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Un
message gouvernemental ambigu
Le
Canada peut-il se permettre de
négliger la culture scientifique et technique?
04.1999
-- À l'heure de l'économie du savoir, la science et la technologie
sont devenues des instruments essentiels de développement pour
la société canadienne. Le Gouvernement fédéral l'a reconnu: dans
ses deux derniers budgets, il a renoncé aux compressions budgétaires
prévues pour la recherche et même majoré les fonds alloués.
En
même temps, toutefois, le même gouvernement a mis fin à son programme
Science et Culture Canada de promotion de la culture scientifique
et technique auprès de la population pour concentrer ses efforts
sur l'infrastructure de diffusion par Internet.
Science
pour Tous estime que le Gouvernement canadien donne ainsi un
message ambigu à la population. Comme si les nouvelles technologies
pouvaient fleurir et prospérer au Canada sans que toute notre vie
culturelle ne fasse une large place au savoir et à l'activité scientifique
! Comme si les chercheurs, la main-d'úuvre technique et les entrepreneurs
innovateurs surgissaient par génération spontanée, indépendamment
des priorités culturelles des gens ordinaires, des professeurs,
politiciens,investisseurs ou hommes et femmes d'affaire!
Science
pour Tous est convaincu que les jeunes Canadiens ne s'orienteront
spontanément vers des carrières scientifiques que lorsque ces valeurs
auront été intégrées à leur propre culture d'adolescents. Ils doivent
être familiers avec les sciences et les technologies. Ils doivent
avoir de bonnes connaissances et en maîtriser les concepts. D'où
l'importance de bien vulgariser la science et la technologie. Cette
vulgarisation doit être soutenue par des outils variés, par des
moyens et des lieux pour faire connaître et aimer la science et
la technologie.
Science
pour Tous juge que la culture scientifique fait partie intégrante
de la culture générale des citoyens et que la vulgarisation scientifique
constitue un complément essentiel à l'éducation formelle. Elle permet
aux jeunes et à l'ensemble de la population de s'insérer résolument
dans la nouvelle économie du savoir. De façon plus générale, elle
leur permettra d'être mieux éclairés, plus critiques pour participer
au débat social sur ces enjeux. Certes, le Canada a mis en place
d'importants programmes de diffusion scientifique et technologique
dans le cadre des nouvelles technologies de l'information.
Mais c'est insuffisant, car la disponibilité de l'information sur
internet ne garantit pas que le citoyen ordinaire aura le goût d'y
accéder, ni les moyens d'en apprécier la pertinence. L'intégration
culturelle de la science et de la technologie exige des échanges
personnalisés, des activités où jeunes ou moins jeunes construisent
eux-mêmes leur savoir ; cela exige une pédagogie, des activités
d'animation, des musées, des émissions, des revues scientifiques
vulgarisées qui informent, questionnent et font réfléchir.
Science
pour Tous regrette que le Gouvernement du Canada accorde si
peu d'importance au soutien des organismes locaux ou régionaux,
petits ou grands, qui vulgarisent la science et la technologie et
qui les rendent pertinentes pour le citoyen ordinaire. Un
exemple: comment concevoir que le Conseil de développement du loisir
scientifique du Québec ne reçoive plus aucun support financier alors
que sa réputation dépasse largement les frontières du pays?
Par ses Expos-science, il touche des milliers de jeunes. Il
les implique activement dans des activités scientifiques et diffuse
leurs réussites et leur enthousiasme.
Science
pour Tous demande au Gouvernement fédéral de se donner une vraie
stratégie de diffusion de la science et de la technologie auprès
des jeunes et du grand public. Au même titre que pour le sport amateur,
par exemple, cette stratégie doit faire appel aux compétences et
à l'engagement des organismes locaux et régionaux qui úuvrent dans
ce secteur. Le Gouvernement fera alors d'une pierre deux coups:
il encouragera explicitement les organisations qui font déjà du
travail sur le terrain et il augmentera l'effet de levier de son
investissement grâce aux milliers de bénévoles qui úuvrent dans
ces organismes de promotion de la culture scientifique et technique.
Pourquoi, par exemple, le Gouvernement ne donnerait-il pas le mandat
de soutenir les activités des organisations de vulgarisation scientifique
et technologique à ses bureaux régionaux ainsi qu'à ses organismes
ou laboratoires disséminés sur le territoire?
Science
pour Tous propose une réflexion ouverte sur l'importance de
la vulgarisation scientifique et sur la stratégie la plus féconde
pour la développer. La table ronde organisée lors du 67e congrès
de l'Acfas en constitue la première étape. Science pour Tous
offre aussi sa collaboration pour organiser d'autres forums d'analyse
et de réflexion résolument tournés vers l'action. Science pour
Tous offre enfin son expertise en matière de promotion des sciences
et des technologies pour développer de nouveaux programmes adaptés
aux impératifs de notre société à l'aube du troisième millénaire.
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