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Le
bilan des ateliers du Forum 2000
Atelier
1: Le
Big Bang de la culture scientifique et technique
Animateur:
M. Hervé Fischer, président de Science
pour tous
Panélistes:
M. Patrick Beaudin, directeur général,
Société pour la promotion de la science
et de la technologie
Mme Claude Benoît, directrice, Centre interactif
des sciences de Montréal
M. Pierre Sormany, rédacteur en chef, émission
Découverte, Société Radio Canada
Le
Big Bang de la science constitue un défi de société,
faisant appel à la créativité, à
la citoyenneté pour relever le défi du futur.
Il s’effectue sous le signe de la transdisciplinarité,
qui devrait faire plus de place aux sciences humaines et
non pas seulement aux sciences dures.
Il implique de savoir mieux communiquer la science, mieux
savoir l’enseigner.
Comme toute culture, la culture scientifique et technique
constitue un lien social important. Il faut penser à
relier les sciences, les groupes de recherche, les organismes
de diffusion, les institutions et le grand public.
Le réseautage est un facteur essentiel d’intégration
et de succès.
Se méfier du concept de post-humanisme. Penser plutôt
à «refonder» l’humanisme, mis à
mal par la barbarie guerrière du XXe siècle,
en y intégrant les nouvelles questions de la technoscience,
de l’accélération du changement, des biotechnologies,
de l’intelligence artificielle, de la nouvelle économie
et de la mondialisation.
Atelier
2: Étalons
notre science
Animatrice
:
Mme
Lucie Saint-Gelais, présidente,
Conseil du loisir scientifique (CDLS), région de
Québec
Panélistes:
M. Michel Lamontagne, Directeur, Équipements
scientifiques, Ville de
Montréal
Mme Lise Barrette, coordonnatrice du développement
de la CST, Ministère de la culture et des Communications
du Québec
Mme Hélène Côté, présidente,
Conseil du Loisir Scientifique du Saguenay-Lac-Saint-Jean
Mme Brigitte Van Coillie-Tremblay, directrice, Direction
de la promotion et de la diffusion, Ministère de
la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec.
Il
est rappelé que le gouvernement du Québec,
avec plusieurs ministères, a initié et accompagné
efficacement le développement de la culture scientifique
et technique au Québec notamment depuis une douzaine
d’années, tant au niveau local, que régional
et national. Le programme «Étalez votre
science» a joué un rôle important et
sans doute contribué à la promotion des femmes
en science. Avec l’arrivée du Ministère de
la Recherche, de la Science et de la Technologie, nous pouvons
envisager une nouvelle étape. La question se pose
de redéfinir la répartition des rôles
entre ce ministère, et les ministères de la
culture et de l’éducation, ainsi que de tous les
autres, notamment du tourisme, qui se trouvent concernés.
Le rôle des municipalités et de leurs équipements
scientifiques devrait aussi augmenter, notamment à
travers le réseau des bibliothèques, l’institution
culturelle la plus fréquentée par le grand
public.
Atelier
3: La
Science pour Tous: oui, mais comment?
Animatrice:
Mme Claude Benoît, directrice du Centre Interactif
des Sciences, Montréal
Panélistes:
Mme Martine Bernier, directrice des expositions
itinérantes, Musée du Séminaire de
Sherbrooke
M. Michel Dumais, journaliste et chroniqueur en
NTI
M. Yvon Fortin, physicien et professeur au CEGEP
Garneau
La
diffusion de la culture scientifique se fait de façon
complémentaire par les journalistes, les enseignants
et les responsables d’institutions culturelles, comme
en témoigne le choix des panélistes.
Il
s’agit d’un vaste chantier permanent d’expérimentation.
Il est important d’y montrer et d’y susciter la passion,
d’exciter «les récepteurs»! Pour
cela il nous faut mieux connaître nos clientèles,
faire plus confiance à nos publics dans leur capacité
de comprendre, tendre à plus de rigueur dans la
diffusion des contenus scientifiques. Les
adolescents et les aînés ne sont pas assez
rejoints. Face
à la multiplicité des sources et de formes
d’information, il est important de développer un
sens critique, de mieux adapter nos moyens de diffusion
aux clientèles visées et de favoriser plus
de maillage. Le
réseau de «La Toile scientifique du Québec
» constituera un outil essentiel pour cette tâche.
Atelier
4:
Bonjour monsieur le professeur
Animatrice:
Mme Denise Provençal, présidente, Association
des professeurs de science du Québec
Panélistes
:
M. André Blondin, conseiller pédagogique,
Service des études dirigées
M. Claude Giroux, directeur adjoint, Direction de
la Formation des Jeunes, Ministère de l’Éducation
du Québec
M. Claude Lamb, responsable des projets spéciaux,
Société de gestion du réseau informatique
des commissions scolaires (Société GRICS)
Mme Céline Saint-Pierre, présidente,
Conseil supérieur de l’Éducation
Les représentants du MEQ rappellent la mission de
l’école et l’importance des contenus en science et
technologie que les jeunes doivent y acquérir à
chaque étape. Le Conseil supérieur de
l’Éducation exprime ses craintes au sujet du nouveau
curriculum et de la formation des maîtres. La
pédagogie devrait être revue de façon
à apprendre aux enfants en faisant davantage appel
aux sens, à l’expérience et au vécu.
Les bibliothèques des écoles devraient développer
et tenir à jour leurs livres et magazines en
science et technologie. On demande à l’enseignant
de mieux utiliser les ressources du milieu, et c’est aussi
la demande de l’enseignant de pouvoir en être informé
et d’y accéder plus facilement. Il faudrait s’en
donner les moyens. Il faut renforcer la formation des enseignants.
Les nouvelles technologies d’information à l’école
vont profondément modifier l’enseignement à
terme. Il faut apprendre à mieux les maîtriser
pédagogiquement et développer des NTE – Nouvelles
Techniques d’Enseignement -, comme on parle des NTI. Nous
avons besoin d’instaurer une veille permanente sur
la bonne mise en oeuvre des réformes, sur l’attention
donnée à la CST, sur le réseau de mise
à disposition des contenus pédagogiques disponibles.
Les fondements de la techno-science, son imagination, sa
créativité, ses étonnements, ses modes
de raisonnement, de questionnement sont des apprentissages
culturels essentiels, qui dépassent de beaucoup les
contenus scientifiques. C’est une formation de l’esprit.
Il faut savoir les enseigner, pour que les jeunes se situent
mieux dans la société, comprennent mieux leur
rapport au monde, puissent exercer leur rôle de citoyens.
De façon réaliste, il y a là beaucoup
de chemin à faire. «Enseigner l’enseignement
comme on voudrait que les enfants apprennent»: cette
formule nous invite à valoriser l’enseignement comme
pédagogie créative, pour un enseignement basé
moins sur le découpage des contenus et plus sur les
modes de communications et la transdisciplinarité.
Atelier
5: Les
finances de la science
Animateur:
M. Gilles Provost, journaliste, émission Découverte,
Société Radio Canada
Panélistes:
M. Martin Doyon, président, Mad science /
Science en folie
M. Christian Riel, chef, Éducation et relève
scientifique, Merck Frosst Canada
M. José Jacôme, directeur Affaires publiques,
Pratt & Whitney Canada
L'enjeu
du débat: Faute de soutien gouvernemental, les
organismes de culture scientifique doivent se tourner vers
l'entreprise privée... avec un succès mitigé.
Comment donc trouver de nouveaux partenaires? Sur quelles
bases peut-on bâtir des partenariats?
Selon
M. Jacôme, il est incontestable que les entreprises
se soucient de la qualité de la formation et de la
stimulation des carrières scientifiques, pour assurer
la relève dans leurs ressources humaines. Cependant
on compte sur les doigts des deux mains le nombre limité
des grandes entreprises qui soutiennent financièrement
les organismes de culture scientifique et technique. Et
ce sont toujours les mêmes. Une
compagnie comme Pratt & Whitney Canada reçoit
quelques 1500 demandes par an. Il est impossible de répondre
à un si grand nombre de demandes, à une époque
où la compétition internationale demande une
augmentation de la qualité des produits, à
un prix réduit, tout en consolidant les profits qu’exigent
les actionnaires. Il
faut donc que l’État assume ses responsabilités
et cesse de «pelleter ses obligations éducationnelles
et culturelles dans la cour des entreprises privées
». Il appartient à l’État aussi de mieux
gérer ses ressources, comme le font les entreprises
privées.
Selon
M. Doyon, il faut gérer la promotion de la science
comme une entreprise commerciale. Science en Folie (Mad
Science) a toujours été rentable et n'a jamais
eu à quêter de l'argent auprès des Gouvernements
ou des entreprises.
Dix ans après avoir été mise sur pied
par deux étudiants de cégeps, l'entreprise
a 40 employés à plein temps, d'innombrables
pigistes, 120 franchises dans 19 pays et 6 bureaux au Québec.
Selon
M. Riel, Merck Frosst veut surtout financer
un petit nombre de projets qui ont un impact réel
et important sur la société et qui améliorent
l'image publique de la compagnie.
L'entreprise cherche d'abord à recruter les meilleurs
talents et à s'imposer comme le leader canadien en
recherche pharmaceutique. Les entreprises ont établi
des critères de plus en plus précis de sélection
des projets qu’ils sont disposées à soutenir.
Autres éléments évoqués au fil
du débat: Les
PME qui ont peu d'argent pourraient donner aux organismes
de leur milieu des actions boursières susceptibles
de prendre de la valeur au fil des ans. Un
1% est contraire à l’esprit des entreprises toujours
méfiantes vis-à-vis de tout carcan. Un crédit
d’impôt serait négligeable et sans effet, car
trop marginal. On pourrait créer une Fondation, sorte
de guichet unique qui répartirait ensuite les ressources
dans le milieu. Ce serait utile pour recueillir le contributions
des individus ou des PME mais les grandes entreprises préfèrent
choisir les projets qui leur sont utiles. On
devrait distinguer l'aide au fonctionnement des organismes
qui devrait être assuré par les gouvernements,
du financement par projets qui pourrait se faire davantage
en partenariat avec les entreprises. Il
n'y a pas de raison que les écoles ne paient pas
pour les activités de culture scientifique.
Les
programmes d'aide gouvernementaux devraient être
améliorés pour favoriser les projets à
plus long terme et pour aider à la diffusion des
produits culturels. Les programmes d'aide à la relève
ne devraient pas être limités à deux
par entreprise, d'autant plus que l'on compte sur les doigts
de la main celles qui veulent participer. Ils devraient
aussi s'appliquer à des projets régionaux.
Au niveau primaire, la promotion des carrières devrait
prendre la forme d'une sensibilisation plus générale
à la science et aux techniques. Certains
se sont inquiétés du refus de la publicité
en milieu scolaire, estimant que cela rend plus difficile
le recrutement de partenaires commerciaux.
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