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NB:
Cette page a été modifiée le 25 juillet pour
tenir compte d'informations plus fraiches issues d'une rencontre
du 10 juillet avec deux sous-ministres du MDER.
Des
coupures dans les minuscules
subventions à la culture scientifique!
Même
si le tableau n'est pas encore complètement clair, le Gouvernement
Charest semble avoir oublié
ses promesses électorales, coupant environ 1 million
$ dans ses maigres subventions aux organismes de culture scientifique.
Ces réductions budgétaires comportent deux blcs principaux:
Le programme Étalez
votre science est réduit des DEUX-TIERS, soit de
700 000 $.
Compte tenu des engagements déjà pris, cela ne laisse
que 194 000$ pour satisfaire toutes les demandes acheminées
plus tôt cette année. «Les jurys se sont déjà
penchés sur les dossiers», explique Brigitte Van Coillie-Tremblay
d e la Direction de la culture scientifique et technique au ministère
du Développement Économique et Régional du
Québec.. «En raison des coupures, il va falloir que
l'on décide comment on répartit les sommes qui nous
restent. Nous sommes à l'étape des propositions».
Depuis lors, le MDER a accepté cinq nouveaux projets qui
avaient été retenus par les jurys des volets 1 et
2, tenus sous la juridiction du MCC. Compte tenu des budgets à
réserver pour les engagements antérieurs pris dans
la cadre d'Étalez votre science, c'était le
maximum réalisable souligne Mme Van Coillie-Tremblay. On
envisage aussi, dit-elle, de constituer une seul programme regroupant
Étalez votre science et Aide à la relève.
Les volets de ce programme restent à définir
mais son format final fera l'objet de consultations dans le milieu."
On peut penser que ces coupures affecteront surtout les petits organismes
régionaux puisque une bonne proportion des projets Étalez
votre science soutenus par le volet 3 avaient des retombées
dans les régions périphériques du Québec.
Le programme finance partiellement le salaire d'une personne affectée
à un projet particulier dans un organisme de culture scientifique
sans but lucratif, un musée ou une publication scientifique.
Étalez votre science incluait aussi des stages de perfectionnement
hors Québec pour des communicateurs scientifiques.
Les
programmes d'aide à la promotion des carrières et
à la promotion de la science qui étaient gérés
par l'ancien MRST sont réduits d'environ 560 000$, soit 13,4%.
Résultat net: le total de ces deux budgets passe de 4 166
800 $ à 3 608 100 $.
Comme
l'Aide à la relève en science et en technologie a
été réduite de 185 000$ (10%), ce programme
ne dispose plus que de 1,7 million $. Il soutient diverses activités
comme les "projets sciences" des écoles Saint-Louis
de Marillac et Fernand-Seguin à Montréal ou encore
la réalisation d'une boîte à outils pédagogiques
utiles en sciences (OPUS) de la chaire CRSNG/Alcan pour les femmes
en science et génie au Québec (Chaire Isabelle Maréchal).
Dans
le volet de la diffusion scientifique figurent les Prix scientifiques
du Québec, la tenue de congrès, la revue Médecine
Science, les organismes majeurs qui étaient soutenus
par le MRST (l'ACFAS, la Société pour la promotion
de la science et de la technologie, les Scientifines, Science pour
tous, Science on tourne, le CDLS et Compétences-Québec
). etc.
Les
«organismes majeurs» sauvent-ils les meubles?
À
première vue, les «gros» organismes de culture
scientifique (ceux qui bénéficiaient de subventions
pour leur fonctionnement institutionnel) s'en tirent plutôt
bien. En effet, ces subventions de fonctionnement échappent
pour l'instant aux coupures annoncées ... même si on
ne sait pas ce qu'il adviendra d'eux l'an prochain. «La dynamique
a été de sauvegarder le fonctionnement des organismes
existant en loisir et culture scientifique», explique Brigitte
Van Coillie-Tremblay.
Ls
organismes nationaux qui relevaient auparavant du MCC (Québec
Science, Société pour la promotion de la science et
de la technologie, Téléscience, Les Débrouillards,
Agence Science-Presse, etc.) se partagent donc encore 616 000 $
pour l'année en cours. De même, les organismes régionaux
en loisir scientifique (les neuf CLS) conservent leur subvention
de 338 900 $. Même chose pour les organismes nationaux en
loisir scientifique (CDLS, association des ornithologues amateurs,
association des astronomes amateurs, les 4 H, etc.), qui bénéficieront
toujours de 381 200 $ cette année.
Un
contexte de coupures budgétaires bien plus large...
Par
contre, plusieurs organismes sont touchés indirectement par
les autres coupures budgétaires qui ont frappé le
monde de l'éducation, des sciences et des loisirs. Par exemple,
il semble que plusieurs commissions scolaires ont mis au réfrigérateur
leurs projets pédagogiques ou parascolaires conjoints avec
des organismes de culture scientifique. «Nous allons survivre
mais nous n'aurons plus les moyens de rien faire», note Patrick
Beaudin de la Société pour la Promotion de la Science
et de la Technologie.
Tout
cela s'inscrit en effet dans des coupes plus larges au sein du Gouvernement:
Au moment où la culture scientifique et l'ex-ministère
de la Recherche, Science et Technologie se voient intégrés
au ministère du Développement Économique et
Régional, ce dernier perd lui-même 216 millions $ pour
ses autres activités, une baisse de presque 20% à
848 millions$.
Pour le moment toutefois, les fonds dévolus à la science
sont grugés à peine d'un million $ ... sur 239 millions
$.
Voilà
donc ce que dénonce l'Association francophone pour le
savoir- ACFAS: «La réduction de 12,5% des taux
de crédits d'impôt à la recherche scientifique
et au développement expérimental donne un signal négatif
de l'importance que le gouvernement accorde à la recherche
et à l'innovation», souligne son président,
Marc-André Sirard. Il déplore aussi que ce budget
ne prévoie aucun crédit afin de poursuivre la Politique
scientifique du gouvernement précédent.
Les
difficultés du monde de la recherche risquent elles aussi
de se se répercuter sur la culture scientifique, selon Patrick
Beaudin, directeur de la Société pour la promotion
de sa science et de la technologie: «Un des impacts du
désinvestissement dans la recherche sera que les institutions
vont réduire leur contribution à la culture scientifique
et elles auront une excuse en or pour le faire!»
Malgré
tout, certains ministères s'en tirent mieux que d'autres:
Non seulement le nouveau gouvernement privilégie-t-il la
santé ( 19 milliards $) et l'éducation (11,5 milliards
$) mais le ministère de la Culture et des Communications
recevra aussi 6 millions $ de plus, frôlant maintenant le
demi-milliard $. Ces nouveaux crédits vont à Télé-Québec
qui reçoit (4,5 millions $ supplémentaires pour un
total de 62,5 millions $) - et au Conseil des arts et des lettres
du Québec qui pourra distribuer près de 7 millions
$ de plus. Une prouesse réalisée en sabrant dans les
budgets de la culture scientifique, du Musée de la civilisation
de Québec ou encore la Bibliothèque nationale
du Québec. Ces coupures sont particulièrement
dénoncées par le milieu des des Arts et par celui
des livres qui subit toujours la révision des règles
d'acquisitions des livres pour les bibliothèques publiques
(une mesure adoptée à l'automne par le gouvernement
péquiste).
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