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Le Forum 2000, 3 et 4 mars


Notes de l'allocution d'Agnès Maltais,
Ministre de la culture et des Comunications du Québec

Monsieur le président,
Mesdames, messieurs,

Aujourd'hui, l'agenda dicté par mes obligations ministérielles prévoyait que je sois à Londres. Ce voyage a été annulé. Et je peux dire, fort heureusement, puisque j’y gagne ce premier contact avec vous tous et vous toutes. Cela me permet d'être avec vous pour réfléchir sur l'avenir de la culture scientifique et technique et celui du loisir scientifique.

D’abord, toutes mes félicitations aux organisateurs et organisatrices de ce merveilleux samedi: 230 personnes et cette salle pleine sont un signe de succès et de maturité.Nous avons besoin de ces échanges sur la place de la science au sein de notre culture ou, si vous préférez, sur le rôle de la culture dans l'avancement des sciences. Je veux saisir l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui pour vous affirmer que nous partageons une même vision, une même conviction sur l'absolue nécessité de promouvoir et de soutenir la culture scientifique et technique, de même que le loisir scientifique.

Je dois cependant vous avouer qu’en prenant mes fonctions de ministre de la Culture et des Communications, je me suis interrogée sur la pertinence de conserver ce champ d'intervention occupé par la culture scientifique et technique et le loisir scientifique. Cette interrogation était soulevée, je crois, par la naissance d’un nouveau ministère : le ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie, placé sous la gouverne de M. Rochon qui est un ami. Je dois vous dire qu’à Québec, dans la Capitale, j’avais été présidente de la Régie de la santé et un lien de confiance s’était établi avec le ministre Rochon, et une certaine complicité.

Le ministre et moi, nous nous sommes assis et nous nous sommes dit: «Bon, qu’est-ce qu’on fait?» Certaines personnes disaient: « Tout va être rapatrié au ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie »; d’autres disaient: «Non, non, non. Nous venons de nous greffer au ministère de la Culture et des Communications, pas question de défaire, de refaire et de redéfaire».

M. Rochon et moi, nous nous sommes dit: «Soyons à l’écoute des gens qui travaillent sur le terrain. Que désirent-ils?» La réponse que j’ai eue, c’était un farouche consensus qui reflétait la volonté du milieu de la culture scientifique et technique et du milieu du loisir scientifique de rester associés au ministère de la Culture et des Communications. Mais ils disaient en même temps: «Nous désirons que vous veilliez sur la Politique de recherche scientifique et technique qui est en train de se bâtir. Nous voulons y avoir notre place. »

Premièrement, c’était quelque chose de très important, cette alliance, ce mariage qu’il fallait faire. Heureusement, les deux ministères, d’ores et déjà, étaient complices. Deuxièmement, on nous disait: «Nous ne sommes pas une greffe, nous sommes à part entière des organismes de communication et de culture.» Alors, nous avons saisi ce message.

La politique de M. Rochon, la Politique sur la recherche, la science et la technologie, a été faite de concert avec le ministère de la Culture et des Communications. Nous avons encore réfléchi, avec le Ministre, en cherchant vraiment les meilleures façons de faire, non pas le pourquoi, le pourquoi, c’est réglé, mais le comment. Comment faire pour que cet État puisse se développer.

Le plan stratégique du ministère de la Culture et des Communications d’ailleurs, je vous l’annonce, le plan stratégique 2000-2003 a pour titre: Miser sur la créativité et sur l’innovation. Vous vous y retrouvez, j’en suis sûre. Tout comme la population du Québec s’y retrouve.

M. Séguin, quand on parle de culture, de LA culture, on dit Séguin. Une partie de la population pense Richard Séguin, bien sûr; et l’autre partie pense Fernand Séguin. Ce sont des grands démocrates, des grands hommes qui ont misé sur l’accessibilité de la culture. Quand on dit Frappier, on pense aux bâtisseurs de notre culture. Les Frappier: Armand Frappier comme Roger Frappier. Par cette idée, par ces mots, par ces noms, je voulais vous dire que nous voulons, non pas greffer chez nous la culture scientifique, mais assumer, je dirais nous approprier la culture scientifique et technique au ministère de la Culture et des Communications, et c’est le message que j’ai lancé dans tout le Ministère.

Nous voulons aussi aller plus loin dans le développement de liens entre la culture scientifique et technique et le loisir scientifique, ainsi que les autres secteurs d’intervention placés sous ma responsabilité. Je pense notamment au domaine des nouvelles technologies, au monde de l’éducation et au secteur des bibliothèques publiques.

Aussi, en ce qui regarde les bibliothèques publiques, nous travaillerons avec la Société pour la promotion de la science et de la technologie et l’Association pour l’avancement des sciences et des techniques de documentation dans l'organisation de sessions de formation en animation scientifique pour le personnel des bibliothèques publiques.

Mais il faut faire plus encore. C'est pourquoi les liens que nous avons tissés avec le monde de l'éducation vont aller en croissant et en se diversifiant. Et, suite à la rencontre d’hier avec le ministre Rochon, nous allons aussi inscrire cela dans la Politique de la recherche, de la science et de la technologie.

Nous nous préparons de plus à intégrer la culture scientifique et technique et le loisir scientifique aux ententes culturelles conclues chaque année avec les municipalités du Québec.

Nous souhaitons votre collaboration pour former un groupe de travail, comme vous l’avez suggéré, avec des représentants de Science pour Tous, afin de proposer des pistes d'action débouchant sur des moyens concrets pour créer une synergie nouvelle entre la culture scientifique et technique et le loisir scientifique et les autres secteurs d’intervention du ministère.

Nous avons dernièrement annoncé qu’un soutien de 1,5 M$ sera apporté aux organismes culturels affectés par le boycott des enseignants.

Enfin, je vous annonce que nous allons verser une somme de 75 000 $, répartie sur trois ans, à Science pour tous afin de les soutenir dans la réalisation de leur projet de toile scientifique.

Voilà des gestes concrets qui démontrent l'appui du ministère de la Culture et des Communications à la culture scientifique et technique.

J'ajouterai à cela que d'autres mesures seront annoncées dans le cadre de la Politique de la recherche, de la science, de la technologie et de l'innovation à laquelle nous collaborons étroitement et que mon collègue le ministre responsable de la Recherche, de la Science et de la Technologie rendra publique cette année.

M. Rochon et moi-même sommes d'accord sur le fait que l'évolution des connaissances scientifiques, le progrès et la technique constituent, à l'échelle de notre société, de puissants courants de fond. Les nations qui ne prendront pas les moyens de les comprendre, de les intégrer seront dépassées par les événements.

Vous connaissez tous cet avertissement plein de sagesse servi par Rabelais: «Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.»

C'est aujourd'hui plus vrai que jamais.

Je vous souhaite à tous et à toutes une bonne fin de travaux et un Science pour Tous imaginatif et, surtout, constructif.

 



Synthèse du forum 2000: constats, mandats et recommandations
Bilan des ateliers
Allocution d'Agnès Maltais
Allocution de Jean Rochon
Articles parus dans le Journal de Montréal
Communiqué de presse final
États généraux 1998