lecture et les références Web que Philippe Archambault a fourni, à l’intention des lecteurs qui souhaiteraient pousser plus loin la réflexion sur la biodiversité marine.

Suggestions d’articles de Philippe Archambault:

· Les coûts cachés de la perte de biodiversité, Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 12 juin 2009

· Appauvrissement en oxygène dans les eaux profondes du Saint-Laurent, Le Naturaliste canadien (2007), volume 131, numéro 1, pages 67-75

· Franc Vert, Volume 5, Numéro 2 - Dossier sur les océans. Les océans sonnent l’alarme, protégeons-les!

· Archambault, P (2008) La biodiversité marine : un réseau de chercheurs pour mieux la connaître et la protéger. Franc Vert 5:2

· Archambault, P (2004) La biodiversité: un concept nouveau ou ancien? Et sa valeur? Vecteur Environnement, 37(6) 24-25.

· Archambault, P & Hartog, F (2004) Le mystère de la biologie des fonds marins persiste. Vecteur Environnement, 37(6) 44-45

· McKindsey, CW (2004) Aquaculture et l’habitat du poisson : impacts négatifs ou positifs d’un point de vue de l’écosystème? Vecteur Environnement, 37 26-27.

Suggestions de sites Internet de Philippe Archambault:

· CHONe (Canadian Healthy Oceans Network): www.marinebiodiversity.ca/CHONe

· Projet Neptune: www.neptunecanada.ca. Ce site contient des vidéos des fonds marins captées à partir d’un sous-marin.

· Census of Marine Life: www.coml.org

· Bande annonce du film Oceans: http://disney.go.com/disneynature/oceans


> MON DÉCLIC SCIENTIFIQUE – HUBERT REEVES ET CLAUDE BENOÎT

Dans le cadre de notre nouvelle rubrique, nous avons demandé à différentes personnalités œuvrant dans le milieu de la culture scientifique et technologique québécoises quel avait été l’élément déclencheur de leur passion pour les sciences.

Nous diffuserons, au fil des éditions de La Toile scientifique 2009-2010, le fruit des réflexions qu’ils nous ont aimablement livrées. Nous entamons notre rubrique avec deux textes: un premier de l’astrophysicien bien connu Hubert Reeves, et un second de Claude Benoît, présidente et directrice générale de la Société du Vieux-Port de Montréal. Bonnes découvertes!

Qui a contribué à ce que la science soit le centre de mon existence?

Immédiatement des noms me viennent à l'esprit: celui de mon père qui me montrait les étoiles, celui de ma mère qui protégeait les oiseaux, et surtout celui du Père Louis-Marie, ami de la famille, qui m'accueillait dans son laboratoire à la Trappe d'Oka. Lui était botaniste et m'apprenait les plantes. J'étais curieux: il stimulait ma curiosité. Jamais il ne s'impatientait sous l'assaut de mes questions.
Son savoir et sa gentillesse pour moi ont été déterminants.

Et je sens encore l'odeur des fleurs séchées de son herbier.
C'est sans doute pourquoi je suis toujours avide d'apprendre.

Hubert Reeves
Astrophysicien

Le vivant est une belle machine…

Ma vocation pour les sciences trouve sa source… dans un cours de biologie donné par les sœurs au collège Marie-Anne où j’ai fait mes études secondaires. Au moment de la dissection d’un rat (oui, c’est vrai!), j’ai vu l’appréhension que je ressentais, et qui était partagée par mes consœurs de classe, se transformer en un enthousiasme débordant!

Je trouvais si harmonieuses et si merveilleusement bien organisées l’anatomie et la physiologie du petit animal que, immédiatement, j’ai su que c’est ce que je voulais faire dans la vie: comprendre ce fonctionnement, pour ensuite l’expliquer, le faire comprendre et l’apprécier.

En ce sens, mes années d’enseignante au secondaire m’ont permis de voir ma passion être nourrie par la curiosité et l’intérêt de mes élèves. Et, tout au long de ma carrière, j’ai été au cœur de projets et d’activités qui m’ont donné l’occasion de transmettre ces connaissances à divers publics.

Claude Benoît
Présidente et directrice générale de la Société du Vieux-Port de Montréal


> NOUVELLES

LE CANDA REMPORTE LES GRANDS HONNEURS AU MILSET
Les 42 exposants de la délégation du Canada, dont fait partie la délégation du Québec, ont remporté le prix Enrique Padilla, remis à la meilleure délégation de l’Expo-sciences internationale, qui se déroulait cette année à Tunis, en Tunisie du 22 au 29 juillet dernier.

Ce prix a été remis lors de la cérémonie de clôture, à laquelle assistait entre autres l’ambassadeur du Canada en Tunisie, Bruno Picard. Le prix a été remis aux représentants des organismes responsables de la délégation canadienne, soit Carole Charlebois, directrice générale du Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS) et Reni Barlow de Science Jeunesse Canada.

Le Prix Enrique Padilla, remis par le Mouvement International pour le Loisir Scientifique et Technique (MILSET), vise à souligner la mémoire de cet ancien membre du comité exécutif MILSET décédé en 1994. Il a dirigé de nombreuses délégations en provenance de l’Argentine qui étaient reconnues comme modèles à suivre.

L’Expo-sciences internationale du MILSET est un événement biennal qui accueille des jeunes scientifiques du monde entier. L’événement n’est pas une compétition scientifique, mais plutôt une plateforme d’échanges exceptionnelle pour tous les jeunes qui partagent la passion de la science. Pendant leur séjour, les jeunes de la délégation canadienne ont eu la chance, en plus de présenter leur projet, de participer à des ateliers scientifiques et d’effectuer des visites culturelles dans les environs de Tunis.

www.cdls.qc.ca

ACTIVITÉS 2009-2010 DU REGROUPEMENT QUÉBECOISEAUX
Le Regroupement QuébecOiseaux est un organisme sans but lucratif qui se consacre au développement du loisir ornithologique, ainsi qu’à la protection des oiseaux et de leurs habitats. L’organisme et ses clubs affiliés offrent maintenant aux écoles la possibilité d’accueillir un ornithologue passionné qui fera découvrir aux élèves le merveilleux monde des oiseaux! Les élèves auront alors l’occasion de découvrir l’univers fascinant des oiseaux et de leurs habitats, d’observer des oiseaux du Québec lors de sorties éducatives et d’enrichir leurs connaissances en environnement et en ornithologie.

Parmi les activités proposées au cours de l’année scolaire 2009-2010, mentionnons Découvrir les oiseaux du Québec!, Le Martinet ramoneur, Le mystère des nids et Observer les oiseaux. Pour en savoir davantage sur les activités scolaires du Regroupement ou pour réserver, vous êtes invités à le contacter:

www.quebecoiseaux.org

LA SCIENCE PREND LE MÉTRO
Diffusion Adage (1) propose, en partenariat avec le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (2), l’Agence science-presse (3), le magazine Les Débrouillards (4) et Alstom-Télécité (5), un projet de promotion de la culture scientifique auprès du grand public et des jeunes en âge de s’orienter vers une carrière en science, ou qui étudient déjà dans le domaine. À compter du 15 septembre, les afficheurs électroniques du métro deviendront la principale plateforme de diffusion des contenus de cette initiative. Le projet prévoit également un prolongement et un approfondissement dans Internet.

Présentant des jeunes passionnés de sciences, engagés dans une formation collégiale ou universitaire, le projet La science prend le métro vise à promouvoir et à informer sur plusieurs secteurs d’activités stratégiques où le Québec se démarque particulièrement: aérospatiale, biotechnologies, nanotechnologies, génomique, matériaux de pointe, technologies de l’information et des communications, de l’environnement et de l’énergie, etc.

(1) www.diffusionadage.com
(2) www.mdeie.gouv.qc.ca
(3) www.sciencepresse.qc.ca
(4) www.lesdebrouillards.qc.ca
(5) www.telecite.com/media

PROPULSEZ-VOUS AU MUSÉE ARMAND-FRAPPIER!
Pour souligner l’événement international, En ville, sans ma voiture!, le 22 septembre prochain, l’équipe du Musée Armand-Frappier laissera libre accès au grand jeu de société à l’échelle humaine J’embraye au vert aux visiteurs qui n’opteront pas pour la voiture solo pour s’y rendre. Les visiteurs pourront également assister gratuitement à la projection du documentaire Propulser le pays, présenté spécialement pour l’occasion.

Ce film, d’une durée de 45 minutes, est tiré de la série documentaire Manifestes en série d’Hugo Latulippe, récipiendaire de deux prix Gémeaux (meilleure réalisation et meilleur montage, série documentaire) en 2008. Il sera projeté au Musée à 10h30, 12h30, 16h et 17h30. Des animateurs scientifiques seront sur place pour répondre aux questions et échanger avec les visiteurs après chaque représentation. L’entrée est libre, mais on doit réserver sa place au 450-686-5641, poste 4217 ou à musee-afrappier@iaf.inrs.ca.

De plus, l’équipe du Musée Armand-Frappier renouvelle sa participation à l’événement provincial Journées de la culture en invitant les familles à venir combler leur appétit pour la culture scientifique, le 27 septembre prochain. Au menu: des visites de l’exposition MicroZoo adaptées pour les jeunes enfants et de l’exposition J’embraye au vert, qui s’adresse à toute la famille.

www.musee-afrappier.qc.ca

UNE ÉDUCATRICE MONTRÉALAISE DANS UNE EXPÉDITION DE STUDENTS ON ICE
Évelyne Daigle, éducatrice au Biodôme de Montréal (1), a fait partie, au cours de l’été 2009, de l’équipage d’une excursion unique en son genre: elle a mis le cap sur l’Arctique avec 75 jeunes pour l’expédition 2009 organisée par l’organisme Students on Ice. Des éducateurs provenant de quatre autres musées – le Musée du Manitoba, à Winnipeg, le Royal Alberta Museum, à Edmonton, le Nova Scotia Museum of Natural History, à Halifax, et le Musée du Nouveau-Brunswick, à Saint John – ont également pris part à l’expédition.

L’équipe s’est embarquée le 31 juillet à Kuujjuaq, dans le Nord du Québec, à bord du Polar Ambassador, pour aller explorer la partie nord du Nunavik et la partie sud de l’île de Baffin, au Nunavut, durant presque deux semaines. Elle est rentrée à Ottawa le 12 août. En tout, 75 jeunes du Canada et de partout dans le monde ont alors eu la chance d’explorer une partie de la planète à laquelle très peu auront accès.

Students on Ice (2) est un organisme primé qui invite des étudiants à des expéditions éducatives sur des navires dans l’Arctique et l’Antarctique depuis 2000. Pas moins de 30 scientifiques de renommée internationale, des environnementalistes et des éducateurs des zones polaires font également partie des groupes de voyageurs.

(1) www.museumsnature.ca
(2) http://studentsonice.com

Ce numéro a été préparé par Isabelle Pauzé.

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La Toile scientifique publie une dizaine de numéros par année sur une base mensuelle. Elle est expédiée à quelque 4000 adresses de courriel.

Cette publication reçoit l'appui du Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

N'hésitez pas à nous joindre:

Tél.: (514) 252-7456
Téléc.: (514) 252-3152
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