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Numéro
205, juin 2010
Format
pdf
«La
science, c’est ce que le père enseigne à son
fils. La technologie, c,est ce que le fils enseigne à son
papa.»
– Michel Serres, philosophe et académicien français,
né en 1930
SOMMAIRE
>
Dossier - la technologie au service de la science
>
Média scientifique
>
Déclic scientifique – Josée Nadia Drouin,
directrice générale de l’Agence Science-Presse
> Nouvelles
Les lauréats du Défi génie inventif
Nouveauté aux Éditions MultiMondes
Séjours d’immersion du Projet SEUR
>
DOSSIER – La technologie au service de la science
Pour son dernier numéro régulier avant la pause estivale
(quoique nous serons présents, à plus petite échelle
durant la belle saison), l’équipe de La Toile scientifique
s’est intéressée à une thématique
particulière : la technologie au service de la science.
Pour
développer ce thème, nous avons choisi l’exemple
des BioTrousses de la Biosphère d’Environnement Canada
et l’utilisation des iPod Touch dans le cadre de l’exposition
Copyright humain, présentée au Musée de la
civilisation de Québec jusqu’en septembre. Des entrevues
avec des experts qui ont collaboré à la conception
et à la réalisation de ces outils ont été
préparées à votre intention. Bonne lecture
et bon été scientifique!
>
ENTREVUE - Étienne Angers, chargé de projets à
la Biosphère et collaborateur à la conception des
BioTrousses
La
Toile scientifique: Monsieur Angers, à quel moment les BioTrousses
ont-elles été créées?
Étienne
Angers: Il faut remonter à 2001 pour que l’équipe
du Château Montebello, situé en Outaouais, fasse la
demande à la Biosphère de concevoir un outil duquel
pourraient se servir ses clients pour découvrir les beautés
naturelles du site de façon autonome. Ça a été
l’embryon de la première BioTrousse. Grâce au
guide ainsi conçu, les gens pouvaient admirer la mousse,
les arbres et la faune disséminés autour de l’hôtel.
Par la suite, le projet est tombé en dormance, pour redevenir
d’actualité en 2007.
Pourquoi
avoir relancé le tout à cette époque?
Pour
plusieurs raisons. D’abord, la Biosphère est alors
devenue le musée de l’environnement, avec un mandat
d’activités nationales. De plus, l’équipe
notait un déficit nature grandissant chez la population canadienne,
c’est-à-dire un manque de contacts avec les milieux
naturels. L’occasion était donc belle de concevoir
des outils pour intéresser les gens à se pencher sur
ces sujets, d’un océan à l’autre. En même
temps, il y avait 2010, l'Année internationale de la biodiversité,
qui approchait.
Parlez-nous
deux premières BioTrousses qui ont été créées
et auxquelles vous avez collaboré, soit la BioTrousse Urbaine
et la BioTrousse Nature.
Les
BioTrousses sont d’abord conçues pour les familles
comptant des jeunes de niveau primaire. Elles incitent le public
à explorer les paysages urbains et les zones naturelles à
l'aide de leurs cinq sens. Grâce à une série
d'activités interactives en plein air, elles permettent de
découvrir la biodiversité et ce qu'on peut faire pour
la préserver.
La
BioTrousse Urbaine invite les participants à poser un autre
regard sur la biodiversité présente dans les villes.
Au fil des pages du guide, qu’on peut télécharger
gratuitement dans le site Web, on découvre notamment les
sons, les odeurs et les différentes espèces que l'on
peut voir entre son domicile et le parc de son quartier.
Quant
à la BioTrousse Nature, elle propose aux gens de découvrir
la biodiversité en milieu naturel. Alors, tant les amateurs
de champignons que ceux qui sont curieux d’en apprendre davantage
sur les plantes carnivores ou les espèces en péril
trouvent dans cette trousse d'initiation un éventail d’informations.
Comme pour la BioTrousse Urbaine, une activité au retour
à la maison y est proposée, sous la forme d’un
diagnostic de sortie.
Vous
êtes intervenu à la fin de la production de ces deux
premières BioTrousses. Toutefois, vous avez collaboré
de façon importante à la création des deux
BioTrousses de site qui seront lancées tout prochainement,
n’est-ce pas?
C’est
exact. Je suis arrivé comme chargé de projet à
la Biosphère en décembre 2008. J’ai alors poursuivi
le travail de réalisation de deux trousses de site, qui seront
disponibles à l’été 2010, soit la BioTrousse
de l'île Sainte-Hélène et la BioTrousse du cap
Tourmente.
Présentez-nous
ces deux nouveautés.
Ces
deux BioTrousses sont créées sur le mode de «
l’aventure dont vous êtes le héros. » Avec
la BioTrousse de l’île Sainte-Hélène,
les gens partiront en randonnée pour mieux découvrir
la faune et la flore de l’île. Leur quête consistera
à trouver la combinaison permettant d'ouvrir le coffre d’un
botaniste qui a été de passage sur l’île
en 1749, Pehr Kalm. Il est entre autres question, dans cette BioTrousse,
d’espèces envahissantes et d’identification d’arbres.
Il sera possible de faire le parcours avec ou sans GPS, qui sont
disponibles en location à la Biosphère. L'activité
dure entre 1h30 et 3h selon les choix que l’on fait.
Le
site de la Réserve nationale de faune du cap Tourmente, quant
à lui, est extrêmement intéressant et riche
du point de vue de la biodiversité, puisque quatre écosystèmes
s’y côtoient de très près. Il tombait
sous le sens de créer une BioTrousse s’y rattachant.
Ici, on base le scénario sur le naufrage de L’Éléphant,
qui a véritablement eu lieu au XVIIIe siècle. Les
visiteurs se transforment en habitants de cap Tourmente, qui accueillent
les naufragés et doivent préparer le repas du capitaine
en identifiant différents ingrédients, dont des quenouilles.
Dans l’autre partie de l’activité, les visiteurs
doivent aussi divertir le capitaine, ce qu’ils font par l’entremise
de l’étude des chauves-souris, de l’identification
des oiseaux, de l’observation des oies et de la vérification
de la qualité de l’air à l’aide des lichens,
etc. L’option « avec GPS » est également
possible.
Quels
sont les projets à venir, en ce qui concerne les BioTrousses?
La
BioTrousse Urbaine sera personnalisée pour certaines grandes
villes au Canada, dont Montréal et Halifax. Dans chacune
de celles-ci, on mettra en évidence plusieurs initiatives
et particularités locales, par l’entremise de photos
et d’activités ludiques et informatives.
Par
exemple, dans celle de Montréal, qui sera lancée à
l’été, on traitera notamment d’eau, d’agriculture
urbaine et de ruelles vertes. Dix grands parcs de la Ville seront
également en vedette en annexe et certains points d'intérêt
seront soulignés grâce à la technologie GPS.
Plusieurs autres villes se montrent aussi intéressées
à avoir leur BioTrousse. Un site Internet sera également
lancé en juin 2010 et il regroupera toutes les informations
sur les différentes BioTrousses. Surveillez le site de la
Biosphère pour tous les détails.
Merci
pour cette entrevue, monsieur Angers, et bon succès estival
avec les BioTrousses.
www.ec.gc.ca/biosphere
> ENTREVUE - Ana-Laura Baz, chargée de projet
en éducation au Musée de la civilisation de Québec
La
Toile scientifique: Madame Baz, parlez-nous d’abord de l’exposition
Copyright humain, présentée jusqu’en septembre
prochain au Musée de la civilisation.
Ana-Laura
Baz: Il s’agit d’une exposition mise en place
par le Service des expositions du Musée. Elle porte sur l’évolution
de la pensée humaine, de nos origines animales jusqu’au
futur, compte tenu de l’évolution des technologies,
des comportements et des sociétés. Le fait que la
pensée soit le propre de l’humain trouve d’ailleurs
écho dans le titre de l’exposition.
Elle
est divisée en trois parties, chacune représentant
une étape de la pensée humaine. La première
considère le « pré-humain », c’est-à-dire
les changements qui ont permis l’évolution de l’animal
vers l’humain. Cela englobe la bipédie, la libération
du regard et des mains, et les changements physiologiques et comportementaux
qui s’ensuivent. La deuxième partie s’intéresse
à la période « humaine », avec le développement
de la parole, de l’écriture, du calcul, ces technologies
qui ont révolutionné l’humain et son positionnement
dans l’univers. La créativité, les valeurs et
les choix sont aussi traités dans cette seconde partie. Enfin,
la troisième section de l’exposition aborde la question
du « post-humain » et tout ce qui concerne les recherches
scientifiques en génétique et en nanotechnologies,
notamment. Cette troisième étape dans l’évolution
de la pensée est en quelque sorte dématérialisée,
en cette ère du numérique.
Quelle
a été votre implication dans la conception de cette
exposition?
En
tant que membre de l’équipe du Service de l’éducation
du Musée, j’ai développé le contenu et
l’approche de la visite commentée sur iPod Touch. J’ai
aussi été responsable de l’implantation technologique
de l’infrastructure derrière la location des iPod Touch.
J’ai commencé à travailler sur le projet en
juin 2009.
Pourquoi
avoir choisi cette approche novatrice à des fins de médiation
scientifique?
Lorsqu’on
le compare à d’autres audio-guides, l’iPod Touch,
de par sa conception même, permet une expérience beaucoup
plus globale. Dans notre outil, il y a bien sûr la portion
« audio », constituée des 24 narrations qui ponctuent
l’exposition. Nous avons aussi expérimenté,
dans certaines d’entre elles, des approches différentes,
notamment axée sur l’animation multimédia et
la vidéo.
Nous
utilisons aussi les iPod Touch pour la dernière portion de
l’exposition, celle qui concerne le post-humain et qui met
en relief, par l’entremise d’un module multimédia
interactif, les paroles de 16 penseurs qui, juxtaposées,
peuvent amener à penser qu’il s’agit d’un
dialogue, même si, physiquement, les gens ne se trouvent pas
ensemble. Le visiteur aussi est amené, grâce aux possibilités
d’Internet sans fil, de participer à ces « dialogues
», par l’entremise des commentaires qu’il peut
émettre.
Il
s’agissait d’une première expérience au
Musée. Qu’en avez-vous retenu?
Lors
de la première étape, nous avions fait le choix de
développer une page Web adaptée à l’iPod
Touch, ce qui permettait à tout utilisateur d’un téléphone
mobile d’avoir accès au contenu, par l’entremise
d’Internet sans fil, qu’on déployait simultanément
au Musée. Cependant, le temps de chargement un peu long (du
moins de l’avis de nos premiers visiteurs) nous a plutôt
amenés à modifier cette approche et à miser
plutôt sur le développement d’une application
iPhone. Celle-ci a été lancée en février
2010. L’expertise que nous avons développée
nous servira assurément pour de prochains projets.
Quels
sont les commentaires des visiteurs relativement à ce nouvel
outil?
Les
réactions sont très positives : plus de 300 personnes
sont venues au Musée avec leur propre iPod Touch ou leur
iPhone pour visiter l’exposition. De plus, la beauté
de l’outil, c’est que les gens n’ont pas besoin
d’être physiquement au Musée pour avoir accès
au contenu. L’accès à celui-ci se trouve donc
démocratisé. D’ailleurs, des centaines de personnes
dans plusieurs pays du monde ont déjà utilisé
l’application.
Comment
comptez-vous réutiliser l’expertise développée
au cours de ce projet novateur?
Nous
avons fait l’acquisition de 80 iPod Touch pour Copyright humain;
nous comptons bien nous en resservir! Déjà, nous savons
que nous utiliserons la technologie dans deux autres projets, dont
une exposition scientifique.
Merci
pour cette entrevue, madame Baz, et bon succès estival avec
votre exposition!
Pour
en savoir plus :
Site Web de l’exposition :
www.mcq.org/copyrighthumain
Application iPhone : http://itunes.apple.com/ca/app/mcq-copyright-humain/id362316782?mt=8
>
MÉDIA SCIENTIFIQUE
Événements
scientifiques au Québec (INFO+ACS - 8 juin 2010)
Calendrier
des événements scientifiques au Québec pour
les deux prochaines semaines Info+ACS Rubrique événements
http://infoacs.acs.qc.ca/infolettre/visionner/100608/#mozTocId544070
L’Info+ACS est l’infolettre de l’Association des
communicateurs scientifiques du Québec.
Pour plus d’information : www.acs.qc.ca - 514 844 4388 poste
250
> DÉCLIC SCIENTIFIQUE
Dans le cadre de cette rubrique, nous demandons à
différentes personnalités œuvrant dans le milieu
de la culture scientifique et technologique québécoises
quel avait été l’élément déclencheur
de leur passion pour les sciences.
Josée
Nadia Drouin, directrice générale de l’Agence
Science-Presse
De
la recherche à la vulgarisation…
Au cours de mes études, dans les années 1980, j’ai
d’abord complété un certificat, puis un baccalauréat
en écologie, tous deux à l’UQAM. Puis, constatant
que ma formation était trop générale, je me
suis inscrite à la maîtrise en biologie moléculaire
à l’Université de Montréal. Je me suis
alors intéressée à la biologie végétale,
et plus particulièrement aux distinctions morphologiques
et moléculaires de différentes espèces de pissenlits
!
Je
me plaisais beaucoup dans la vie de chercheur et j’appréciais
le travail en laboratoire. Mais le contact humain a toujours également
été très important pour moi. J’ai d’ailleurs
beaucoup apprécié mon travail d’animatrice au
Jardin botanique. Quant à la « piqûre »
de la vulgarisation, elle m’est d’abord venue au cours
de mes études de maîtrise, alors que je rédigeais
de nombreux rapport de recherche et qu’une directrice avait
remarqué la vivacité de ma plume.
Par
la suite, j’ai connu des gens qui gravitaient autour de l’Agence
Science-Presse. De fil en aiguille, j’ai troqué la
vie de chercheur pour celle de vulgarisatrice scientifique professionnelle,
en entrant à l’ASP. C’était en 2001…
et, quand j’y repense aujourd’hui, je ne regrette absolument
pas mon choix !
>
NOUVELLES
Les
lauréats du Défi génie inventif
Les meilleurs inventeurs des écoles secondaires se sont livré
un défi de taille en participant à la neuvième
finale québécoise du Défi génie inventif,
le samedi 5 juin dernier. Cette compétition technologique,
organisée par le Conseil de développement du loisir
scientifique, a eu lieu au Centre des sciences de Montréal.
Les
participants au défi 2010, intitulé Le tracteur déchaîné,
ont travaillé d’arrache-pied pendant l’année
scolaire afin de concevoir un véhicule devant se déplacer
sans moteur, grâce à la force engendrée par
l’énergie potentielle gravitationnelle. Le véhicule
– ou tracteur – devait également être en
mesure de tirer une lourde chaîne sur la plus grande distance
possible.
Le
ministère du Développement économique, de l’Innovation
et de l’Exportation, le Conseil de recherches en sciences
naturelles et en génie du Canada, l’Ordre des ingénieurs
du Québec ainsi que Ztélé ont été
partenaires de la finale québécoise du Défi
génie inventif. Le site du CDLS fournit toute l’information
utile concernant le concours, incluant des photos et le nom de tous
les gagnants.
www.cdls.qc.ca
Nouveauté
aux Éditions MultiMondes
Saviez-vous que le cerveau a une masse d’à peine 1,4
kg, qui fonctionne avec aussi peu d’électricité
qu’une ampoule de 10 watts? Et pourtant, c’est lui qui
domine toutes nos fonctions avec une précision à faire
rougir les horlogers suisses! Voilà l’un des nombreux
constats que vous pourrez tirer lors de la lecture de Cerveau.net.
L’organisation et le fonctionnement de notre cerveau, un volume
grand public écrit par le chirurgien à la retraite
Dr Jacques Gagnon et publié aux Éditions MultiMondes.
«
Le livre offre un voyage au pays du corps humain, commenté
par un guide expérimenté qui a sillonné ses
champs cachés pendant 45 ans et qui connaît à
fond ses éléments, leurs fonctionnements et leurs
politiques de libre-échange! », précise le communiqué
de presse du lancement. Le Dr Gagnon partage avec les lecteurs sa
vaste expertise, en termes vulgarisés et facilement compréhensibles,
avec la passion, la précision et la générosité
qui le caractérisent. Les connaissances transmises nous permettent
de saisir toute la richesse, mais aussi la complexité de
l’être humain.
www.multim.com
Séjours
d’immersion du Projet SEUR
Pour la 10e année consécutive, le Projet SEUR (Sensibilisation
aux Études Universitaires et à la Recherche) accueillera
des élèves de 3e, 4e et 5e secondaire durant la période
estivale sur le campus de l’Université de Montréal.
Dans
le cadre de séjours gratuits, les participants auront l’occasion
de se familiariser avec le milieu universitaire et d’amorcer
leur réflexion sur leur choix de carrière. Par l’intermédiaire
de conférences, d’activités interactives et
de visites d’entreprises, ces jeunes auront l’opportunité
d’être mis en contact avec les domaines des sciences,
des sciences de la vie, des sciences humaines, des arts et des lettres.
Les
séjours constituent des expériences enrichissantes
pour les élèves qui leur permettent d’échanger
avec des étudiants à la maîtrise et au doctorat,
ainsi qu’avec des chercheurs et des professeurs de l’université.
Ce sont ces mêmes chercheurs qui animeront conférences
et activités lors des séjours.
D’une
durée d’une semaine, les séjours d’immersion
sur le campus proposeront des visites en entreprise, telles que
Bell Canada, Hydro Québec et les Éditions Fides. Pour
l’été 2010, les séjours sont répartis
sur six semaines, soit du 28 juin au 6 août. Il est possible
d’obtenir plus de renseignements et de s’inscrire en
ligne pour les semaines à venir en visitant le site Web du
Projet SEUR.
www.seur.qc.ca
Ce
numéro a été préparé par Isabelle
Pauzé. |