" UNE RELÈVE EN SCIENCE ET TECHNOLOGIE "
OUI… MAIS LAQUELLE?

De Trois-Rivières aux Îles-de-la-Madeleine, les données provenant de la DRSI - MEQ nous font entrevoir une baisse démographique majeure de la clientèle scolaire pour l'ensemble de ces régions. Comparativement à septembre 1998, une chute de 37% des inscriptions en 5e secondaire est anticipée d'ici septembre 2017.

À ces données, s'ajoute un phénomène de désintéressement des jeunes pour l'ensemble du secteur " sciences et technologie ". Une étude réalisée par Madame Sylvie Rheault portant sur le profil scientifique des jeunes au secondaire de 1997 à 2002 signale une diminution significative des jeunes possédant un profil scientifique élevé . Madame Rheault constate que (p. 6):

" la diminution observée (), quoique de seulement 2,3 points de pourcentage est inquiétante. Il s'agit, en effet, de jeunes qui possèdent des qualifications pouvant les amener dans une formation universitaire à caractère scientifique ".

À titre d'illustration de ce phénomène dans la région de Québec, un recensement des inscriptions de juin 2000 à juin 2003 pour la commission scolaire de la Capitale indique une baisse de 2% en Chimie 534, une baisse de 4% en Physique 534 et une chute de 9% en Mathématique 536.

Au cours du cursus secondaire, on observe donc, ces récentes années, un désistement des jeunes pour le profil scientifique élevé. Mais qu'advient-il de ceux qui terminent leur DES avec ce profil scientifique élevé? La réponse s'avère encore plus dérangeante. Partant de données fournies par la DRSI-MEQ, j'ai examiné l'évolution du choix de programme de ces élèves m'en tenant aux extrémités de l'éventail des programmes offerts soit celui présentant le profil scientifique le plus élevé et celui sans aucun profil scientifique tel que défini par Mme Rheault dans son étude. Comme pour les courbes démographiques, je me suis limité aux régions qui constituent le bassin naturel de recrutement de l'Université Laval.

On observe, pour l'ensemble des régions, pour la période de 1997 à 1999, qu'une proportion variant de 9 à 15% des jeunes disposant d'un DES à profil scientifique élevé ont choisi un programme sans profil scientifique. À partir de l'an 2000, s'amorce une modification majeure des courbes. Pour cette même catégorie de jeunes, le rejet des programmes à profil scientifique élevé au profit des programmes sans profil scientifique passe à la fourchette de 30 - 40 %.

Pour la région de la Capitale Nationale, alors que 10% des jeunes délaissaient les sciences et technologies en 1999 dans leur choix de programme au niveau collégial, 34% d'entre eux suivent cette voie en 2002. C'est 24% d'inscriptions en moins dans nos programmes au niveau des disciplines scientifiques. C'est également 24% moins de diplômés pour nos industries de moyenne et haute technologie lesquelles poussent déjà les hauts cris faute de personnel spécialisé.

Ce portrait pose non seulement une problématique de recrutement pour les institutions d'enseignement collégial et universitaire mais devient un enjeu majeur pour l'essor de la productivité de nos entreprises et, plus largement, il soulève l'avenir du développement économique régional pour l'ensemble du territoire à l'est de Trois-Rivières.

Tableau 1

PERSPECTIVES : 2010-2020
Évolution du bassin potentiel de recrutement de l'Université Laval tenant compte de sa zone d'influence.

Tableau 2

Recensement des inscriptions en Chimie 534, Physique 534 et Mathématique 536
(information recueillie dans les tableaux des inscriptions aux épreuves uniques et locales)

Tableau 3


[1] « Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs » - MEQ

[2] Annexe # 1

[4] Élève terminant un DES avec les matières CHM-584, PHY-584 et Mat-536

[5] Annexe # 2

[7] Mis à part les régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec

Un document réalisé par Pierre Choquette, coordonnateur Programme "La science au quotidien" à la Faculté des Sciences et de Génie de l'Université Laval