Notes
de l'allocution d'Agnès Maltais,
Ministre de la culture et des Comunications du Québec
Monsieur
le président,
Mesdames, messieurs,
Aujourd'hui,
l'agenda dicté par mes obligations ministérielles
prévoyait que je sois à Londres. Ce voyage
a été annulé. Et je peux dire,
fort heureusement, puisque jy gagne ce premier
contact avec vous tous et vous toutes. Cela me permet
d'être avec vous pour réfléchir
sur l'avenir de la culture scientifique et technique
et celui du loisir scientifique.
Dabord,
toutes mes félicitations aux organisateurs et
organisatrices de ce merveilleux samedi: 230 personnes
et cette salle pleine sont un signe de succès
et de maturité.Nous avons besoin de ces échanges
sur la place de la science au sein de notre culture
ou, si vous préférez, sur le rôle
de la culture dans l'avancement des sciences. Je veux
saisir l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui pour
vous affirmer que nous partageons une même vision,
une même conviction sur l'absolue nécessité
de promouvoir et de soutenir la culture scientifique
et technique, de même que le loisir scientifique.
Je
dois cependant vous avouer quen prenant mes fonctions
de ministre de la Culture et des Communications, je
me suis interrogée sur la pertinence de conserver
ce champ d'intervention occupé par la culture
scientifique et technique et le loisir scientifique.
Cette interrogation était soulevée, je
crois, par la naissance dun nouveau ministère
: le ministère de la Recherche, de la Science
et de la Technologie, placé sous la gouverne
de M. Rochon qui est un ami. Je dois vous dire quà
Québec, dans la Capitale, javais été
présidente de la Régie de la santé
et un lien de confiance sétait établi
avec le ministre Rochon, et une certaine complicité.
Le
ministre et moi, nous nous sommes assis et nous nous
sommes dit: «Bon, quest-ce quon
fait?» Certaines personnes disaient: «
Tout va être rapatrié au ministère
de la Recherche, de la Science et de la Technologie
»; dautres disaient: «Non, non, non.
Nous venons de nous greffer au ministère de la
Culture et des Communications, pas question de défaire,
de refaire et de redéfaire».
M.
Rochon et moi, nous nous sommes dit: «Soyons
à lécoute des gens qui travaillent
sur le terrain. Que désirent-ils?» La
réponse que jai eue, cétait
un farouche consensus qui reflétait la volonté
du milieu de la culture scientifique et technique et
du milieu du loisir scientifique de rester associés
au ministère de la Culture et des Communications.
Mais ils disaient en même temps: «Nous
désirons que vous veilliez sur la Politique de
recherche scientifique et technique qui est en train
de se bâtir. Nous voulons y avoir notre place.
»
Premièrement,
cétait quelque chose de très important,
cette alliance, ce mariage quil fallait faire.
Heureusement, les deux ministères, dores
et déjà, étaient complices. Deuxièmement,
on nous disait: «Nous ne sommes pas une greffe,
nous sommes à part entière des organismes
de communication et de culture.» Alors, nous
avons saisi ce message.
La
politique de M. Rochon, la Politique sur la recherche,
la science et la technologie, a été faite
de concert avec le ministère de la Culture et
des Communications. Nous avons encore réfléchi,
avec le Ministre, en cherchant vraiment les meilleures
façons de faire, non pas le pourquoi, le pourquoi,
cest réglé, mais le comment. Comment
faire pour que cet État puisse se développer.
Le
plan stratégique du ministère de la Culture
et des Communications dailleurs, je vous lannonce,
le plan stratégique 2000-2003 a pour titre:
Miser sur la créativité et sur linnovation.
Vous vous y retrouvez, jen suis sûre. Tout
comme la population du Québec sy retrouve.
M.
Séguin, quand on parle de culture, de LA culture,
on dit Séguin. Une partie de la population pense
Richard Séguin, bien sûr; et lautre
partie pense Fernand Séguin. Ce sont des grands
démocrates, des grands hommes qui ont misé
sur laccessibilité de la culture. Quand
on dit Frappier, on pense aux bâtisseurs de notre
culture. Les Frappier: Armand Frappier comme Roger
Frappier. Par cette idée, par ces mots, par ces
noms, je voulais vous dire que nous voulons, non pas
greffer chez nous la culture scientifique, mais assumer,
je dirais nous approprier la culture scientifique et
technique au ministère de la Culture et des Communications,
et cest le message que jai lancé
dans tout le Ministère.
Nous
voulons aussi aller plus loin dans le développement
de liens entre la culture scientifique et technique
et le loisir scientifique, ainsi que les autres secteurs
dintervention placés sous ma responsabilité.
Je pense notamment au domaine des nouvelles technologies,
au monde de léducation et au secteur des
bibliothèques publiques.
Aussi,
en ce qui regarde les bibliothèques publiques,
nous travaillerons avec la Société pour
la promotion de la science et de la technologie et lAssociation
pour lavancement des sciences et des techniques
de documentation dans l'organisation de sessions de
formation en animation scientifique pour le personnel
des bibliothèques publiques.
Mais
il faut faire plus encore. C'est pourquoi les liens
que nous avons tissés avec le monde de l'éducation
vont aller en croissant et en se diversifiant. Et, suite
à la rencontre dhier avec le ministre Rochon,
nous allons aussi inscrire cela dans la Politique de
la recherche, de la science et de la technologie.
Nous
nous préparons de plus à intégrer
la culture scientifique et technique et le loisir scientifique
aux ententes culturelles conclues chaque année
avec les municipalités du Québec.
Nous
souhaitons votre collaboration pour former un groupe
de travail, comme vous lavez suggéré,
avec des représentants de Science pour Tous,
afin de proposer des pistes d'action débouchant
sur des moyens concrets pour créer une synergie
nouvelle entre la culture scientifique et technique
et le loisir scientifique et les autres secteurs dintervention
du ministère.
Nous
avons dernièrement annoncé quun
soutien de 1,5 M$ sera apporté aux organismes
culturels affectés par le boycott des enseignants.
Enfin,
je vous annonce que nous allons verser une somme de
75 000 $, répartie sur trois ans, à Science
pour tous afin de les soutenir dans la réalisation
de leur projet de toile scientifique.
Voilà
des gestes concrets qui démontrent l'appui du
ministère de la Culture et des Communications
à la culture scientifique et technique.
J'ajouterai
à cela que d'autres mesures seront annoncées
dans le cadre de la Politique de la recherche, de la
science, de la technologie et de l'innovation à
laquelle nous collaborons étroitement et que
mon collègue le ministre responsable de la Recherche,
de la Science et de la Technologie rendra publique cette
année.
M.
Rochon et moi-même sommes d'accord sur le fait
que l'évolution des connaissances scientifiques,
le progrès et la technique constituent, à
l'échelle de notre société, de
puissants courants de fond. Les nations qui ne prendront
pas les moyens de les comprendre, de les intégrer
seront dépassées par les événements.
Vous
connaissez tous cet avertissement plein de sagesse servi
par Rabelais: «Science sans conscience n'est
que ruine de l'âme.»
C'est
aujourd'hui plus vrai que jamais.
Je
vous souhaite à tous et à toutes une bonne
fin de travaux et un Science pour Tous imaginatif et,
surtout, constructif.