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Le 5 mars 2000
La
science veut se donner les moyens de rejoindre le grand
public par Michel Marsolais
Lorsqu'on évoque la culture, on pense plus aisément
aux arts qu'à la science, Même si la culture
scientifique et technique est une clé indispensable
pour la compréhension du monde d'aujourd'hui, ses
promoteurs doivent toujours se battre pour qu'elle trouve
sa place.
Des technologies de communication aux aliments transgéniques,
la science est au cur de tous les enjeux de société
actuels, a-t-on rappelé au Forum Science pour Tous
qui vient de se terminer à Montréal.
" La culture scientifique, c'est celle du grand public,
celle qui motive les enfants à l'école et
celle qui va préparer la relève dans beaucoup
de secteurs clés ", a souligné Hervé
Fischer, président de Science pour Tous, un organisme
regroupant la plupart des intervenants de la vulgarisation
scientifique, un réseau qui comprend beaucoup de
bénévoles engagés auprès de
tous les publics.
" Mais à cause du manque de financement, même
les bénévoles commencent à s'épuiser.
On galope sur un cheval à trois jambes ",
déplore Hervé Fischer.
Manque
de connaissances Malgré ces handicaps, la science
s'est toutefois taillé une place dans les médias.
" Les médias font bien leur travail mais il
y a un manque de connaissances de base dans la population.
Peu importe la qualité de ce que nous faisons,
il y a la moitié des gens qu'on ne rejoint pas
et qu'on ne rejoindra jamais ", estime pour sa part
Pierre Sormany, rédacteur en chef de l'émission
Découverte.
Des participants au Forum Science pour Tous ont aussi
souligné l'importance de réintroduire l'enseignement
des sciences au primaire pour éviter le processus
de sélection qui écarte un large public
des connaissances scientifiques.
Quand vient le moment de les raccrocher au secondaire,
il est souvent trop tard, constatent les enseignants.
Pour Patrick Beaudin, directeur général
de la Société pour la promotion de la Science
et de la Technologie (SPST) les scientifiques doivent
faire preuve d'autant de créativité que
les artistes dans leur travail. Il admet que ce segment
de la culture manque de vedettes pour en assurer la diffusion.
" À quand un Fort Boyard de la science? ",
ironise-t-il en préconisant un rapprochement entre
les sciences humaines et les sciences dites pures. Défis
" Un de nos défis consiste à relier
les connaissances ", ajoute-t-il.
Plus de 220 participants étaient réunis
au Forum Science pour Tous, organisme fondé en
1997 par l'Association des communicateurs scientifiques,
la Cité des Arts et des Nouvelles Technologies,
l'Agence Science-Presse, le Festival Téléscience,
le Conseil de développements du loisir scientifique,
QuébecScience et la SPST.

Dans l'attente d'une politique bien définie
Science pour Tous a été fondé dans
un mouvement de réaction lorsque le gouvernement
fédéral s'est retiré de du secteur
de la culture scientifique.
Les yeux se sont alors tournés vers Québec
qui cherche à accoucher d'une politique en la matière.
" C'est sûr que nos attentes sont maintenant
deux fois plus grandes vis-à-vis de Québec,
commente Hervé Fischer. Incurie Certains,
comme le vétéran journaliste scientifique
Gilles Provost, de la SRC, parle de véritable incurie
de la part des Gouvernements.
" Le dossier est passé il y a trois ans au
ministère de la Culture et rien n'a encore été
fait depuis ", déplore-t-il.
Cette politique scientifique devrait toutefois voir le
jour cet été.
Signe rassurant: le ministre de la Recherche, de la Science
et de la Technologie, Jean Rochon, et la ministre de la
Culture et des Communications, Agnès Maltais, sont
venus prendre la parole au forum.
Reste à savoir quel budget sera attaché
à cette politique tant attendue.
En science comme ailleurs, l'argent reste le nerf de la
guerre.